Festival de Lanaudière: ouverture ce soir avec Carmina Burana

Marc-Yvan Coulombe / BabillArt Montréal

Nous y sommes; la 48e édition du Festival de Lanaudière s’ouvre ce soir, 4 juillet, avec une oeuvre chérie du grand public: Carmina Burana, interprétée par Rafael Payare et l’OSM, avec Les Petits chanteurs du Mont-Royal.

D’ici le 3 août, 25 concerts seront présentés, notamment à l’Amphithéâtre Fernand-Lindsay. En plus des talents d’ici, on accueillera des vedettes internationales dont le chef d’orchestre Leonardo García Alarcón et son ensemble Cappella Mediterranea, spécialisés en musique baroque.

Yannick Nézet-Séguin et l’Orchestre Métropolitain, entourés de chanteurs wagnériens, interprèteront Tristan et Isolde de Wagner, en avant-première d’une nouvelle production au Metropolitan Opera de New York.

«On récolte les fruits de ce qu’on a semé»

La bonne humeur est bien audible dans la voix du directeur artistique du Festival, Renaud Loranger, en entrevue téléphonique, mercredi, à 48 heures de la soirée d’ouverture. «Nos ventes de billets vont remarquablement bien! Elles sont comparables à ce qu’on enregistrait à pareille date l’an dernier. C’est de bon augure car, en 2024, nous avons reçu 35 000 festivaliers, ce qui a dépassé toutes les attentes! Ça nous a même permis d’établir un nouveau record de revenus de billetterie pour le Festival.» 

Cette année encore, on démarre avec une valeur sûre, reconnaît Monsieur Loranger, en soulignant que «Carmina Burana n’avait pas été donnée à Lanaudière depuis 2012.»

Plusieurs autres concerts au programme pourraient aussi attirer des foules nombreuses. On pense, entre autres, à la célèbre Akademie für Alte Musik Berlin qui viendra interpréter deux oratorios de Felix Mendelssohn, avec plusieurs solistes réputés, ainsi que les jeunes chanteurs de la Audi Jugendchorakademie, les 18 et 19 juillet.

Le Festival de Lanaudière peut aussi se targuer d’accueillir le contre-ténor argentin Franco Fagioli qui chantera pour la première fois au Canada, le 26 juillet. Le lendemain, Yannick Nézet-Séguin et l’OM partageront la scène avec la star américaine d’origine chinoise Yuja Wang qui interprétera les deux concertos pour piano de Ravel.

Renaud Loranger, directeur artistique du Festival de Lanaudière

«On récolte les fruits de ce qu’on a semé» se réjouit Renaud Loranger qui en est à sa septième année à la direction artistique du Festival. Au fil des ans, nos invités internationaux ont apprécié ce qu’ils ont vécu chez nous et plusieurs sont prêts à construire leur visite en Amérique, à partir de Lanaudière.»

Mais, tout n’est pas rose pour autant! «Tous les intervenants du milieu culturel vous le diront: on doit composer avec une structure de coûts de plus en plus lourde! Nos gouvernements doivent réagir! Si non, on pourrait s’approcher d’un point de rupture!»

Leonardo García Alarcón et ses musiciens au Festival de Lanaudière, en 2023

Monsieur Loranger vit en Europe depuis plusieurs années. Il a notamment supervisé des productions d’opéras et des enregistrements solo de célèbres personnalités vocales telles qu’Anna Netrebko et Bryn Terfel. L’implication de l’État et l’ampleur des moyens mis en place pour le financement de la culture sur le Vieux Continent contrastent cruellement avec ce qu’il observe dans la Belle Province.

«Ça me rappelle ce qu’un mécène m’avait dit il y a plusieurs années. Il déplorait qu’au Québec, on ait construit l’État-providence autour de la santé et de l’éducation, en laissant de côté la culture qui est pourtant fondamentale. Le budget de la culture mérite d’être augmenté! Le temps est venu d’avoir des états généraux sur la culture!»

Le facteur Trump

Cela dit, la multiplication des tarifs de l’administration Trump a-t-elle un impact sur l’organisation du Festival? Non, répond-t-il. Mais il est tout de même préoccupé de voir que les instrumentistes de l’ensemble Cappella Mediterranea ne pourront se produire chez nos voisins du sud, parce qu’ils n’ont pas réussi à obtenir leurs visas. «Si les États-Unis ne font plus partie de l’équation, les musiciens étrangers seront sans doute moins tentés de venir en Amérique.»

Pour l’instant, «le Festival continue d’être en bonne posture. On est dans une phase de consolidation.» C’est donc dans un contexte favorable que Clément Joubert a été nommé, l’automne dernier, directeur général, à la suite du départ de Xavier Roy, qui occupait ce poste depuis 4 ans.

Un 50e anniversaire en vue

Quant à Renaud Loranger, il a déjà des idées en tête pour les célébrations du 50e anniversaire du Festival de Lanaudière qui pourraient s’échelonner sur les éditions de 2027 et 2028.

Ce globe-trotter lanaudois continuera donc à faire régulièrement la navette entre l’Europe et le Québec, «le plus longtemps possible! J’ai grandi ici et plus on vieillit, plus on chérit son patelin! Mon contrat se termine en 2027 mais, je continuerai tant qu’on voudra de moi. Ce travail est un exercice qui produit beaucoup de bonheur!»

Pour voir les détails de la programmation de l’édition 2025 du Festival de Lanaudière: https://lanaudiere.org/fr/

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