Ensemble Caprice: après le «Magnificat», «La Flûte enchantée»

Marc-Yvan Coulombe / BabillArt Montréal

L’Ensemble Caprice et l’Ensemble ArtChoral, dirigés par Matthias Maute, terminaient leur saison vendredi, à la Maison symphonique, par un généreux concert culminant avec le Magnificat en ré majeur de Bach.

Le programme de cette soirée faisait aussi place au Concerto pour violon no 2 de Mendelssohn, ainsi qu’à une œuvre contemporaine mettant en vedette le flamboyant violoniste Mark Fewer.

Avec son enthousiasme communicatif, le maestro Maute a su guider les spectateurs dans ce voyage musical éclectique, en plus de piquer notre curiosité, en annonçant l’ambitieuse programmation de la prochaine saison de l’Ensemble Caprice.

Grande musique et convivialité

Quel bonheur de vivre dans une ville où on s’intéresse non seulement à la musique de différentes époques mais, aussi, aux musiciens de divers horizons qui contribuent à la vitalité culturelle de Montréal! C’est ainsi qu’en plus des foules imposantes qu’attirent l’OSM et l’OM, d’autres formations font aussi salle comble comme ce fut le cas de l’OCM et des Petits Chanteurs du Mont-Royal avec Viva Vivaldi, le 30 mai dernier, à la Maison symphonique.

L’Ensemble Caprice et l’Ensemble ArtChoral à la Maison symphonique.

Les mélomanes étaient également au rendez-vous pour le concert intitulé Magnificat de Bach, le 5 juin dernier.

Au-delà de cette musique grandiose, on a pu apprécier une fois de plus le communicateur charismatique, Matthias Maute, qui sait parler aux gens en toute simplicité.

Sans tourner autour du pot, le musicien originaire d’Allemagne nous résume avec humour, entre autres, les effectifs qui étaient en place lors de la création du Magnificat à Leipzig, il y a 300 ans. Du même souffle, il nous précise pourquoi il a décidé de placer le chœur devant l’orchestre, en plus de nous présenter ses solistes et de nous résumer l’essentiel des propos qu’ils vont chanter.

Voilà donc un concert convivial où aucun spectateur n’est abandonné à un programme à décoder à partir d’un code QR!

Bien informé de ce qui l’attend, le public prend véritablement plaisir à s’abandonner à ce qu’on joue pour lui, ce qui est, ne l’oublions pas, le but ultime d’un concert!

Parmi les meilleurs moments de cette soirée, on retiendra les interventions à la fois précises, énergiques et d’une grande beauté de l’Ensemble ArtChoral.

Du côté des solistes, où on retrouvait la soprano Janelle Lucyk, ainsi que le baryton Dion Mazerolle et le ténor Angelo Moretti, on a surtout été impressionné par le contre-ténor Ian Sabourin. Tout en demeurant dans la douceur, ses notes aiguës et puissantes apportent une dimension saisissante à son interprétation du Magnificat.

Un violoniste coloré

Pour sa part, l’orchestre a fait belle figure dans le Concerto pour violon no 2 de Felix Mendelssohn-Bartholdy, œuvre majeure de la musique romantique allemande du XIXe siècle. L’Ensemble Caprice affichait d’ailleurs d’importants effectifs pour cette partition incluant: flûtes, hautbois, clarinettes, bassons, cors, violons, altos, violoncelles et contrebasses.

Le violoniste Mark Fewer en concert avec l’Ensemble Caprice à la Maison symphonique.

Dans cette œuvre tellement connue que le thème initial sert parfois de sonnerie de téléphone mobile, le violoniste Mark Fewer, arborant chemise et chaussures turquoise, a une attitude qui s’apparente à celle d’une star de la scène pop rock.

Ce musicien canadien qui «transcende les genres», selon le National Post, évolue dans un répertoire allant du baroque à l’avant-garde, en plus d’être un violoniste de jazz.

Dès les premières mesures de l’Allegro, on se laisse bercer par son sens de la mélodie et la luminosité de la sonorité qui émane de son instrument. Au second mouvement, on est admiratif de voir Maute amener l’orchestre à suivre avec autant de précision le soliste, tout en laissant chanter le violon de ce dernier. Puis, Fewer livre un finale énergique et électrisant!

Mais, c’est sans doute avec la toute première pièce de la soirée que le violoniste a véritablement étonné l’auditoire. Avant même de commencer à jouer Bellatrix du compositeur canadien Jeffrey Ryan, notre homme a soudainement lancé un retentissant «Hii-YAH !», à la surprise générale! Un peu plus tard, au cours de cette partition concise et empreinte d’une certaine agressivité, les musiciens ont uni leurs voix à celle du violoniste, le temps d’un tonitruant «Hii-YAH !», ce qui a fait éclater de rire l’assistance qui est demeurée enjouée durant toute la soirée.

La Flûte enchantée en version concert

Cela dit, la saison 2026-2027 de l’Ensemble Caprice s’inscrit dans la tendance actuelle pour les opéras en version concert. Dès septembre 2026, Matthias Maute dirigera ses troupes dans La Flûte enchantée de Mozart, à la Maison symphonique, avec Suzanne Rigden en Reine de la nuit, Anne-Sophie Neher en Pamina et Olivier Bergeron en Papageno.

Parions que le public sera au rendez-vous! Chose certaine, Rafael Payare et l’OSM ont rempli la Maison symphonique avec des versions simplement mises en espace des Noces de Figaro et Così fan tutte, à la Maison symphonique également.

Deux autres œuvres iconiques sont aussi au programme de l’Ensemble Caprice, à la Maison symphonique, soit: Le Messie de Haendel, en décembre 2026 et la Passion selon saint Matthieu de Bach, en février 2027.

Programme du concert de l’Ensemble Caprice à la Maison symphonique, le 5 juin 2026:

-Jeffrey Ryan / Bellatrix

-Felix Mendelssohn / Concerto pour violon no 2 en mi mineur, op. 64 MWV O 14

entracte

-Johann Sebastian Bach / Magnificat, BWV 243

-Johann Sebastian Bach / Jésus, que ma joie demeure, BWV 243

*Crédit photo: Tam Lan Truong

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