«À toi, pour toujours, ta Marie-Lou» de Michel Tremblay revivra à l’opéra

Marc-Yvan Coulombe / BabillArt Montréal

La pièce culte À toi, pour toujours, ta Marie-Lou, de Michel Tremblay, revivra à l’opéra avec Étienne Dupuis et Julie Boulianne dans les rôles principaux. Le livret est signé par Nathalie Deschamps, metteuse en scène reconnue entre autres pour son adaptation à l’opéra d’Albertine en cinq temps, une autre pièce emblématique de Tremblay.

Selon les informations obtenues par BabillArt Montréal, la tragédie de Marie-Louise, Léopold et leurs enfants se jouera sur une musique signée Airat Ichmouratov. Ce compositeur russo-canadien est, notamment, membre fondateur et clarinettiste du réputé groupe klezmer montréalais Kleztory.

L’opéra À toi, pour toujours, ta Marie-Lou sera d’ailleurs gravé sur disque, comme l’a confirmé le baryton québécois de renommée internationale Étienne Dupuis, mardi 4 août, à l’émission Bonsoir bonsoir! sur les ondes d’ICI Télé. L’enregistrement de l’œuvre aura lieu, à compter de cette semaine, à Montréal.

L’album serait lancé dès 2027 sur ATMA Classique. On devrait savoir prochainement où et quand sera présenté ce nouvel opéra québécois.

Curieusement, l’annonce de cette nouvelle culturelle majeure n’a pas inspiré une seule question à Jean-Sébastien Girard, animateur de Bonsoir bonsoir! que Radio-Canada qualifie pourtant d’«émission culturelle». Désolant!

Un huis clos tragique

Rappelons que la pièce À toi, pour toujours, ta Marie-Lou a été crée au Théâtre de Quat’Sous, en 1971. Elle raconte l’histoire d’une famille ouvrière accablée par la pauvreté et l’incommunicabilité.

Après des années de querelles incessantes, Marie-Louise, une mère névrosée et Léopold, un père alcoolique, périssent dans un accident d’auto qui s’apparente à un meurtre-suicide.

Dix ans plus tard, leurs filles Carmen et Manon continuent d’évoquer leur passé familial qu’elles ne voient pas du tout du même œil. À travers leurs perceptions diamétralement opposées de leurs parents, les deux femmes perpétuent en quelque sorte les désaccords, les rancœurs et les récriminations de leurs défunts géniteurs, le tout dans une parlure québécoise qui ne fait pas dans la dentelle.

C’est donc un tout nouveau défi qui attend les interprètes de cette création, dont Étienne Dupuis, habitué aux rôles d’Eugène Onéguine de Tchaïkovski ou Valentin dans le Faust de Gounod. Cette fois-ci, sa riche voix de baryton portera les mots souvent crus de Léopold, un homme exaspéré par son travail abrutissant derrière une machine et qui en a gros sur le cœur de donner tout ce qu’il gagne à sa famille, tout en étant méprisé par son épouse.

Cette dernière sera incarnée par la mezzo-soprano Julie Boulianne qui a brillé, cet été, dans le Dialogue des carmélites de Poulenc, au Festival d’opéra de Québec.

On imagine le casse-tête pour réunir sur scène ces chanteurs très en demande! On sait cependant que le globe-trotter Étienne Dupuis qui vient de triompher dans le rôle de Macbeth de Verdi au Festival de Lanaudière, ne s’absente jamais trop longtemps du Québec. Au cours de la prochaine saison, après avoir chanté à Vienne et Londres, il sera de retour à l’Opéra de Montréal pour interpréter Rigoletto de Verdi, en mai 2027.

*Photo d’accueil: Étienne Dupuis lors de son triomphe dans le rôle de Macbeth de Verdi à l’amphithéâtre Fernand-Lindsay, le 2 août 2026. / Crédit: Gabriel Fournier.

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