Julien Clerc aux Francos: l’élégance intemporelle et le feu sacré!

Marc-Yvan Coulombe / BabillArt Montréal

Véritable icône de la chanson française, Julien Clerc a séduit la foule de la salle Wilfrid-Pelletier, jeudi soir, avec sa voix reconnaissable entre toutes, son énergie remarquable et les indémodables succès de son répertoire qui s’étale sur près de six décennies.

Si on chantait, Ma préférence, Mélissa, Femmes, je vous aime, This melody, Utile, etc., ont toutes été acclamées par le public qui a pu aussi se déhancher au son de Coeur de rocker et Lili voulait aller danser. Ces titres de Luc Plamondon ont d’ailleurs été interprétés en présence de ce dernier qui était installé dans une loge, près de la scène.

Alternant entre grandes mélodies et rythmes pop-rock raffinés, le chanteur âgé de 78 ans n’a rien perdu de sa chaleur humaine et de son souci du professionnalisme. Entouré de quatre musiciens impeccables, on ne perd pas une seule parole de ses nombreux classiques, grâce à une sonorisation et des éclairages d’une précision éblouissantes!

Julien Clerc à la salle Wilfrid-Pelletier, le 18 juin 2026.

Fin raconteur

Dans un véritable tour d’horizon de son parcours artistique, Julien Clerc interprète même La Cavalerie, l’une de ses premières chansons qui fut diffusée sur les stations de radio françaises lors des événements de mai 1968 et qui lança la carrière du chanteur.

À travers une série de confidences qui sont loin d’être anodines, l’homme nous raconte d’où il vient. Né Paul-Alain Leclerc, il a d’abord cherché à se débarrasser de ce prénom qu’il n’aimait pas. C’est en lisant attentivement les noms de saints sur un calendrier qu’il a finalement trouvé! « À chaque fois qu’un homme vient me voir pour me dire qu’il s’appelle Julien à cause de moi, je dois avouer que je ressens toujours un petit pincement de joie! »  

Du même souffle et sans amertume, il parle de sa double enfance, marquée par la séparation de ses parents. Il raconte si bien qu’on a l’impression de vivre avec lui ces moments émouvants où il quittait ses demi-frères et soeurs et son père le vendredi, pour aller passer des week-ends «fusionnels» avec sa mère, fumeuse de Gitanes et grande téléphage.

Fais-moi une place

Il se souvient aussi de son amie Françoise Hardy qui a écrit pour lui le succès Fais-moi une place. «Françoise disait toujours la vérité», se rappelle-t-il, en mentionnant avec le sourire que la regrettée auteure-compositrice détestait la chanson Femme, je vous aime. Diplomate, le chanteur n’en n’avait rien dit au parolier Jean-Loup Dabadie, «pour ne pas lui faire de peine!»

Julien Clerc aux Francos de Montréal.

Chose rare, en fin de concert, le compositeur qui n’écrit pas lui-même les paroles de ses chansons, nous lit un texte qu’il a rédigé au sujet de ses expériences de vie qui nourrissent son art. Ses voyages, ses amis, ses enfants et son amour du public sont des sources d’inspiration intarissables, précise-t-il, en se laissant emporter par sa propre prose vibrante! Moments d’émotion auprès d’un homme passionné qui sait encore nous étonner!

Puis, le chanteur termine la soirée avec Laissons entrer le soleil, l’adaptation française de Let the Sunshine in qu’il a interprétée avec succès en 1969, en tenant le rôle principal de la comédie musicale Hair, à Paris. Pas de doute, si la mélancolie fait corps avec l’œuvre de Julien Clerc, elle n’éclipse jamais l’amour de la vie et la lumière!

Julien Clerc est en spectacle à la salle Odyssée de la maison de la culture de Gatineau, ce 19 juin à 20h.

Aux Francos de Montréal, ce soir, 19 juin:

-Coeur de pirate à la salle Wilfrid-Pelletier à 20h

-Pierre Lapointe à la Maison symphonique à 20h

-Dead obies sur la scène Loto-Québec à 20h

-Klô Pelgag sur la scène Rogers à 21h

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*Crédit photo: Victor Diaz Lamich

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