OPQ : Alexandre Da Costa plie bagage direction le Mexique

Marc-Yvan Coulombe / BabillArt Montréal

C’est officiel: l’Orchestre philharmonique du Québec annonce qu’Alexandre Da Costa n’est plus son directeur artistique, après des rumeurs persistantes qui s’étaient intensifiées au cours des derniers jours. Dans un communiqué émis le 30 juillet, en milieu d’après-midi (et daté du 27 juillet), Me Jean-Jacques Rainville, président du conseil d’administration de cet orchestre montérégien, précise que le mandat du chef de 46 ans s’est terminé «le 30 juin dernier, mettant ainsi fin à une collaboration fructueuse amorcée en 2019.» On avait pourtant confirmé, dès 2021, la prolongation du contrat d’Alexandre Da Costa jusqu’à la saison 2028-2029.

Du même souffle, Monsieur Rainville rappelle que le musicien québécois «a récemment accepté une nomination à titre de directeur artistique titulaire de l’Orquesta Sinfónica Sinaloa de las Artes (OSSLA), au Mexique. Afin de lui permettre de se consacrer pleinement à ce nouveau mandat et à sa carrière internationale, l’OPQ et M. Da Costa ont convenu d’un commun accord de mettre fin à leur collaboration au terme de la saison 2025-2026.» Or, lors de l’annonce de cette nomination, le communiqué officiel précisait justement que M. Da Costa poursuivrait ses activités en tant que directeur artistique et chef attitré de l’Orchestre Philharmonique du Québec.

Changement de cap

Rappelons que Da Costa a tout mis en œuvre en vue de changer le nom de l’Orchestre symphonique de Longueuil pour Orchestre philharmonique du Québec. Alors que le principal mandat de l’OSDL était de diffuser la musique classique dans l’agglomération de Longueuil et à travers la Montérégie, le chef voyait plus grand avec l’OPQ.

«Ce nouveau nom rassembleur annonce nos rêves et nos ambitions […] On veut rayonner, bien sûr, dans notre agglomération de Longueuil, mais aussi dans le reste du pays et à l’international», m’avait alors précisé le musicien en entrevue, en 2023, lorsqu’on a officialisé le changement de nom de l’orchestre.

Alexandre Da Costa a ensuite tenté d’amener l’OPQ à se distinguer à travers d’audacieux concerts. Il a notamment invité la drag queen Rita Baga comme narratrice pour la Passion selon Saint Matthieu – Version 2.0. Ce projet, dévoilé pour la saison 2023-2024, visait à associer la musique de Bach à des figures de la diversité culturelle et LGBTQ+ pour promouvoir l’inclusion.

«Un modèle de direction singulier»

Le départ de ce directeur artistique controversé survient deux ans après le dépôt d’un rapport explosif, révélé par La Presse, au sujet de l’approche du chef qualifiée de «toxique». Ces allégations avaient toutefois été nuancées par la nouvelle direction de l’orchestre.

D’ailleurs, dans son communiqué sur la fin du mandat d’Alexandre Da Costa, le président de l’Orchestre philharmonique du Québec affirme que le musicien «a marqué l’imaginaire en dirigeant l’ensemble avec son violon Stradivarius, incarnant un modèle de direction singulier qui a renforcé la signature distinctive de l’OPQ.»

La saison 2026-2027 de l’OPQ

En entrevue à BabillArt Montréal, le président du CA de l’OPQ affirme que la programmation 2026-2027 de l’orchestre sera bientôt annoncée. Le choix des œuvres au programme a été fait par un comité chapeauté par Marc David, chef émérite de l’OSDL.

La formation sera de retour sur scène, vraisemblablement à compter d’octobre 2026; elle se produira à la salle Pratt & Whitney de Longueuil et en divers lieux de la Montérégie. On y verra différents chefs à l’œuvre et un processus de sélection sera mis en branle pour choisir un successeur au maestro Da Costa.

Ce réalignement de l’orchestre a fait l’objet de discussions en présence d’Alexandre Da Costa lui-même et ça n’a pas été aussi orageux qu’on pourrait le croire, souligne Me Rainville. «Alexandre a la capacité de comprendre les contraintes liées à notre milieu culturel, même si ça peut le décevoir.»

«Au Québec, les gens sont prêts à verser des centaines de dollars pour aller voir une vedette internationale au Centre Bell, mais ils ne débourseront jamais des sommes pareilles pour un orchestre symphonique d’ici, malgré l’immense talent de nos musiciens», poursuit Monsieur Rainville. Il faut donc reconnaître que les organismes culturels québécois ont besoin du soutien de l’État et que cette aide leur est accordée pour accomplir des missions bien précises, déterminées par le Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ).

«Notre mandat est de faire rayonner la musique classique en Montérégie, ce de quoi nous nous étions éloignés, au cours des dernières années.» Alors, dans son retour aux sources, l’OPQ pourrait-il reprendre le nom d’Orchestre symphonique de Longueuil? «Rien ne l’empêche», répond Me Rainville, tout en mentionnant que pareil changement créerait de la confusion dans l’esprit du public, désormais familier avec le nom de l’Orchestre philharmonique du Québec.

Quant à M. Da Costa, il a finalement réagi à cette annonce en entrevue à BabillArt Montréal:

OPQ: Alexandre Da Costa tourne la page sans rancune

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