Marc-Yvan Coulombe / BabillArt Montréal
La question était sur toutes les lèvres en ce mardi soir de grande première de «Dubois – Biographie symphonique»: Claude Dubois, opéré pour un cancer des cordes vocales le 27 février dernier, allait-il être présent à ce premier d’une série de concerts consacrés à sa musique? La réponse courte est: oui! Mais, laissez-moi d’abord vous raconter cette soirée mémorable!

On reproche souvent à la pop symphonique d’utiliser les orchestres symphoniques comme de simples accompagnateurs plus ou moins mis en valeur. Ce n’est certainement pas le cas de Dubois – Biographie symphonique où l’OSM, dirigé par Dina Gilbert, brille de mille feux, en interprétant plus d’une vingtaine de classiques de cet auteur-compositeur iconique, dans de somptueux arrangements de Scott Price.
Plein de tendresse, En voyage, Femme ou fille, L’infidèle, Besoin pour vivre, Comme un million de gens, etc., ces mélodies gravées dans nos mémoires sont jouées parfois par les cordes, à d’autres moments par les cuivres, etc. Tous les pupitres de l’orchestre sont sollicités.
On ne se limite pas à une simple relecture instrumentale. Ces orchestrations opulentes apportent de nouvelles couleurs à la musique de Dubois. Par exemple, les cuivres ajoutent un effet d’écho cocasse à Bébé jajou la toune qui ouvre la soirée. Un solo de violon donne des ailes aux Souliers de toile, alors qu’un solo d’alto magnifie la dramatique Apocalypse.
Certaines des pièces au programme se prêtent mieux que d’autres aux orchestrations d’envergure. Pareils effectifs semblent superflus pour Ti-Loup, alors que Le Labrador et Chasse-Galerie étincellent dans cet écrin symphonique!
Bien sûr, rien ne peut remplacer la voix unique de Claude Dubois mais, les versions orchestrales de J’ai souvenir encore et Si Dieu existe, notamment, nous plongent dans un état méditatif; on retient son souffle en chantant intérieurement les paroles bouleversantes et emblématiques de ce septuagénaire tant aimé des Québécois, depuis plus d’un demi-siècle.

Cela dit, il n’y a pas de chanteur sur scène. Il n’y a pas non plus d’ordre chronologique dans cette biographie symphonique. Quelques paroles des chansons sont projetées sous l’orgue de la Maison symphonique pendant que l’orchestre joue. Personne ne vient présenter les pièces au programme.
C’est là le choix du directeur artistique, Nicolas Lemieux, qui a voulu mettre l’emphase sur la musique. Le président de GSI Musique a d’ailleurs brièvement pris la parole, en fin de soirée, pour remercier ses nombreux collaborateurs pour ce projet qui représente plus de trois ans de travail.
On a alors appris que Scott Price n’a pas assisté à cette première, car il est déjà aux côtés de Céline qui prépare son grand retour à Paris, en septembre prochain.
Puis, Claude Dubois lui-même est apparu sur scène tout sourire et bien droit! Il n’a dit que quelques mots pour remercier le public ainsi que l’Orchestre symphonique de Montréal et expliquer que son état de santé ne lui permettait pas de parler davantage. Sa voix est encore un peu éraillée mais, dans les circonstances, le fait de le voir devant nous, ovationné et visiblement heureux de ce qu’il venait d’écouter, fut le clou de la soirée!

La chef d’orchestre Dina Gilbert et Claude Dubois à la Maison symphonique
Dubois – Biographie symphonique est de nouveau présenté à la Maison symphonique, avec l’OSM, les 8 et 9 avril 2026.
Cette série de concerts «instrumentaux et sans paroles», se poursuivra au Grand Théâtre de Québec, le 30 avril, ainsi que le 1er et le 2 mai 2026, avec l’Orchestre symphonique de Québec.
Ces mêmes arrangements de Scott Price seront interprétés par l’Orchestre symphonique de Trois-Rivières, à l’Amphithéâtre Cogeco, le 24 septembre 2026.
Enfin, ils résonneront à la Salle Maurice-O’Bready, avec l’Orchestre symphonique de Sherbrooke, le 17 février 2027.
Tous ces concerts seront dirigés par Dina Gilbert.
*Photos fournies par GSI Musique

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