Marc-Yvan Coulombe / BabillArt Montréal
C’était le grand soir pour Chantal Lamarre, en ce 30 avril, au Théâtre Outremont. Après avoir dû reporter la première médiatique montréalaise de Stepettes et cornemuse, à cause des prévisions météo préoccupantes du 11 mars dernier, la comédienne et chroniqueuse a pu se reprendre, jeudi, devant un public nombreux et réceptif. Cette touche-à-tout propose, en fait, un récit autobiographique, où elle critique plusieurs personnalités, tout en dansant et en chantant dans un esprit bon enfant.

Après être littéralement descendue du plafond, suspendue à des cordes, la femme de 63 ans aborde sans détour la question de l’âge qui est au cœur de ses propos. Elle dit elle-même s’adresser aux membres de la FADOC (Fédération de l’Âge d’Or du Québec), en les qualifiant de «nouveaux vieux» et «d’anciens cutes».
Mémoire sélective
Du même souffle, elle repère un jeune spectateur, auquel elle parlera directement à plusieurs moments au cours de la soirée, pour mieux mettre en parallèle la réalité d’aujourd’hui et celle des années 1970.
Chantal Lamarre scrute avec un regard vaguement féministe, les comportements qui prévalaient à l’époque de sa jeunesse, où on s’éclatait dans les cabarets, ou encore les discothèques. Puis, elle donne des détails intimes dont on se passerait au sujet des ponchos qu’elle portait, entre autres, lors des spectacles extérieurs de Paul Piché.

Passant du coq-à-l’âne, elle évoque aussi le talk-show Réal Giguère illimité, en laissant entendre que l’animation d’émissions de télé au Québec était alors une chasse gardée masculine. La sexagénaire a-t-elle oublié Appelez-moi Lise qui fut pourtant l’un des grands rendez-vous de la télévision québécoise, dès le début des années 1970?
Paradoxale
Heureusement, la mise en scène de François Chénier insuffle un certain dynamisme à ce spectacle où le thème des ravages du vieillissement devient redondant.
Au point de vue visuel, ce voyage dans le temps se déroule dans un décor statique. Entre autres, une photo de ce qui semble être une rue de Montréal dans les années 1970, est projetée sur un écran durant presque toute la durée de Stepettes et cornemuse qui s’étire sur environ 1h 40.
Mais, au-delà du contenant, c’est surtout le contenu qui laisse perplexe! Entre autres, madame Lamarre prend plaisir à nous expliquer la signification d’expressions grivoises ou carrément vulgaires qui, heureusement, sont moins en vogue dans le Québec d’aujourd’hui.
Elle se permet aussi des commentaires dégradants sur l’apparence physique de plusieurs chanteurs connus, ce qui a bien fait rire l’assistance majoritairement féminine. Par contre, un humoriste qui se permettrait pareilles énormités envers des personnalités féminines serait instantanément classé parmi les infréquentables! Une fois de plus, c’est: deux poids, deux mesures!
Tout en faisant siens des propos grossiers, la «nouvelle vieille» autoproclamée déplore que la bienséance et la politesse soient délaissées à notre époque. Elle dit rêver des bonnes manières qui caractérisent la famille royale britannique mais, de toute évidence, il y a loin de la coupe aux lèvres!
À ce mélange de sujets plutôt disparates, s’ajoutent quelques phrases toutes faites sur le roi Charles III, le président Trump et même les zouaves pontificaux.

Finalement, c’est sans doute lorsqu’elle danse que Chantal Lamarre est la plus amusante! À travers les chorégraphies rigolotes de Chantal Dauphinais, elle dégage une joie de vivre qui pourrait bien l’habiter jusqu’à son dernier souffle, si l’on se fie à la chanson qu’elle a composée pour ses propres funérailles. Sans rien divulgâcher, disons que c’est à ce moment que la cornemuse, évoquée dans le titre du spectacle, prend tout son sens tragi-comique…
La tournée Stepettes et cornemuse de Chantal Lamarre se poursuit à travers le Québec. Des représentations sont prévues jusqu’en novembre 2027.

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