Marc-Yvan Coulombe / BabillArt Montréal
S’il est vrai que nous manquons cruellement de lumière, depuis le retour à «l’heure normale», sachez qu’un véritable antidote à l’hiver est à l’affiche, cette semaine, au Théâtre Maisonneuve, avec le spectacle Sol Invictus. Le créateur de cette œuvre, Hervé Koubi, Français d’origine algérienne, a d’ailleurs brièvement pris la parole, pour présenter sa chorégraphie, avant la représentation de mercredi soir.
Sol Invictus, expression latine signifiant « Soleil invaincu », fait référence à une divinité solaire dont le culte est apparu au cours du IIIe siècle après Jésus-Christ. C’est ce qui a inspiré à Koubi une véritable célébration de la lumière et de la danse où s’entremêlent la «physicalité» hip-hop et le raffinement de la danse classique.
Avec ses 17 interprètes provenant d’un peu partout sur la planète, le chorégraphe a expliqué, essentiellement, qu’il veut «rassembler en dansant». Chose certaine, au-delà des prouesses spectaculaires, cette chorégraphie est porteuse d’une joie communicative!

Les danseurs et danseuses de Sol Invictus multiplient les numéros époustouflants! Rotations en équilibre sur la tête, ou encore sur un bras tendu, tournoiements sur le dos, reptations, etc., les interprètes courent et sautent avec une énergie qui nous donne parfois l’impression d’assister à une fête d’enfants!
Avec la collaboration de Fayçal Hamlat, danseur et chorégraphe issu des danses urbaines, Koubi puise dans les danses nées dans la rue et aussi dans des styles institutionnels. Résultat: on met en lumière un langage dans lequel chacun peut se reconnaître, quel que soit son rapport avec le monde de la danse.
«Rassembler» et «réconcilier»
Cette chorégraphie est exécutée avec une grande précision sur des morceaux allant de Beethoven à Steve Reich, l’un des pionniers de la musique minimaliste, qu’on entend lors de l’ouverture et de la clôture du spectacle. Des œuvres des compositeurs Mikael Karlsson et Maxime Bodson complètent la trame sonore de ce melting-pot.
Parmi les temps forts de ce feu roulant, on retient le numéro où un grand drap doré, magnifié par l’éclairage de Lionel Buzonie, devient un tourbillon scintillant, emporté par le mouvement d’un danseur unijambiste qui se transforme en toupie humaine renversée!

Les mots «rassembler» et «réconcilier» sont au cœur des propos d’Hervé Koubi, un chorégraphe au cheminement particulier qui a aussi fait de longues études pour devenir docteur en pharmacie.
Actif dans le domaine de la danse depuis plus de 25 ans, il a collaboré avec des artistes de divers horizons, que ce soit du milieu de la musique, de la littérature ou avec des vidéastes pour des projets de vidéo-danse. C’est donc un créateur porté par une longue et riche expérience qui a conçu ce magique Sol Invictus.
L’envoûtement se renouvelle sans cesse durant ce spectacle de 75 minutes, où se joue un rite solaire réunissant des humains de divers continents qui ont fusionné leurs héritages culturels en une lumineuse ode à l’espoir. À voir!
Sol Invictus / Compagnie Hervé Koubi
Au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts
Du 13 au 17 janvier , à 20h.
*Photos fournies par Danse Danse

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