Marc-Yvan Coulombe / BabillArt Montréal
On a ri aux larmes à la Cinquième Salle de la Place des Arts, en ce lundi soir de première médiatique du spectacle 100 contrefaçons de David Corriveau. Celui qu’on a découvert sur le plateau de Salut Bonjour! en 2021 et qui a par la suite été finaliste à l’émission La France a un incroyable talent, réussit à imiter des chanteuses et des chanteurs, grâce à son registre exceptionnel. Des mélodies de Céline Dion, Roch Voisine, Ginette Reno, Claude Dubois, Tina Turner, Édith Piaf et Brian Adams, entre autres, se glissent avec pertinence dans une série de numéros touchants, où cet habile comédien nous raconte sa vie hors des sentiers battus.

D’entrée de jeu, ce boute-en-train admet que ses imitations ne sont pas toutes parfaites. Elles sont néanmoins de vibrants hommages à des artistes qu’il admire. À défaut de champagne, il ne faut pas bouder son plaisir devant un mousseux de qualité, résume-t-il, pince-sans rire.
Né à Saint-Boniface, en Mauricie, David Corriveau confie qu’il a commencé à chanter vers l’âge de 7 ans, devant ses poules et que la musique occupait une place importante dès son enfance. «Je fais partie de la dernière génération qui a grandi sans téléphone cellulaire, sans Internet, ni réseaux sociaux», ce qui explique, selon lui, pourquoi la radio était primordiale dans sa famille.
L’artiste raconte, entre autres, avec espièglerie, les balades qu’il faisait avec ses trois sœurs à bord du pick-up que sa mère conduisait, chaussée de talons aiguilles, alors qu’elle tapait du pied au son des succès diffusés à Rock Détente. L’imitateur plonge d’ailleurs dans cette époque qui fut marquante pour lui, en reprenant avec ferveur des succès des années 1990, interprétés par Laurence Jalbert, Francine Raymond, Marjo, sans oublier Les bras de Satan de Nelson Minville.
Invité par des amis à pousser la note au karaoké, David Corriveau se souvient de s’être senti parfois méprisé, durant sa jeunesse. On tolérait difficilement, explique-t-il, qu’un adolescent imite Céline Dion, en chantant des paroles écrites pour une femme, dont The Power of Love. Avec émotion, mais sans amertume, il ajoute que tout comme sa mère, il était perçu comme marginal.

Malgré tout, l’homme a poursuivi sa route et il a gradué au Conservatoire d’art dramatique de Québec, en 2008. Pour arrondir ses fins de mois, il s’est ensuite trouvé un travail de serveur dans un restaurant de la Place des Arts. Il a d’ailleurs des anecdotes hilarantes à raconter au sujet de ses clients.
Il a notamment rencontré Ginette Reno qui lui a dit: «C’est toé qui chante comme moé? Pourrais-tu m’en faire un petit bout ? Y’a pas grand monde dans le restaurant.»
Après avoir entendu l’imitateur, elle a tranché : «Tu chantes trop haut. Faut que tu descendes! Moi, je chante plus grave. Faut que tu regardes comment je parle, comment je bouge, mon émotion». L’homme a même été invité à assister à une répétition où il a pu observer durant plusieurs heures la légendaire interprète de Je ne suis qu’une chanson.
Le conte de fées se poursuit pour David Corriveau qui a été longuement ovationné à la Cinquième Salle, en se promettant de convier son public, éventuellement, à la salle Wilfrid-Pelletier! Chose certaine, ce comique a su développer un spectacle très personnel, où chaque imitation revêt une signification liée à son vécu d’être sensible dont l’enthousiasme est communicatif. On n’a pas fini d’entendre parler de ce nouveau venu!
David Corriveau est en tournée au Québec avec son spectacle 100 contrefaçons. https://productionsmartinleclerc.com/david-corriveau/
*Photos tirées de la page Facebook de David Corriveau

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