Marc-Yvan Coulombe / BabillArt Montréal
L’Olympia de Montréal était rempli à craquer, mercredi soir, pour la première médiatique du nouveau spectacle de Dominic Paquet. L’humoriste a su faire rire son public à gorge déployée avec «J’comprends la game», où il se paie la tête des gens qui se sentent un peu supérieurs au commun des mortels.
Au-delà des textes bien ficelés où il passe du coq-à-l’âne, cet irrésistible conteur rehausse ses propos avec d’impayables mimiques qui caractérisent sa signature comique. Sans se prendre au sérieux, Paquet pose un regard décapant sur de nombreux paradoxes qui habitent notre société.

L’artiste qui en est à son 5e spectacle solo est à l’aise dans une foule de registres. Il faut le voir, entre autres, dans le rôle du client embêté en lisant le menu d’un restaurant branché, où chaque item est décrit en des termes qui, souvent, lui échappent.
Cet observateur du quotidien n’est pas tendre non plus envers le menu parfois déroutant de Tim Hortons et, notamment, les soupes dans un bol en pain…
Ancrés dans le quotidien, ses numéros sont d’autant plus cocasses, qu’on a l’impression de les vivre en temps réel, avec lui, grâce à ses indéniables talents de comédien.
Avec un remarquable sens de la mise en situation, Paquet parle aussi de son impatience au volant, alors qu’il croise, entre autres, des conducteurs de pick-ups qu’il parodie avec insolence.
Sans faire de grand discours, l’habile monologuiste évoque également la vanité féminine, à travers ses monologues Les fleurs et surtout Les ongles qui est un petit bijou d’humour!
Sarcastique envers sa propre fille, le quinquagénaire s’amuse avec des problématiques liées à l’âge, notamment en ce qui a trait à la digestion. Il se projette lui-même dans l’âge d’or, en observant le comportement d’un aîné dans un centre commercial. Drôle et touchant sans être méchant.
En changeant d’intonation, il se transforme en analyste de la société condescendant et fumant la pipe! Peut-être reconnaîtrez vous des gens de votre entourage dans cette parodie plus mordante qu’elle en a l’air à première vue.
Sans chercher à commenter les guerres et autres tourments de l’actualité, Paquet rejoint néanmoins des thèmes universels, entre autres, avec son irrésistible monologue sur les pouvoirs pacificateurs d’une bonne crème glacée!

Le tout se déroule dans un beau décor lumineux aux couleurs changeantes, développé par One Dot. C’est ainsi que, lorsqu’on change de sujet, on passe dans un nouvel environnement visuel, d’une saynète à l’autre, dans cette mise en scène dynamique d’environ 90 minutes, signée Marc Gélinas. Cette folie douce atteint des sommets avec une réjouissante parodie du tube Chanson populaire de Claude François. Les textes écrits avec la collaboration de Pierre Fiola, Marc Gélinas et Louis-Philippe Rivard s’enchaînent harmonieusement.
Par contre, la fin du spectacle m’a laissé perplexe. Après un feu roulant de gags très au point, livrés de main de maître, on baisse de niveau avec «Les cochons roses». Mais, de toute évidence, cet humour scatologique plaît aussi au public de Dominic Paquet. Pas de doute, l’humoriste a bien compris la «game» sur toute la ligne!
De retour à Montréal en avril et novembre
La tournée J’comprends la game de Dominic Paquet se poursuit un peu partout au Québec. Le spectacle s’arrêtera de nouveau à Montréal les 25 et 26 avril ainsi que le 20 novembre 2026. Les détails de la tournée sont par ici.

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