Gala de l’ADISQ: du sang, de la sueur et des larmes!

Claude Côté / Collaboration spéciale pour BabillArt Montréal

Une horde de statuettes à l’effigie de Félix Leclerc ont été remises le 5 novembre dernier au grand plaisir des artisans d’un écosystème musical effervescent et diversifié. Une bonne mise en bouche avant le BIG Gala de ce dimanche animé par l’humoriste Pierre-Yves Roy-Desmarais sur les ondes de Radio-Canada.

Enfin quelque chose qui s’éloigne de l’omniprésent courant actuel: un Gala qui remet pas moins de 24 Félix en un peu plus de 75 minutes; c’est le rythme qu’il faut garder! Ça roule ma poule, sans perfo musicale, ni temps morts. Denise Filiatrault aurait approuvé!

Le Gala debout qui fait du bien!

ADISQ – Gala de l’industrie 2025 / Crédit Sylviane Robini

Il y a une manifeste décontraction dans laquelle baigne cette remise de prix. Relationnistes de presse, réalisateurs, arrangeurs, vidéastes, concepteurs d’éclairage, de son, de mise en scène, scripteurs, gérants, producteurs, diffuseurs, pisteurs radio, organisateurs de festivals, tous les métiers de l’ombre de l’industrie musicale au Québec y sont récompensés.

Et l’on ne parle même pas des artisans de la radio, qui eux, ont l’occasion de voir leur travail reconnu et récompensé lors des Rencontres de l’ADISQ, quelques semaines auparavant.

Dans l’enceinte lumineuse du Piano Nobile de la Salle Wilfrid-Pelletier de la Place-des-Arts, les quelques centaines de personnes présentes ont vu Claudine Prévost briller à l’animation, (depuis 20 ans!) avec le ton parfait, la réserve qui s’impose.

La grande particularité: personne n’est assis. Sauf bien sûr, les invités de marque, comme Robert Charlebois, Michel Rivard et Pierre Huet pour ne nommer que ceux-là, qui étaient postés sur le palier supérieur avec une vue en plongée sur le déroulement du gala.

Alain Simard, honoré par l’ADISQ / Crédit: Sylviane Robini

La raison? L’hommage à Alain Simard, reconnu pour avoir mis sur pied trois de nos plus grands festivals: le Festival international de jazz de Montréal et les FrancoFolies de Montréal, ainsi que Montréal en Lumière et sa Nuit blanche. Cette figure marquante du domaine du divertissement au Québec recevait enfin son Félix-hommage.

La vidéo témoignant de ses réalisations échelonnées sur plus de 50 ans était fort bien dosée! Simard a descendu le grand escalier menant à la petite scène visiblement ému. Son message à la toute fin de son discours s’adressait à toutes ces jeunes pousses du showbiz à quelques mètres de lui. Je paraphrase, mais ça ressemblait à: «S.V.P., continuez le travail; soyez vigilants, face à ce qu’on fait de votre musique», message évident en faveur de la réglementation des géants du web et de la redistribution des droits.

Moment cocasse

Julie Basse et son collègue Philippe Léonard (meilleure conception d’éclairage pour le spectacle de Elisapie). On a rien entendu de leurs remerciements à la maison, elle n’arrivant pas à la hauteur du micro sur pied et lui, le dépassant largement!

Moment solidaire

Le patron de Torpille, Jean-François Blanchet qui invite les quatre autres nommés dans sa catégorie, à se joindre à son équipe. À proscrire au Gala de dimanche! C’est du direct et chaque seconde est comptée! Beau geste, toutefois.

Jamais sans ma gang!

Le sympathique directeur de Odyscène à Gatineau, diffuseur de l’année, est venu au Gala avec une délégation de dix personnes, toutes présentes derrière lui sur l’étroit podium!

Pas barré, Steve Jolin, patron du label 7e Ciel, est venu chercher son Félix de Producteur d’album de l’année, en compagnie de dix personnes. On vit çà intensément, en région!

Moment cocasse (2)

L’éditrice et grande décideuse de Bloc Notes Musique, Diane Pinet, qui était absente au moment de l’annonce victorieuse de son agence mais qui, heureusement, a rebondi in extremis pour la photo avec son trophée. L’honneur est sauf!

Il était temps

Le Festif! de Baie-St-Paul, Événement de l’année, après dix-sept ans d’existence. Avec La Noce, au Saguenay, voilà deux rendez-vous estivaux incontournables!

Il était temps (2)

Six Média qui remporte son tout premier Félix après seize ans d’existence! Les relationnistes de presse Simon Fauteux et Patricia Clavel sont ferrés dans les musiques de niche et leur apport au sein des artistes membres de l’ADISQ est une solide corde à leur arc. Parlez-en à Daniel Bélanger, Melissa Auf der Maur, Dominique Fils-Aimé, le Panthéon des auteurs et compositeurs canadiens, etc. Des vrais de vrais!

Le moment : ben là, ça suffit!

Lou-Adriane Cassidy, autrice-compositrice-interprète / Crédit: Julien Faugere

Lou-Adriane Cassidy et son équipe technique qui raflent un paquet de trophées: arrangements, pochette d’album, réalisation (Alexandre Martel), mise en scène, mixage, etc. La séquence gagnante s’est poursuivie en soirée lors du Premier gala. On sent qu’elle aurait voulu que d’autres gagnent tellement c’était polarisant. Bravo, mademoiselle de Québec, c’est vraiment votre année! Et bravo à Krista Simoneau, sa gérante, qui a joué sa partition à la perfection.

En fait, l’autrice-compositrice-interprète et ses collaborateurs ont raflé pas moins de huit Félix, lors du Premier Gala de l’ADISQ et du Gala de l’industrie. Lou-Adriane Cassidy s’est notamment emparée du Félix de l’album de l’année (choix de la critique) pour Journal d’un Loup-Garou.

Nouveaux visages

Un mot rapide sur le Premier Gala diffusé sur Télé-Québec le 5 novembre? Ce fut une bonne bouffée d’air frais!

Content pour le pianiste et compositeur Jérôme Beaulieu et Misc son trio: le discours de remerciement le plus senti de la soirée! Et ce Beat Bouquet, le nouvel album de Misc est une grande cuvée! La catégorie jazz est en mutation les amis! De voir la jeune guitariste du House Band, Éléonore Pitre, approuver avec les deux pouces en l’air, l’arrivée des trois gars, en dit long sur notre scène musicale actuelle. Beau à voir, cet élan d’affection et d’amitié!

Oui, il y a bien eu la réconfortante Viviane Audet et ses mélodies hors du temps au piano, parmi les moments forts du gala; une vraie consécration!

Choses Sauvage et leur musique défouloir sans écorcher les tympans, est venu mettre un peu d’action avec une performance coup de poing, comme une catharsis qui sème le trouble. Voilà un groupe apte à tailler de la pop au mètre.

Plusieurs artistes recevaient pour la première fois un Félix. C’est bon signe! C’est toute l’industrie qui assure sa pérennité avec ces nouveaux visages!.

Le 47e Gala de l’ADISQ, animé par Pierre-Yves Roy-Desmarais, sera présenté dimanche, 9 novembre, à 20h, sur ICI Télé.

*Photo d’accueil / Sylviane Robini

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