Marc-Yvan Coulombe / BabillArt Montréal
Mémoire vivante du groupe québécois Offenbach, Breen LeBoeuf a fait vibrer le Cabaret du Casino de Montréal, dimanche soir, avec un spectacle entièrement consacré au répertoire de cette formation iconique. Première constatation: la voix étendue et puissante de l’interprète de Mes blues passent pu dans’porte n’a pratiquement pas changé.
Avec son humour et ses anecdotes bien tournées, ainsi que quelques photos d’archive, le septuagénaire nous entraîne dans un fascinant voyage dans le temps qui ne se limite pas aux grands succès d’Offenbach.
De la suite dans les idées…
Breen LeBoeuf ouvre la soirée avec Je l’sais ben, une chanson rarement interprétée. C’est le tout premier titre de l’album mythique Traversion, premier disque d’Offenbach enregistré avec LeBoeuf et lancé en 1979.
Cet opus contient de nombreux textes de Pierre Huet dont, J’ai l’Rock’n’Roll pis toé, Je chante comme un coyote, Deux autres bières et Mes blues passent pu dans’porte, véritable classique de la chanson québécoise. Non seulement tous ces tubes sont au programme du spectacle, mais, en plus, le célèbre parolier est avec nous dans la salle, en chair et en os, pour savourer lui aussi ces moments mémorables!
Ayoye!
Dès l’entrée en scène du chanteur, on réalise qu’il ne jouera pas de basse, puisqu’il a le bras droit en écharpe, résultat d’une vilaine chute survenue à l’aéroport de Montréal. Il a voulu hâter le pas pour accommoder des gens pressés de récupérer leurs bagages et vlan! «Le terrazzo est venu chercher mon épaule!», résume-t-il, pince-sans-rire.

Tonnedebrick
Taquin, le musicien ajoute qu’il a donc dû embaucher un bassiste pour la première fois de sa vie et lui verser un généreux cachet. L’heureux élu est son ami Jean Boudreau qui s’est joint à Réjean Lachance (guitare), Pierre Beauregard (clavier, sax) et Marc Brodeur (batterie). Une formation de rêve!
Chaque chanson est reprise dans des arrangements similaires aux versions originales et ça sonne à merveille! D’autres diront plutôt que ça sonne comme une tonne de briques!
On en profite d’ailleurs pour dépoussiérer Le Juge et l’Assassin, une pièce du disque Tonnedebrick, sorti en 1983.

Breen LeBoeuf sait raconter, avec simplicité, les détails qui témoignent de la grande complicité qu’il a eu avec Gerry Boulet. Il souligne aussi l’important apport d’autres personnalités qui ont aidé Offenbach à faire sa marque, dont Pierre Harel. Rappelons que ce dernier est intimement associé au premier album studio du groupe, Offenbach Soap Opera et ses tubes Câline de Blues et Faut que j’me pousse.
Un pari réussi!
Maintenant âgé de 76 ans, LeBoeuf se permet, pour la première fois, de reprendre même les chansons que Gerry a gravé dans nos mémoires avec sa voix rauque et… savez-vous quoi? Le vétéran réussit son pari avec un concert de haut vol qui nous entraîne jusque dans une Promenade sur mars!
Après avoir agi comme bassiste dans de nombreux hommages à Offenbach, il nous fait enfin partager son expérience unique dans un groupe qui a contribué à nous révéler à nous-mêmes.
En un mot, son spectacle est un vibrant hommage à la naissance du rock québécois en français et à l’originalité de notre câline de blues! Magique!

Breen LeBoeuf / Mes blues passent pu dans’ porte / Au Cabaret du Casino de Montréal, le 14 septembre 2025.
Pour voir toutes les dates de la tournée: https://breenleboeuf.ca/
Photos prises par Charlène Lavigne.

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