OSM: un nouvel album et de la suite dans les idées

Marc-Yvan Coulombe / BabillArt Montréal

L’Orchestre symphonique de Montréal lance sa 93e saison en annonçant la sortie d’un nouvel album réunissant Daphnis et Chloé de Ravel et Le sacre du printemps de Stravinsky, dirigés par Rafael Payare.

Cet opus a été enregistré à la Maison symphonique en février 2025 et en avril 2026.

Un retour dans l’histoire de l’OSM

Payare et ses musiciens poursuivent ainsi dans la lignée entamée avec l’enregistrement du Carnaval romain et la Symphonie fantastique de Berlioz, des œuvres inscrites dans l’ADN même de la formation, qui les a gravées sur disque, sous la direction de Charles Dutoit, dans les années 1980.  

Plus de 40 ans plus tard, Daphnis et Chloé (1981) et Le sacre du printemps (1984) sont encore des fleurons du catalogue de l’OSM, considérés comme des références. Avec cette nouvelle offrande, qui sera disponible à compter du 30 octobre sur l’étiquette Pentatone, on veut mettre en valeur la sonorité actuelle de l’ensemble, tout en continuant d’honorer les grands moments de son histoire.   

« En abordant ces œuvres avec l’OSM, je ne cherchais pas à proposer une simple nouvelle lecture de partitions emblématiques, mais à retrouver ce qu’elles peuvent encore avoir de profondément imprévisible et vivant », précise le chef de l’Orchestre symphonique de Montréal, dans un communiqué.

Cela dit, si vous regardez bien la pochette de ce disque, vous y verrez en quelque sorte un condensé de l’histoire de l’Orchestre symphonique de Montréal. En plus de son directeur artistique actuel, on aperçoit un espace emblématique de la Maison symphonique qui porte le nom d’une administratrice et mécène considérée comme cofondatrice de cette institution montréalaise.

Cet angle visuel évoque aussi l’héritage d’une autre figure historique de l’OSM : l’illustre chef Wilfrid Pelletier.

«Effectivement, sur la pochette nous pouvons voir le Foyer Antonia-Nantel et, en arrière-plan, la salle Wilfrid-Pelletier. C’est un clin d’oeil au passé souhaité par Rafael, donc oui, c’est son idée », me souligne Léo Mondor, relationniste de l’OSM.

Quatre nominations pour l’OSM à l’ADISQ

Parlant de disques, soulignons que l’OSM se distingue en vue du prochain gala de l’ADISQ. L’Orchestre est en lice dans la catégorie Album de l’année – Classique pour son opus Berlioz : Le carnaval romain – Symphonie fantastique, ainsi que pour la Chanson de l’année avec le titre Ma maison c’est toi, aux côtés du groupe Salebarbes.

En ce qui concerne sa collaboration avec GSI Musique, l’OSM récolte également des nominations dans les catégories Album de l’année – Succès populaire et Album de l’année – Réinterprétation pour le projet Dubois Biographie Symphonique.

Un concert d’une grande ampleur

Concert d’ouverture de la 93e saison de l’OSM / Crédit: Antoine Saito

Le public qui remplissait la Maison symphonique, mercredi soir, a suivi avec attention l’audacieux concert Magnifique Mahler: Ouverture épique, présenté en ouverture de la saison de l’OSM, les 16 et 17 septembre 2026.

Avec d’imposants effectifs, tant en ce qui a trait à l’Orchestre qu’au Chœur, on a interprété deux œuvres rarement jouées.

D’une part, le conte dramatique Das klagende Lied, écrit par Mahler lorsqu’il n’avait que 20 ans, nous plonge dans une histoire de passion et de jalousie qui trouvent leur écho dans un déploiement orchestral spectaculaire.

En vieil allemand, le mot « klagen » signifie à la fois : se lamenter et accuser. Ce double sens est omniprésent dans ce récit tragique où l’amour d’une jeune reine conduit à un fratricide.

Aux côtés des solistes éblouissants Rose Naggar-Tremblay et Clay Hilley, la soprano Miah Persson possède une voix plutôt légère pour ce répertoire. Quant au légendaire Matthias Goerne, il n’avait que quelques passages à chanter dans Das klagende Lied. Ce fut donc une judicieuse idée de Rafael Payare de confier à l’illustre baryton l’entièreté des six lieder du recueil Knaben Wunderhorn (Le cor enchanté de l’enfant), en début de soirée.

Même si son timbre s’est considérablement transformé au fil des ans, Goerne demeure un bouleversant tragédien qui utilise les caractéristiques de sa voix actuelle pour enrichir la vérité de son art. D’ailleurs, c’est sans doute ce qui explique la longue ovation qu’il a reçue lors de sa troublante interprétation du Winterreise de Schubert, l’été dernier, à l’église de Mascouche, dans le cadre du Festival de Lanaudière.

Une première à la Maison symphonique

Cette soirée intense nous a même permis de vivre une première à la Maison symphonique. En effet, on a choisi de faire jouer la fanfare d’une vingtaine de musiciens de Das klagende Lied sous la scène. Il s’agissait vraisemblablement de la toute première fois qu’on utilisait la fosse de cette salle, inaugurée il y a 15 ans.

En somme, ce coup d’envoi de la 93e saison de l’Orchestre symphonique de Montréal s’avère remarquable par son ampleur et l’originalité de son programme. L’auditoire a été hypnotisé par la puissance théâtrale qui se dégageait de la scène. Une fois de plus, Payare bouscule les attentes avec éclat!

Magnifique Mahler : Ouverture épique

Lieu & Dates : Maison symphonique, 16 et 17 septembre à 19 h 30

Interprètes : OSM, Chœur de l’OSM et Rafael Payare (chef)

Solistes : M. Goerne, R. Naggar-Tremblay, C. Hilley et M. Persson

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