Aya Nakamura au Centre Bell : Un spectacle sur la scène et dans la salle

Marc-Yvan Coulombe / BabillArt Montréal

L’ambiance était électrisante, dimanche au Centre Bell, pour le deuxième spectacle en autant de soirs de la très attendue Aya Nakamura, l’artiste francophone la plus écoutée au monde. Dès son arrivée sur scène, des hurlements de joie ont explosé dans la salle. Puis, pendant que la reine de la soirée descendait un large escalier, une immense couronne dorée a été projetée sur écran au-dessus de sa tête. C’était déjà gagné avant qu’elle n’ait chanté une seule note.

Comme on pouvait s’y attendre, la star n’a pas tardé à afficher les couleurs de sa pop urbaine — somme toute commerciale et teintée d’afro — avec ses tubes 40% et Baby. La frénésie a continué de grimper durant toute la soirée, dès que l’assistance, très majoritairement constituée de jeunes femmes, reconnaissait, entre autres, les premiers accords de Jolie Nana, Copines ou Sexy Nana.

Au beau milieu des chansons, des admiratrices souvent costumées avec faste et audace à l’image d’Aya se filmaient en solo ou en duo avec, en arrière-plan, leur idole franco-malienne aux longs cheveux blond-blanc. Au-delà de la musique, c’est une mise en scène collective qui s’est emparée du vaste amphithéâtre.

Souriante et décontractée, la chanteuse de 31 ans, qui en était à ses tout premiers concerts au Canada, a répété pratiquement les mêmes mots que la veille : « Je suis très contente d’être ici ! Vous m’avez fait voyager ! Merci ! »

Le culte du glamour et de l’image

Malgré l’ampleur des moyens de celle qui possède son propre label, Nakamura Industrie, la visiteuse est venue à Montréal avec une proposition scénique plutôt modeste.

Alors que de nombreuses vedettes font leurs tournées avec plusieurs plateaux secondaires, Aya n’avait à sa disposition qu’une seule scène en forme de T. Ses allées et venues répétées sur cette passerelle ont d’ailleurs fini par donner un aspect routinier à sa prestation.

Appuyée par quatre musiciens et deux choristes, elle était entourée d’une dizaine de danseurs très énergiques. Heureusement, car l’interprète de Djadja, La pétasse, Doudou et Dégaine, se dandinait sans danser vraiment.

Aya Nakamura / Crédit : Tiziano Raw

Visiblement très soucieuse de son image, elle replaçait continuellement ses cheveux. En plus de la voir en direct sur trois écrans, le public a découvert plusieurs séquences filmées où elle apparaît dans des postures à la Marilyn Monroe.

Pour amplifier encore davantage le glamour auquel elle carbure, des projections montraient même une armée de photographes qui braquaient leur appareil vers elle. Ce culte du moi semble plonger ses admiratrices en pamoison !

Une rencontre chaleureuse

L’un des temps forts de ce concert fut de voir Corneille s’amener sur scène, même si tout le monde s’y attendait, puisqu’il était aussi de la représentation de samedi soir. Les deux complices ont repris la chanson Avec classe, déjà revisitée par ce tandem, il y a deux ans. Rappelons que le Canado-Rwandais a d’abord gravé ce titre sur son disque Parce qu’on vient de loin lancé en 2002. Nakamura n’avait que sept ans à cette époque. L’accueil réservé à ce duo montre à quel point ce titre traverse le temps pour faire vibrer les jeunes comme les moins jeunes.

Aya Nakamura et Corneille

Évidemment, le spectacle de cette célébrité au sommet de sa popularité est réglé au quart de tour ! Raison de plus pour s’étonner qu’il y ait eu quelques temps morts, alors que la musique s’est arrêtée et que les lumières se sont éteintes sans que l’on comprenne pourquoi. Pendant au moins un de ces arrêts, mes voisines ont eu le temps de commencer à s’inquiéter, craignant qu’un pépin technique ne vienne gâcher la fête.

Puis, en fin de soirée, la longue séquence animée qui retrace le parcours de la chanteuse a carrément brisé le rythme du spectacle. Pourquoi nous montrer Aya sous forme de personnage de dessin animé japonais alors qu’elle est là, en chair et en os ? Durant ces longues minutes, des centaines de personnes ont choisi de s’asseoir et de se concentrer sur leur téléphone.

Coup de maître

Mais Aya n’avait pas dit son dernier mot. Il lui restait en réserve quelques bombes pour soulever à nouveau la salle jusqu’à l’assaut final de Sexy Nana. Le courant était rétabli. La foule a terminé la soirée en extase, environ 1 heure 40 après le décollage de ce voyage survolté, lancé sur le coup de 21 h.

Après deux rendez-vous manqués à Montréal, cette diva française aura pratiquement rempli le Centre Bell pour deux soirs consécutifs. Bravo aux Francos de Montréal pour ce coup de maître !

Aya Nakamura était en spectacle au Centre Bell les 24 et 25 octobre.

*Photos prises par Tiziano Raw fournies par evenko.

Commentaires

Une réponse à « Aya Nakamura au Centre Bell : Un spectacle sur la scène et dans la salle »

  1. Avatar de Serge Lehoux
    Serge Lehoux

    Il est temps que je découvre cette diva !

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