Marc-Yvan Coulombe / BabillArt Montréal
Le légendaire Adamo est entré en scène au Théâtre St-Denis, dimanche, vers 20h 10 et il y est resté durant plus de deux heures et demie sans entracte, devant des admiratrices et admirateurs gagnés d’avance. C’est au son de la mélodie de C’est ma vie, jouée au violon, que l’élégant Italo-Belge de 82 ans est apparu sous un tonnerre d’applaudissements, devant cette salle où la majeure partie des quelque 2 200 sièges avaient trouvé preneur.
Plus en voix que lors de son concert à la salle Wilfrid-Pelletier en 2023, l’auteur-compositeur-interprète a chanté en français, en espagnol et en italien et il s’est déhanché sur les rythmes des pièces de ses débuts jusqu’à celles de son dernier disque paru en 2025. Le public a fredonné avec lui, Mes mains sur tes hanches, Une mèche de cheveu, En bandoulière, La nuit, etc., certains succès étant intégrés à des medleys.
Soulignant à plusieurs reprises la profondeur des liens qui l’unissent au Québec, ce montre sacré a fait preuve d’une générosité proverbiale et d’une énergie phénoménale!
Humour et passion
Adamo l’admet sans ambages: «J’ai quatre fois vingt ans, mais j’essaie de les prendre seulement une vingtaine à la fois», dit-il, provoquant un éclat de rire affectueux, partout dans la salle. Toujours jeune de cœur, l’octogénaire lance le bal avec Des chansons qui chantent, un titre de son nouvel album, intitulé Des nèfles et des groseilles qui regroupe pas moins de 25 nouvelles compositions.
Voyageant à travers son imposant répertoire avec sa voix toujours reconnaissable entre toutes, il nous ramène ensuite à Comme toujours, un tube de 1964, que ses fans savent encore par cœur.
Avec huit multi-instrumentistes, l’univers d’Adamo est magnifié par des arrangements soignés et diversifiés auxquels se greffent épisodiquement le trombone, la trompette, la clarinette et l’accordéon. Le tout bénéficie d’une sonorisation sans faille, de sorte qu’on ne perd pas un mot, même au balcon.
La Manic
Celui qui a vendu des millions de disques grâce, entre autres, à Tombe la neige, Le ruisseau de mon enfance, Petit bonheur et Vous permettez monsieur demeure sensible aux drames humains de notre époque. Il a d’ailleurs réécrit une partie du texte de son grand succès Inch’Allah, à la lumière des récents chapitres du conflit israélo-palestinien. Ce classique est précédé de Mon Douloureux Orient, un autre de ses titres déchirants, enregistré il y a plus de 20 ans.
Il chante aussi Migrant, un sujet bien connu de ce fils d’une famille sicilienne, immigrée en Belgique en 1946. À cette époque ses parents ont dû s’écrire des lettres durant quelque temps, puisque le père s’était rendu le premier dans le Plat Pays. Ce fut alors un éloignement douloureux un peu comme dans La Manic de George Dor, qu’Adamo reprend avec une grande sensibilité.
Les filles du bord de mer
Attentif aux marques d’affection de son public, l’homme y répond en répétant humblement: «Merci du fond du coeur!». Après chaque chanson, il fait quelques pas vers un tabouret pour prendre une gorgée d’eau puis, il revient à l’avant-scène, parfois avec sa guitare.
Évidemment, durant un spectacle d’une telle durée, les pièces ne sont pas toutes des incontournables et certains spectateurs bavardent parfois à voix haute! Aussi, le chanteur oublie quelques paroles ici et là mais, sa voix tient le coup et son énergie ne se dément pas! Plus de deux heures après être entré en scène, il faut voir la flamme qui habite encore l’interprète de J’te tiens, j’te tiens, j’te lâche plus J’t’enferme dans mon coeur Et tu n’en sortiras plus…
En fin de soirée, l’octogénaire roule des épaules et sautille comme un jeune premier en interprétant Les filles du bord de mer, un autre tube de 1964. Du même souffle, il rend hommage au regretté chanteur belge Arno qui a connu un franc succès en reprenant cette chanson d’Adamo, en 1993.
Bref, à l’instar de Paul McCartney qui, à 83 ans, nous a offert un spectacle de près de 3 heures au Centre Bell, en novembre dernier, avec ses classiques rock, Adamo réussit lui aussi son concert-marathon avec ses ballades, sa douceur et sa grande chaleur humaine. Chapeau bas!
Adamo
C’est ma vie… le temps de se dire au revoir
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