Apashe et l’OSM : un mariage électro-symphonique éblouissant

Marc-Yvan Coulombe / BabillArt Montréal

Les sonorités électroniques du musicien Apashe, Montréalais d’adoption, se sont mariées de façon spectaculaire au déploiement orchestral de l’OSM, à la Maison symphonique, jeudi soir, pour la première d’une série de trois concerts.

La musique de ce producteur belge de 34 ans, dont le véritable nom est John De Buck, est connue d’un large public, ses oeuvres ayant été utilisées dans diverses bandes-annonces de films et de séries, dont John Wick, une célèbre franchise cinématographique américaine.

Au fil des ans, les admirateurs de l’artiste ont été séduits par la combinaison du sampling (échantillonnage) et de la dimension symphonique de ses albums Renaissance et Antagonist.

Or, l’expérience APASHE X OSM permet justement d’approfondir le potentiel orchestral de ce répertoire, grâce aux arrangements colossaux d’Hugo Bégin. C’est ainsi que le Grand Orgue Pierre-Béique, l’octobasse et les fameuses cloches de l’OSM ont été savamment mis à contribution pour ce mariage électro-symphonique, rehaussé par la participation de plusieurs invités et la vibrante performance des Petits Chanteurs de Laval. 

Une star trop discrète ?

Apashe avec l’OSM à la Maison symphonique

L’artiste qui s’est illustré sur plusieurs scènes majeures de la planète, notamment au festival belge Tomorrowland, s’est montré plutôt discret à la Maison symphonique. Le roi de la soirée est arrivé par l’arrière de la scène et il s’est installé au milieu de l’orchestre comme s’il était un musicien parmi d’autres et non pas le point de mire de cette soirée.

Ses chanteurs invités, dont Wasiu, Lia Kuri, Cherry Lena, Kroy, Geoffroy et Ymir, ont défilé tour à tour à l’avant-scène avec panache pour porter leurs mélodies sous l’oeil attentif d’Apashe. Parmi eux, l’Ukrainienne Alina Pash a particulièrement marqué les esprits, son entrée en scène s’étant faite au son strident de sirènes antiaériennes.

Après être arrivée de l’arrière du parterre, accompagnée de jeunes filles qui s’avançaient munies de blocs lumineux en une véritable procession, Alina Pash a interprété Kyiv, une sorte d’hymne à la résistance créé en collaboration avec Apashe. Ce fut l’un des moments les plus émouvants de cet événement hors du commun.

Toutefois, ce n’est qu’environ une heure après le début du spectacle qu’Apashe nous a enfin adressé la parole, essentiellement pour dire qu’il s’agissait de son spectacle le plus calme et se réjouir du fait que cette formule permet d’entendre tous les détails de sa musique.

Il était temps que la vedette de la soirée se manifeste, car il est un peu étrange d’assister au concert d’un artiste en l’entrevoyant à peine et sans trop savoir quel rôle il joue dans l’exécution des pièces. Or, quand on va voir un pianiste ou un violoniste, on aime épier chacun de ses gestes. Alors, il aurait été appréciable qu’un écran nous permette de voir, par moments, Apashe s’activer sur sa console.

Des univers qui font bon ménage

APASHE X OSM à la Maison symphonique

Il n’en reste pas moins que les univers d’Apashe font bon ménage avec la musique symphonique, sous la direction dynamique de Dina Gilbert.

Il y a près de dix ans déjà, ce redoutable bidouilleur transposait l’iconique Lacrimosa de Mozart sur les pistes de danse. Comme si on avait voulu souligner que la musique classique n’est pas accessoire dans APASHE X OSM, on y joue un extrait de la Symphonie no 4 de Tchaïkovski, sans ajout de sonorités électroniques. Quant aux pièces avec chœurs, elles s’inscrivent véritablement dans la tradition classique, rappelant les célèbres Carmina Burana de Carl Orff.

Tout en puisant dans cet héritage séculaire, l’artiste affirme avec raffinement son identité de créateur de musique électronique. Plusieurs titres sont si enlevants qu’on peine à résister à l’envie de se lever pour se déhancher. Plus encore, la conception d’éclairage imaginative et précise de Benoît Gromko nous donne l’inhabituelle impression d’être à la fois au concert et dans une discothèque.

Apashe (au centre de la photo) entouré de ses invités.

Le spectacle d’Apashe avec l’OSM sera présenté à nouveau ce soir, 9 octobre et demain 10 octobre. Détails par ici.

*Crédit photo: Antoine Saito

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *