Fred Pellerin raconte les origines de son village avec l’OSM et Kent Nagano

«L’inopinée conception», à l’affiche jusqu’au 20 décembre

Marc-Yvan Coulombe / BabillArt Montréal

La Maison symphonique était remplie à craquer, mercredi soir, pour la grande première du nouveau spectacle de Fred Pellerin et Kent Nagano qui se retrouvent pour une 7e édition de leur traditionnel conte symphonique.

Le conteur nous entraîne dans un récit rocambolesque sur les origines de son village natal, où surviennent de nombreuses péripéties magnifiées par les envolées musicales de l’Orchestre symphonique de Montréal, dans une mise en scène simple et efficace de René-Richard Cyr.

«Conférence symphonique»

Fred Pellerin et l’OSM à la Maison symphonique / Crédit: Antoine Saito

Espiègle, Fred Pellerin nous rappelle d’entrée de jeu qu’il est natif de Saint-Élie-de-Caxton. «Ceux qui ne le savaient pas, vérifiez vos billets! Vous avez peut-être un ticket pour Casse-Noisette!», lance-t-il, déclenchant l’hilarité générale.

Du même souffle, le pince-sans-rire nous informe que, cette année, il ne faut pas s’attendre à un conte à proprement parler, mais plutôt à «une conférence symphonique».

Le but est de découvrir pourquoi son village a commencé à exister le 12 avril 1865, selon les documents historiques. «Je me suis toujours demandé pourquoi le 11 avril, il n’y avait pas de village et que le 12 avril, le village est apparu?»

Les premières pages des archives municipales ayant disparu, on s’était toujours contenté de réponses nébuleuses mais, grâce aux recherches de Fred, basées sur des recoupements d’approximations, la vérité est enfin inventée!

On apprendra comment le jeune curé du village et une veuve surnommée «la roulette rousse», ainsi qu’une enfant aux cheveux blancs ont marqué l’histoire naissante de la paroisse. Toussaint Brodeur, Méo le coiffeur et autres figures emblématiques de l’univers de Pellerin ont aussi leur mot à dire dans ces élucubrations.

Malgré une certaine impression de déjà-vu, puisque ce conte se permet des emprunts à des spectacles précédents, c’est loin de gâcher notre plaisir! Après tout, quand on va voir un artiste sur scène, on aime bien qu’il reprenne certains de ses succès.

Tout en sondant les mystères de l’existence collective, le conteur ne s’éloigne jamais du côté comique de son propos. On se bidonne, entre autres, en suivant sa chasse aux archives dans la voûte de sa municipalité.

Kent Nagano et Fred Pellerin / Crédit Antoine Saito

Et puisque l’histoire se joue parfois sur un coup de dé, le maestro Nagano sera appelé à démontrer ses habiletés au baseball en frappant, avec sa baguette, un dé imaginaire lancé par Pellerin.

Certaines pièces musicales prolongent judicieusement les fabulations de L’inopinée conception.

On se laisse emporter, entre autres, par la flamboyante Entrée des dieux au Walhalla de L’or du Rhin de Wagner, en début de soirée.

Short ride in Fast Machine de John Adams s’intègre bien à ce récit mouvementé.

La toujours populaire Berceuse de Brahms et des extraits de l’«Ode à la joie» de Beethoven sont aussi chaudement applaudis.

Par contre, la bruyante pièce Tremblement de terre, commandée par l’OSM à Yuliya Zakharava, m’a semblé alourdir ce programme déjà éclectique.

Même si la conclusion du conte traîne en longueur, la soirée se termine harmonieusement alors que Fred Pellerin interprète Amène-toi chez nous de Jacques Michel dans de fins arrangements de Yuliya Zakharava. Enchanteur!

«L’inopinée conception» avec Fred Pellerin et l’OSM / Crédit: Antoine Saito

Les cinq représentations de L’inopinée conception affichent complet mais, ce spectacle sera présenté à la télé et à la radio, au cours des prochains jours.

L’enregistrement de la représentation du 17 décembre sera notamment diffusé sur ICI Télé, le 23 décembre à 20h, de même que sur ICI MUSIQUE, le 23 décembre à 20h et le matin du 25 décembre, à 8h.

L’horaire des rediffusions est par ici.

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *