Marc-Yvan Coulombe / BabillArt Montréal
Pour la première fois, le nouveau directeur musical de l’Orchestre classique de Montréal, Andrei Feher, s’apprête à diriger l’OCM dans Le Messie de Händel. L’œuvre grandiose sera une fois de plus interprétée dans la crypte de l’oratoire Saint-Joseph, une tradition initiée par le regretté chef d’orchestre Boris Brott. Après les années tumultueuses que cet orchestre de chambre a traversé, maestro Feher est heureux dans ses nouvelles fonctions et il nous confie sa vision de l’avenir de l’OCM.

D’entrée de jeu, le trentenaire né en Roumanie souligne qu’il n’a dirigé Le Messie qu’une seule fois auparavant, dans son pays natal, en décembre 2024. «Je ne pensais pas que c’était dans mon répertoire! Diriger une telle œuvre exige des connaissances! Il faut savoir comment gérer» pareille partition, reconnaît-il.
Satisfait de sa première expérience à la direction du Messie, il est heureux d’y revenir avec l’OCM et ses invités. En plus des solistes, Jacqueline Woodley, (soprano), Camila Montefusco, (mezzo-soprano), Adam Luther (ténor) et Jamal Al Titi (baryton), les chœurs montréalais des Chantres musiciens et des Filles de l’île compléteront l’ensemble.
Une nouvelle ère qui commence bien
Dès son entrée en fonction à l’OCM, Andrei Feher a reçu des critiques élogieuses pour Mosaïque autochtone, un concert qu’il a dirigé à la Maison symphonique, en octobre dernier.
Rappelons que le maestro a été embauché, après le départ précipité de Jacques Lacombe qui a quitté son poste en juillet 2024, sur fond de discordes. Dans une publication sur Facebook, monsieur Lacombe avait souligné «l’existence d’un climat de travail néfaste», à l’Orchestre classique de Montréal.
«Je n’ai rien senti de cette problématique», affirme Andrei Feher. «Je ne me suis pas concentré là-dessus! C’est pas d’mes affaires! J’ai pas fait partie de ce problème là! Mon rôle est de diriger et je suis entouré de passionnés qui sont très impliqués dans la vie de l’orchestre.»
Si l’harmonie est revenue, le public n’est pas toujours aussi nombreux qu’on le voudrait aux concerts de l’OCM, reconnaît monsieur Feher, tout en soulignant que la situation s’améliore.
Il mentionne, entre autres, le succès de la première édition, en juillet 2025, du festival intitulé Journée classique à l’Oratoire. Avec ses concerts gratuits, cet événement qui vise à faire découvrir la musique classique au grand public, sera de retour l’an prochain. L’édition 2026 s’échelonnera sur deux jours (détails à venir).
Bref, le musicien semble emballé par ce nouvel épisode de sa vie artistique, lui dont la jeune carrière a été marquée par un cuisant revers. Nommé en 2018 comme directeur musical de l’Orchestre symphonique de Kitchener-Waterloo, Andrei Feher s’est retrouvé en fâcheuse position, lorsque cette formation a fait faillite en 2023. Deux ans plus tard, l’homme a visiblement tourné la page.

«Offrir quelque chose que les grands orchestre n’offrent pas»
«Ce dont je rêve, c’est de former, avec mes musiciens, une équipe de plus en plus solide pour que nos concerts fassent partie de la liste de tous les mélomanes. Je crois qu’on peut y arriver; il faut offrir quelque chose que les grands orchestres n’offrent pas.»
C’est justement ce que la direction de l’OCM a commencé à faire, il y a quelques années déjà, en programmant, notamment, l’opéra américain As One, en première québécoise, lors de la Semaine de sensibilisation aux réalités trans, en 2020.
L’Orchestre classique de Montréal a aussi connu un franc succès avec la présentation de l’opéra La Flambeau, du compositeur québécois d’origine haïtienne David Bontemps, dans le cadre du Mois de l’histoire des Noirs, en 2023.
«Il faut continuer de construire brique par brique pour que le nom de l’OCM soit plus central dans la vie culturelle de Montréal», conclut maestro Feher sur un ton teinté d’optimisme et de détermination.
Le Messie de Händel
Avec l’OCM, dirigé par Andrei Feher
Dans la crypte de l’oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal
Le 11 décembre, à 19h 30
Billets et détails: OCM

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