Marc-Yvan Coulombe / BabillArt Montréal
Une rencontre hors du commun alliant le cirque et des pièces d’orgue a captivé les mélomanes, samedi soir, dans un concert qui sera repris aujourd’hui, dimanche, à la Maison symphonique.
Six acrobates de l’OBNL montréalais Le Monastère exécutent des numéros de grande précision au son d’œuvres, notamment, de Philip Glass et du compositeur de musique de film, Hans Zimmer. Ces pièces qui se prêtent fort bien aux prouesses circassiennes, sont interprétées par Jean-Willy Kunz, organiste en résidence de l’OSM, dans un spectacle intitulé: Stellaire: l’orgue fait son cirque.

Stellaire: l’orgue fait son cirque / Crédit Gabriel Fournier
En crescendo
Au Grand Orgue Pierre-Béique, Jean-Willy Kunz nous entraîne, en douceur, dans Cortège et litanie, une œuvre de Marcel Dupré, organiste français du XXe siècle. Cette musique, d’abord composée en version orchestrale, en 1922, pour une pièce de théâtre, a été réarrangée pour orgue par le Québécois Lynnwood Farnam. On plonge ainsi dans une atmosphère religieuse, teintée de sonorités de glas.
Du coup, le public est plongé dans un esprit méditatif, de sorte qu’on suivra tout le concert avec une grande qualité d’écoute, sans les habituelles quintes de toux hivernales!

On passe ensuite, sans heurt, à une pièce écrite presqu’un siècle plus tard.
Si vous avez vu Interstellar (2014), vous vous souvenez sans doute que la musique d’Hans Zimmer contribue largement à évoquer l’immensité de l’espace et la spiritualité dans ce film de Christopher Nolan. Or, les pièces de la Suite Interstellar, qu’il s’agisse de Stay, Cornfield Chase ou No Time for Caution, entre autres, revêtent une nouvelle solennité dans les transcriptions pour orgue du Britannique Richard McVeigh. Des graves profondes aux aigus, l’orgue traduit le vertige acrobatique!
C’est dans cette ambiance grandiose que s’animent les artistes circassiens, dont Oona De Cleyn, avec sa spectaculaire suspension capillaire, Cléa Perion à la roue Cyr et Camille Tremblay dans un numéro d’équilibre qui commence sur la console de l’orgue!
Cela dit, visuellement, le clou de la soirée aura été le numéro d’acrobaties aériennes de Manolo Gonzalo exécutées avec des câbles lumineux (MultiLED), au-dessus de la scène de la Maison symphonique.
Les transcriptions de pièces pour piano du compositeur minimaliste, Philip Glass, dont Mad Rush, sont au cœur des meilleurs moments de fusion entre la musique et le cirque, dans ce programme où figurent aussi des partitions d’Arvo Pärt et Olivier Messiaen.
Enfin, des éclairages mystérieux contribuent au caractère onirique de ce spectacle placé sous la houlette du «directeur créatif », Guillaume Blais.

Cette présentation de l’Orchestre symphonique de Montréal est une réussite: rencontre artistique convaincante, salle remplie, public conquis! Une expérience qui pourrait sans doute devenir une tradition. À suivre.
Stellaire: l’orgue fait son cirque
Avec: Jean-Willy Kunz, organiste et les artistes de cirque du Monastère.
À la Maison symphonique, samedi 7 février, ainsi que dimanche, 8 février à 14h 30.

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