C’était soir de première, en ce mardi, à la Place des Arts. Un public largement constitué d’adolescentes était au rendez-vous pour la comédie musicale américaine Mean Girls (Méchantes ados), une adaptation du film Lolita malgré moi, paru en 2004.
Chose certaine, les multiples rebondissements de cette histoire donnent lieu à des répliques cyniques et hilarantes, où l’on reconnaît bien la griffe de la scénariste américaine Tina Fey, créatrice de la série télévisée « 30 Rock ».
Porté par une distribution étincelante, Mean Girls nous laisse toutefois sur notre faim au point de vue musical…

Jusqu’où aller pour se faire accepter?
Après avoir vécu son enfance au Kenya, Cady, 16 ans, emménage aux États-Unis. Cherchant à se tailler une place dans sa nouvelle école secondaire, elle se lie d’amitié avec deux jeunes qui sont aussi des marginaux, Damian étant gai et Janis ayant la réputation d’être, elle aussi, homosexuelle.
Puis, Cady fait la connaissance de Regina, la terrible reine des « Plastics », bande qui domine toutes les autres dans l’école. Maya Petropoulos est magistrale en Regina, personnage cruel aux moqueries assassines. À ses côtés, Joshua Morrisey incarne un Damian qui a le sens de la répartie en plus d’être remarquable dans les numéros de danse à claquettes.
Ce duo flamboyant éclipse, en quelque sorte, Katie Yeomans qui joue avec une certaine réserve son rôle de Cady, jeune fille hésitante plongée dans un monde inconnu. Ce contraste entre la protagoniste (Cady) et l’antagoniste (Regina) correspond sans doute à ce qui se produirait dans la réalité, advenant qu’une élève ingénue soit ainsi confrontée à pareille situation.
Décalage
Plus de 20 ans après la parution du film Mean Girls, ce scénario tient la route. À vrai dire, les réseaux sociaux accroissent considérablement les tensions en milieu scolaire.
Par contre, la musique de Jeff Richmond ne me semble pas coller à l’univers des jeunes d’aujourd’hui, bien que les paroles de Nell Benjamin tapent parfois dans le mille. Entre autres, What’s Wrong With Me? résonne comme un cri du cœur au sujet de l’insécurité. Avec sa superbe voix, Kristen Amanda Smith, l’interprète du personnage de Gretchen, nous fait vivre, ici, l’un des temps forts de la soirée !
Quelques chansons font un clin d’œil aux ballades émancipatrices, à la façon de Pink et Katy Perry. On pense, entre autres, à It Roars et Fearless, mais le style et les sonorités de ces pièces demeurent plutôt vagues, voire impersonnels.
Pire encore, aucun refrain de ce spectacle de plus de deux heures ne nous reste en mémoire.
Pourtant, cette troupe réunit des chanteurs de haut vol et les arrangements vocaux irradient dans ce spectacle où les personnages deviennent des choristes en soutien aux solos, duos, trios, etc.
Quant aux chorégraphies de Casey Nicholaw, elles sont toutes interprétées énergiquement! C’est joli mais, on ne retient rien de vraiment original, côté danse.

Bref, c’est surtout quand elles parlent que les vedettes de Mean Girls dégagent un charme comique particulier. D’ailleurs, il est souhaitable de bien maîtriser l’anglais pour se délecter de cet humour caustique et plus profond qu’il en a l’air.
Mean Girls
Du 22 au 27 avril à la Salle Wilfrid-Pelletier de la PDA.
Les représentations sont en anglais.
Comédie musicale présentée par Broadway Across Canada
*Photos fournies par evenko

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