Marie-Élaine Thibert a su éblouir son public avec les chansons de Dalida, en s’offrant un lancement de disque au chic Caf’ Conc’ du Château Champlain, mardi soir. Entourée de plus de 10 musiciens et choristes, cette passionnée de grandes chansons françaises n’essaie pas d’imiter Dalida mais, ses interprétations n’en sont pas moins pétillantes! Au programme, entre autres, l’incontournable Paroles, Paroles et devinez qui hérite du rôle d’Alain Delon?

Non, Madame Thibert ne roule pas ses «r»! Et pourtant, lorsqu’elle s’avance sur scène en chantant Les grilles de ma maison, on est tout de suite pendu à ses lèvres, comme si on entrait dans l’univers mystérieux de Dalida. Le titre même du nouvel album de Marie-Élaine évoque d’ailleurs l’adresse légendaire du «1 bis, rue d’Orchampt», à Paris, où l’icône au destin tragique aura vécu près de la moitié de sa vie.
Cette entrée en matière est suivie d’un grand classique de la chanson française. Dès les premières mesures de Paroles, paroles, un homme à la voix grave s’avance sur scène, au grand bonheur de la foule ravie de voir Messmer dans le rôle du séducteur qui offre des «caramels, bonbons et chocolats» à l’élue de son coeur. Mais, rien n’y fait!
«Tu peux bien les offrir à une autre…» rétorque son interlocutrice, visiblement amusée d’entraîner ainsi l’hypnotiseur, hors de sa zone de confort. Tous les deux jouent délicieusement le jeu et s’en donnent à coeur joie, avec la complicité du saxophoniste Richard Beaudet. Moments magiques!
Les arrangements de Rémy Malo, mari de la chanteuse, apportent une touche actuelle aux pièces de Dalida, sans les dénaturer. On remarque, entre autres, une version enlevante de la chanson Besame Mucho qui flirte parfois avec des rythmes de musique arabe. Les mélanges de styles semblent refléter la personnalité de cette artiste d’origine italienne née en Égypte et naturalisée française.

Admiratrice de longue date de Dalida, Marie-Élaine admet qu’elle aurait aimé vivre dans la peau de cette star mais, pour «quelques jours seulement», rappelant que «la mort a rôdé autour» de cette femme tourmentée qui s’est finalement suicidée à l’âge de 54 ans.
L’interprète souligne à juste titre que, sous ses airs joyeux, le tube Darla dirladada, est un texte sur le suicide: « Je n’ai qu’une amie la rivière, elle fait darla dirladada, court le furet file la vague, je vivrai dans un monde d’algues…»
Cette ancienne mélodie de folklore grec sera néanmoins chantée avec une joie communicative, en compagnie du choeur montréalais Afrika Intshiyetu.

Il venait d’avoir 18 ans, Gigi l’amoroso, Pour ne pas vivre seul et Parlez-moi de lui, notamment, s’imposent aujourd’hui encore avec leurs textes finement imagés et leurs grandes mélodies qui semblent taillées sur mesure pour Marie-Élaine.
Très en voix, elle se permet même d’interpréter Mourir sur scène en dansant une sorte de tango de la mort avec le chorégraphe et danseur Jessy Gauthier.
Les bienfaits de Star Académie
Révélée au public lors de la première mouture québécoise de l’émission Star Académie en 2003, Marie-Élaine poursuit sa carrière florissante en lançant un album produit par un autre ex-académicien: Maxime Landry. Le gagnant de l’édition 2009 de Star Académie se joint d’ailleurs à elle pour l’immortelle J’attendrai.

Après un lancement d’une telle envergure, tous les espoirs sont permis pour «1 bis, rue d’Orchampt». D’ailleurs, avant de quitter la scène, Messmer s’est amusé à hypnotiser le public en disant: «Vous aurez l’envie irrésistible de repartir avec l’album ce soir.»

Spectacles à venir : https://marieelainethibert.com/
*Photos tirées de la page Facebook de Marie-Élaine Thibert.

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