«Le Show Dassin» d’Étienne Coppée séduit le public aux Francos de Montréal

Marc-Yvan Coulombe / BabillArt Montréal

Ce n’est pas tous les soirs qu’on entend la foule chanter en choeur Salut les amoureux, ou Si tu n’existais pas, dans l’immense Théâtre Jean-Duceppe de la Place des Arts. Pourtant, Étienne Coppée a réussi cet exploit deux fois en deux jours dans le cadre des Francos de Montréal.

Pas de doute, l’auteur-compositeur québécois qui a attiré l’attention du public avec, entre autres, sa chanson Demain il fera beau, utilisée dans la finale émouvante de la dernière saison de M’entends-tu, a bien des tours dans son sac!

Guitariste, claviériste, danseur par moment, ce chanteur à la simplicité désarmante revisite avec douceur et une certaine nonchalance les titres emblématiques de l’icône franco-américaine décédée en 1980, c’est-à-dire, une quinzaine d’années avant la naissance de Coppée.

Mais, le gagnant de la 25e édition des Francouvertes nous rappelle qu’il a écouté les tubes de Dassin durant toute son enfance, ce lui a donné envie de se les approprier.

À plusieurs points de vue, il réussit son coup. D’abord, le public tombe instantanément sous le charme de ce sympathique barbu qui reprend Salut,
Siffler sur la colline
, ou Ça va pas changer le monde, avec une certaine ironie. Sa désinvolture contraste avec les souvenirs qu’on a de Joe Dassin toujours tiré à quatre épingles et très ancré dans la tradition du music-hall à la française

Par contre, Étienne et son groupe ont tendance à ralentir le rythme des morceaux, ce qui devient lassant dans Le Show Dassin qui s’étend sur près d’une heure et demie avec tout juste une quinzaine de chansons. On est perplexe également devant l’accentuation du caractère mélancolique de certaines pièces.

Cela dit, les éléments les plus accrocheurs des arrangements de Dassin revivent grâce à de dynamiques instrumentistes, à commencer par le claviériste et boute-en-train, Bruno St-Laurent. Un autre point fort du spectacle, ce sont les somptueuses harmonies vocales où la choriste Flavie Melançon est appuyée délicatement par les voix du bassiste Raphaël Pépin-Tanguay, du guitariste Marco Ema et du batteur Arthur Bourdon-Durocher.

Étienne Coppée dans Le Show Dassin aux Francos de Montréal.

À ce répertoire iconique où l’on retrouve L’été indien, Dans les yeux d’Émilie,
Si tu t’appelles mélancolie
et Les Champs-Élysées, Coppée a su intégrer avec doigté certaines de ses compositions. C’est ainsi qu’on applaudira, entre autres, Demain il fera beau, avant l’ultime rappel: une version festive de Salut les amoureux qui n’aurait pas détonné autour d’un feu de camp.

Enfin, ce qu’on retient de ce spectacle, c’est l’indéniable talent d’interprète d’Étienne Coppée qu’on connaissait surtout comme auteur-compositeur. C’est d’ailleurs en s’accompagnant lui-même au piano que le jeune homme nous a offert l’un des sommets de sa prestation avec une bouleversante version des Feuilles mortes, véritable diamant de Prévert et Kosma.

Étienne Coppée se produira au Festival en chanson de Petite-Vallée, le 25 juin et au Grand Théâtre de Québec, le 15 octobre. On peut voir toutes les dates des spectacles à venir d’Étienne Coppée, ici.

*Crédit photo: Victor Diaz Lamich

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