Marc-Yvan Coulombe / BabillArt Montréal
Le Vieux-Port de Montréal avait un charme exotique, jeudi soir, avec le retour de Luzia du Cirque du Soleil, qui nous entraîne dans un Mexique imaginaire, suspendu entre rêve et réalité. Près de 10 ans après sa création par le metteur en scène Daniele Finzi Pasca, ce spectacle demeure un fascinant alliage d’arts du cirque et de technologie qui se distingue, entre autres, par l’intégration d’un rideau de pluie à certains numéros acrobatiques.

Le titre, Luzia, est une fusion des mots espagnols, luz (lumière) et lluvia (pluie), deux éléments-clés de ce spectacle, où le raffinement visuel nous donne parfois l’impression d’être dans un décor de cinéma.
On assiste, en fait, à la fabuleuse rencontre d’un voyageur avec la culture, la nature et la mythologie d’un pays habité par des personnages mystérieux.
Dès le début de la soirée, un immense cheval, symbole de liberté, apparaît dans une scène saisissante! Grâce au savoir-faire de cette équipe circassienne de haut vol, on croirait voir un véritable cheval poursuivant une femme qui court. Celle-ci déploie ses ailes de papillon en hommage aux monarques qui migrent chaque année du sud du Canada au centre du Mexique. Spectaculaire!

De l’inattendu
Quant au numéro de cerceaux chinois, il a la particularité d’inclure deux énormes tapis roulants, qui peuvent défiler tous les deux dans le même sens, ou en sens opposé l’un de l’autre. C’est à partir de ces surfaces en mouvement que de joyeux casse-cous passent à l’action.
Parfois, ils s’élancent sur les tapis pour se faufiler dans les cerceaux placés au sol, parfois ce sont les cerceaux qui se déplacent sur les tapis et deviennent ainsi des cibles mobiles! Imaginez!

Luzia nous étonne également, en sortant la roue Cyr de son cadre habituel. Dans ce numéro improbable, les artistes s’exécutent sous la pluie et sur l’eau! Pour remédier au problème de l’adhérence, les roues ont été équipées de pneus de vélo surdimensionnés.
Puis, l’eau se retire aussitôt qu’on passe à un tableau où elle n’est plus requise. Ce miracle s’accomplit instantanément, grâce à un plateau percé de près de 95 000 trous permettant le drainage de l’eau vers un bassin de 5 000 litres caché sous la scène.
Vertigineux

Parmi les temps forts de Luzia, on est bouche bée devant la témérité du sauveteur qui se pavane au-dessus des vagues. Sur des colonnes de cannes flexibles qu’il érige lui-même, l’équilibriste enchaîne les figures sur une seule main, tout en exhibant sa grande force physique.
On retient son souffle pendant qu’il ajoute des niveaux à sa structure et continue d’exécuter ses prouesses, de plus en plus haut, au-dessus de la scène.
Festif
L’esprit de fête de Luzia, c’est aussi la musique entraînante aux saveurs latino-américaines de Simon Carpentier. On y décèle, entre autres, les rythmes
de la cumbia, qui s’apparente à la salsa. Le compositeur a également puisé son inspiration dans le huapango, un style proche du flamenco, développé dans les régions huastèques le long de la côte du golfe du Mexique.
Plusieurs musiciens apparaissent d’ailleurs sur scène à différents moments. C’est ainsi que deux marimbas entament un dialogue avec un jongleur époustouflant! Ses sept quilles tournent si vite qu’elles finissent par se confondre et donner l’impression d’une forme métallique aux allures d’hélice d’avion!
Par contre, le numéro du «clown en plongée sous-marine» et surtout celui du «football danse» m’on paru longuets.
D’ailleurs, Luzia laissera sans doute sur leur faim, les amateurs de sensations fortes, puisque ce spectacle est surtout axé sur une riche poésie visuelle.

Mâts chinois, sangles aériennes, etc., tout s’enchaîne comme par enchantement! Quant au numéro de contorsion, il ne laissera personne indifférent. Mais, comment ce contorsionniste arrive-t-il à toucher l’arrière de sa tête avec son bassin?
Et que dire des balançoires russes, installées sous une éclatante lune rouge? En fait, les deux balançoires sont montées sur un plateau rotatif, ce qui permet aux spectateurs d’admirer, sous tous les angles, cette performance où les voltigeurs sont propulsés à une dizaine de mètres dans les airs. Éblouissant!
Du début à la fin de ce spectacle d’un peu plus de deux heures incluant un entracte, la scénographie d’Eugenio Caballero magnifie les arts du cirque exécutés avec une fascinante précision et dans un esprit festif! Magique!

Le Cirque du Soleil présente Luzia sous le Grand Chapiteau du Quai Jacques-Cartier, jusqu’au 24 août.
*Photos fournies par le Cirque du Soleil.

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