Marc-Yvan Coulombe / BabillArt Montréal
La prochaine saison marquera un tournant dans l’histoire du Théâtre du Nouveau Monde qui célèbre ses 75 ans. Après plus de 30 années de direction artistique de Lorraine Pintal, son successeur, Geoffrey Gaquère, présente sa toute première programmation. Elle est composée de cinq pièces dont L’Orestie d’Eschyle, réunissant une trentaine de comédiens sur scène. Bashir Lazhar d’Evelyne de la Chenelière revivra avec Mani Soleymanlou dans le rôle-titre. On découvrira une nouvelle mouture d’Ubu roi d’Alfred Jarry, alors que l’acteur Normand Chouinard sera de retour au TNM, dans la pièce La vie de Galilée.

Une atmosphère de fête printanière régnait, lundi matin, au TNM, où plusieurs centaines d’abonnés de ce théâtre et un bon nombre de journalistes étaient au rendez-vous fixé par Étienne Langlois, codirecteur général et directeur administratif et Geoffrey Gaquère, codirecteur général et directeur artistique.
Ce dernier a ainsi résumé son choix des pièces au programme: «Notre monde connaît des mutations profondes. Comme si, dans le présent que nous traversons, les fondements de la démocratie et tout ce qui, depuis des décennies, rend possible notre vie commune étaient à la fois mis à l’épreuve et remis en question. C’est pourquoi, dans cette première saison, j’ai souhaité aborder certains des piliers fondamentaux qui la soutiennent, aujourd’hui fragilisés, pour nous rappeler le socle commun qui nous permet de faire société.»
Parmi les thèmes mis en lumière, la justice et les prémisses de la démocratie seront au cœur du spectacle d’ouverture de la saison, avec l’Orestie, dans une adaptation et une mise en scène d’Alice Ronfard. Celle qui a reçu, en 2024, un prix spécial de l’Association des Critiques de Théâtre pour La traversée du siècle, d’après Michel Tremblay, plonge cette fois-ci dans la Grèce d’il y a vingt-cinq siècles, où le poète tragique Eschyle s’interrogeait sur le cycle infini de la violence.
Violette Chauveau, Alex Bergeron, Francis Ducharme, Evelyne Rompré et Monique Spaziani seront de l’imposante distribution de cette pièce où des jeunes de la relève donneront la réplique à des comédiens aguerris.
«L’alter ego littéraire» de Michel Tremblay
En novembre, on fera place à la nouvelle pièce de Michel Tremblay, Confessions d’un enfant du siècle dernier, où l’on reconnaîtra sans peine, nous dit-on, l’alter ego littéraire du plus célèbre des auteurs québécois.
René Richard Cyr sera le metteur en scène de ce «monologue pluriel», révélant «cinq facettes d’un jeune homme en quête de lui-même».
Ariane Moffatt signera la trame sonore de ce spectacle porté par les interprètes Étienne Courville, Élie Dorval, Émile Ouellette, Nour Shoukry et Madani Tall. On a ainsi voulu réunir «des enfants de ce siècle-ci… pour donner voix à l’adolescent de jadis qui, découvrant sa singularité, se mit à rêver de devenir un jour écrivain…»
Monsieur Lazhar: au carrefour de l’éducation et de l’immigration
Pour commencer l’année 2027, l’attachant Bashir Lazhar d’Evelyne de la Chenelière sera de retour dans une mise en scène de Marie Brassard qui fut collaboratrice de Robert Lepage durant une quinzaine d’années, avant de fonder la compagnie de création, Infrarouge.
Près de vingt ans après sa création, l’histoire de cet immigrant qui tente de refaire sa vie au Québec demeure brûlante d’actualité.
Cette fois-ci, ce rôle d’enseignant qui risque d’être expulsé du pays à tout moment, est confié à Mani Soleymanlou. En plus d’être le directeur artistique du Théâtre français du Centre National des Arts à Ottawa, l’acteur a fait sa marque au petit écran, notamment, dans la série Avant le crash, à Radio-Canada.

Avec Ubu roi, du dramaturge français, Alfred Jarry, considéré comme un précurseur du théâtre de l’absurde, on s’intéressera à la folie des grandeurs dévastatrice des puissants de ce monde.
Ce spectacle est confié à la metteuse en scène Alix Dufresne (Hidden Paradise, Malaise dans la civilisation). Elle dirigera, notamment, Kathleen Fortin dans le rôle de Père Ubu et Anne‑Élisabeth Bossé en Mère Ubu. Hélène Bourgeois-Leclerc, Sophie Cadieux et Debbie Lynch-White sont aussi de la distribution.
La saison se terminera avec La vie de Galilée du dramaturge allemand Bertolt Brecht, dans une traduction de Gilbert Turp. Cette pièce est un ensemble de tableaux illustrant à la fois les convictions du légendaire mathématicien et physicien, ainsi que les décisions souvent périlleuses qu’il a dû prendre pour assurer la suite de ses travaux, mais aussi sa survie.
C’est Geoffrey Gaquère qui signera la mise en scène de ce texte remettant en question notre rapport à la vérité dans un monde où plusieurs s’emploient à «contrôler le message». L’acteur Guillaume Cyr incarnera Galilée, entouré de nombreux personnages, dont un pape Urbain VIII, incarné par Normand Chouinard.

Les détails de la programmation 2026-2027 du TNM, par ici.

Laisser un commentaire