Claude Dubois aux Francos : comme un bon vin!

Marc-Yvan Coulombe / BabillArt Montréal

Dès son entrée en scène au Théâtre Maisonneuve, samedi soir, Claude Dubois a su toucher son public droit au coeur, comme il le fait depuis plus d’un demi-siècle. Avec sa voix reconnaissable entre toutes, ce monstre sacré de la chanson québécoise a d’abord offert une interprétation presque méditative du Labrador, l’un des fleurons de son répertoire. Habité par un feu sacré qui ne se dément pas, le septuagénaire reprend la plupart de ses grands succès, entouré de quatre musiciens qui l’accompagnent dans sa tournée Dubois solide en liberté.

Bébé jajou la toune, Femme de société, Infidèle, etc., l’auteur-compositeur-interprète prend plaisir à passer des sujets plus légers aux plus graves comme Apocalypse, un titre de 1982 qui colle à l’actualité de 2025. Avec Julie Lamontagne à l’orgue, cette pièce semble faire écho à l’univers psychédélique de Pink Floyd.

À d’autres moments, ce sont des rythmes reggae qui s’invitent dans Comme un million de gens ou Artistes, alors que Femme ou fille devient une délicate samba jazzée. Il n’y a pas de surenchère musicale, de sorte qu’on ne perd pas un mot!

Quant à sa voix, elle est demeurée intacte! Béni des dieux, l’homme de 78 ans continue vraisemblablement de tout chanter dans les tonalités originales, sans effort apparent. Femme de rêve, En voyage, Plein de tendresse, etc., il suffit d’un geste du chanteur pour que la foule les entonne en choeur!

Ovationné à plusieurs reprises au cours de la soirée, Dubois retourne l’ascenseur à ses admirateurs: «moi aussi, je vous aime», dit le rocker, la main sur le cœur.

Enjoué et blagueur, il lance néanmoins une mise en garde aux consommateurs de drogues qui, selon lui, risquent plus que jamais de se heurter à des conséquences dramatiques, étant donné la piètre qualité des stupéfiants offerts, actuellement.

Du même souffle, il présente avec autodérision, l’une de ses chansons parlant de voyages interstellaires, intitulée Au Bout des Doigts. Ce morceau est issu de l’album Fables (1979), où il était accompagné de plusieurs musiciens de la scène internationale dont Richard Bell qui fut pianiste pour Janis Joplin.

Souverain

Théâtral sous les projecteurs, Dubois nous fait le cadeau de reprendre Pauvre Rutebeuf, un classique de Léo Ferré, dont les paroles sont de Rutebeuf, poète du Moyen Âge. Ce texte a été écrit il y a plus de 700 ans; «ça prouve que le français est une langue éternelle», souligne l’artiste souverainiste, chaudement applaudi.

Tout semble couler de source dans ce spectacle où les éclairages se transforment à des moments précis pour mettre l’emphase sur des passages clés des chansons.

Une ampoule suspendue à un fil descendu du plafond s’allume et oscille durant J’ai souvenir encore; du coup, on est plongé dans le décor du taudis de la rue Sanguinet où Dubois raconte son enfance. Un effet visuel simple qui magnifie cette chanson culte!

Parmi les nombreux autres temps forts de cette soirée, il y aura, bien sûr, les incontournables Si Dieu existe, Le Blues Du Business Man et même Chasse Galerie. Au rappel, quoi de plus rassembleur que J’ai besoin pour vivre ?

La tournée Dubois solide en liberté se poursuit un peu partout au Québec.

Les Francos de Montréal se poursuivent jusqu’au 21 juin. https://francosmontreal.com

*Crédit photo: Victor Diaz Lamich

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *