Marc-Yvan Coulombe / BabillArt Montréal
La musique traditionnelle acadienne a brillé de mille feux, en ce mercredi soir, à la Maison symphonique, remplie à craquer! Au lendemain de leur première médiatique, les cinq chanteurs et multi-instrumentistes de Salebarbes semblaient déjà en terrain connu, auprès des musiciens de l’OSM dirigés avec enthousiasme par Dina Gilbert.
Grâce à une sonorisation vraisemblablement mieux peaufinée que la veille, on a redécouvert les chansons emblématiques du groupe madelinot-acadien, à travers les arrangements éblouissants d’Antoine Gratton. Entre autres, la fusion entre les rythmes cajuns et les salves de cuivres ont eu pour effet que les admirateurs du groupe se sont levés dès le début de la soirée et le party était lancé!

C’est l’Orchestre symphonique de Montréal qui a ouvert le bal en jouant une élégante ouverture. Puis, on a entendu les violonistes de Salebarbes, depuis les coulisses, avant de les voir arriver sur scène, de même que leurs comparses, pour interpréter La dernière fois, véritable ver d’oreille de l’album À boire deboutte.
Avec humour et simplicité, Jean-François Breau n’a pas tardé à confier au public : «On n’en revient pas d’être ici, ce soir! Qui aurait dit qu’un petit band de garage des Maritimes se retrouverait sur les planches de la Maison symphonique?» Applaudi à tout rompre, le chanteur qu’on a connu comme interprète de Gringoire dans la comédie musicale Notre-Dame-de Paris, s’avère un habile animateur de foule.
Du parterre au balcon, on chante en choeur, Chat par la tcheu; on tape dans les mains au son de Good Lord ou La danse du mardi gras. L’acoustique de la Maison symphonique magnifie les harmonies vocales très soignées du quintet.
Chaque membre du groupe est mis en valeur. Pour sa part, le bassiste Kevin McIntyre interprète la ballade, Joe Richard, relatant la dernière pendaison survenue au Nouveau-Brunswick. Cette troublante chanson country est en quelque sorte ennoblie par le majestueux OSM.
Par la suite McIntyre et George Belliveau, violoniste, quittent momentanément l’avant-scène pour se fondre aux musiciens de l’Orchestre, le temps d’interpréter, Yink moi qui t’faut, sur un rythme de blues endiablé! Ces deux complices de longue date vivent toujours à Moncton et semblent s’entendre comme larrons en foire. «On se connaît depuis 20 ans! On couche pas ensemble pis c’est toute», blague Belliveau.
Tout comme Jean-François Breau, le polyvalent Jonathan Painchaud passe de la batterie, à la guitare et au chant avec une aisance remarquable. Quant à son frère Éloi Painchaud, il se démarque à travers de spectaculaires solos d’harmonica et de guitare électrique.
Durant 90 minutes, on se laisse emporter par la bonne humeur et le talent de ces boute-en-train. Comment ne pas tomber sous le charme de leur irrésistible, C’est la vie, traduction du classique You Never Can Tell, de Chuck Berry?

Auréolé de succès depuis ses débuts en 2019, le groupe termine, cette semaine, une tournée de quelque 180 spectacles, avant de s’accorder un temps de repos. Salebarbes enregistrera ensuite un nouvel album qui paraîtra, en 2026.
Mais, le travail est déjà commencé de belle façon, comme en témoigne la toute nouvelle pièce intitulée Ma maison c’est toi, offerte en primeur avec l’OSM. Cette touchante ballade a fait sensation!
Enfin, ces joyeux lurons avaient gardé pour la fin, plusieurs de leurs refrains les plus dansants. C’est ainsi qu’on s’est déhanché, partout dans la Maison symphonique, au rythme de Gin à l’eau salée, Y’a l’bon Dieu qui l’attend, Bosco Stomp et Les haricots. Au rappel, on a chanté avec eux, Marcher l’plancher et on a quitté la salle avec en tête des souvenirs d’un des meilleurs spectacles de pop symphonique de l’OSM!

Salebarbes rencontre l’OSM est présenté à la Maison symphonique du 30 septembre au 3 octobre à 20h. Détails, ICI.

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