Montréal vibrera bientôt aux rythmes de Bach, Telemann et Vivaldi, lors du Festival Montréal Baroque 2025, où l’on fera aussi place à des musiques traditionnelles arabes. En tout, 14 concerts et sept activités gratuites se dérouleront du 19 au 22 juin, sous le thème «Écho de la terre». On rendra ainsi hommage à la nature dans tous ses états, avec une audacieuse programmation incluant un opéra et un oratorio rarement joués et même une grande oeuvre romantique.
Une vingtaine d’artistes d’ici prendront part à cette 23e édition, en plus d’un groupe de musiciens espagnols. En un mot, les organisateurs de ce festival ne se laissent pas distraire par la conjoncture économique incertaine. Entretien avec Vincent Lauzer, flûtiste et codirecteur artistique du FMB.
Au coeur du Vieux-Montréal
Cette année encore, les activités du Festival Montréal Baroque seront concentrées dans le Vieux-Montréal. «Cela nous permet de faire revivre une musique d’époque dans des lieux historiques, dont la Chapelle Notre-Dame-de-Bonsecours et la Station de pompage D’Youville, située dans le Musée Pointe-à-Callière», souligne Vincent Lauzer.
Les festivaliers ont d’abord rendez-vous à la Place Jacques-Cartier, le 19 juin à 18h, pour le traditionnel défilé d’ouverture qui se déroulera sur la rue Saint-Paul. Chacun est invité à apporter son instrument de percussion favori et à se réchauffer la voix pour interpréter un chant dont on peut télécharger la partition ici.
Rareté
La pièce de résistance de la soirée d’ouverture du FMB sera la présentation de l’oratorio de Georg Philipp Telemann: Ode au tonnerre, interprété par la Bande Montréal Baroque sous la direction de Matthias Maute, qui est aussi codirecteur artistique du Festival.
Cette oeuvre est inspirée d’un terrible tremblement de terre qui a frappé le Portugal en 1755, alors que la ville de Lisbonne a été ravagée par l’eau et le feu. Le compositeur allemand met en musique cette catastrophe en évoquant le séisme avec une grande puissance grâce aux percussions et aux cuivres, résume Vincent Lauzer. «Les mélomanes vont constater que Telemann écrit bien peu importe l’instrument!»
Ode au tonnerre de Telemann / Chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours / 19 juin 2025, à 19h.
Une première canadienne
Le thème de la fragilité des humains devant la force des éléments se retrouve également dans l’opéra Los Elementos du compositeur espagnol Antonio de Literes (1673-1747). La Terre, l’Eau, le Feu et l’Air s’affrontent pour régner en l’absence du Soleil. Parviendront-il à rétablir entre eux l’équilibre et l’harmonie nécessaires au bon ordre du monde?
Cette oeuvre sera présentée en première canadienne avec l’ensemble espagnol Harmonia del Parnàs. Ces musiciens se sont donné pour mission de jouer des pièces de différents compositeurs hispaniques, principalement du XVe au XVIIe siècle. Ils créent «des interprétations qui offrent un équilibre délicat entre musicologie historique et créativité musicale», selon la biographie du groupe.
Six chanteuses seront de ce concert où Harmonia del Parnàs sera appuyé par des artistes d’ici, sous la direction de Marian Rosa Montagut.
Los Elementos d’Antonio de Literes / Chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours / 20 juin 2025, à 19h.
Les Quatre Saisons dansées
On va souligner le 300e anniversaire des célébrissimes Quatre Saisons de Vivaldi, avec l’ensemble Pallade Musica dont Vincent Lauzer est codirecteur artistique. En plus de l’oeuvre emblématique du «Prêtre roux», ce concert inclura des pièces composées par Matthias Maute.
Les cycles immémoriaux de la nature et des activités humaines seront dansés par la compagnie Les Jardins chorégraphiques.
Quatre saisons – Œuvres d’Antonio Vivaldi et de Matthias Maute / Édifice Wilder – Espace Orange / 22 juin 2025, à 20h

On est surpris de voir au programme du Festival Montréal Baroque, une oeuvre caractéristique de la musique romantique! En effet, Winterreise (Voyage d’hiver), cycle de lieder de Schubert, y sera interprété par Myriam Leblanc. Monsieur Lauzer reconnaît que cet élément de la programmation est plutôt étonnant mais, il souligne que la soprano sera accompagnée par Elizaveta Miller, au piano-forte, un instrument développé au XVIIIe siècle, ce qui correspond à la fin de l’époque de la musique baroque.
Concerts intimes
Alors que le FMB atteindra son quart de siècle en 2027, ses dirigeants demeurent prudents mais confiants. «Le public est moins nombreux qu’avant la pandémie et nous partageons les mêmes inquiétudes que les autres festivals», reconnaît Vincent Lauzer.
«Par contre, les organismes subventionnaires continuent de nous appuyer. Cela dit, l’une de nos grandes forces est la proximité entre nos artistes et le public. Nous avons, entre autres, une série de concerts intimes où les spectateurs peuvent vibrer en étant assis à quelques mètres des musiciens. C’est une opportunité qu’on ne trouve pas souvent ailleurs!»
Plusieurs des 9 «concerts intimes» au programme auront lieu dans la Voûte de la chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours, où résonneront des pièces de Clérambault, Couperin, Rameau, Jacquet de La Guerre et Lully interprétées par divers musiciens dont l’Ensemble Sonate 1704.
Les lève-tôt pourront assister au concert Sortilèges du Levant , consacré à des oeuvres persanes et turques du 17e siècle et des compositions originales, interprétées par Didem Başar au qanûn (instrument à cordes pincées de la famille des cithares sur table) et Ziya Tabassian, percussions. À la Station de pompage D’Youville, le 22 juin à 7h.
Billets
Le Festival offre une tarification réduite pour les étudiants et les aînés ainsi que des rabais à l’achat de plusieurs billets. Des passeports donnant accès à l’entièreté de la programmation sont disponibles en «quantités limitées». Pour tous les détails sur la programmation et la billetterie : montrealbaroque.com

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