Marc-Yvan Coulombe / BabillArt Montréal
Soir de retrouvailles magiques avec Murray Head, en ce 30 mai, au Théâtre Maisonneuve, fort bien rempli pour le «Farewell Tour» de cette icône des années 70 et 80. Ceux qui étaient venus surtout pour réentendre les grands succès tels que Say It Ain’t So, Joe et One Night in Bangkok ont aussi découvert plusieurs perles du répertoire de cet auteur-compositeur-interprète britannique qui a même chanté dans Jesus Christ Superstar. En grande forme, l’artiste de 79 ans a offert un spectacle de deux heures sans entracte et sans temps mort!
D’Angleterre et de France
Après avoir ouvert le bal sur le rythme country-folk de How Can A Poor Man Stand Such Times And Live, ce natif de Londres et francophile de longue date n’a pas tardé à se décrire avec une joyeuse autodérision. «J’ai un pied en Angleterre, l’autre en France et les couilles dans la Manche, ce qui n’est pas drôle en hiver!», lance-t-il avec espièglerie.
À mesure que le spectacle avance, on est fasciné par la diversité des styles et des thèmes qu’il a chanté en plus de 50 ans de carrière. D’ailleurs, la douce ballade Boy on the Bridge, enregistrée il y a un demi-siècle, reflète encore aujourd’hui l’ambivalence de la jeunesse devant la liberté de choix.
Avec Say It Ain’t So, Joe, l’artiste raconte qu’il voulait faire passer un message politique mais, le public a plutôt adopté ce morceau comme une ballade sentimentale propice aux rencontres amoureuses. «Finalement, je n’ai fait qu’encourager la procréation», blague-t-il.
Aux côtés de ses chansons introspectives et enjouées, dont Love Yourself, plusieurs titres blues-rock retrouvent aussi leur lustre, grâce à cinq musiciens dont la plupart sont multi-instrumentistes. Le violon et le saxophone, entre autres, viennent magnifier de nombreuses pièces.
Vocalement, le septuagénaire peine parfois à atteindre les nombreuses notes aigues qui caractérisent plusieurs de ses mélodies. Malgré tout, il reprend énergiquement le thème de Jesus Christ Superstar, en nous rappelant qu’il interprétait le rôle de Judas Iscariote sur l’album original de cet opéra-rock, sorti en 1970.
Le groove est au rendez-vous, qu’il s’agisse de la sombre Last Days Of An Empire ou de la mordante Who Do You Think You Are, dédiée à Tony Blair, ancien Premier ministre du Royaume-Uni.
S’exprimant tantôt en anglais, tantôt en français, ce verbomoteur nous rappelle aussi sa collaboration avec Luc Plamondon, en guise d’introduction à la romantique Comme des enfants qui jouent, un titre paru seulement au Québec.

Chaleureux, le visiteur britannique est descendu au parterre pour voir de près son public conquis qui a multiplié les ovations au cours de la soirée. Évidemment, l’ultime rappel aura été One Night in Bangkok, une bombe pop qui a enflammé les discothèques au milieu des années 1980.
Après toutes ces années, la magie opère toujours! Murray Head en est-il vraiment à son dernier tour de piste? Devant une pareille performance, la question se pose. D’ailleurs, le mot «farewell» qu’on traduit par «adieu» signifie plutôt «aurevoir».
Le Londonien poursuit son Farewell Tour au Grand Théâtre de Québec le 1er juin, puis à l’Amphithéâtre Cogeco de Trois-Rivières, le 3 juin.
*Photos de Murray Head au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts, le 30 mai 2025 / Crédit: Marc-Yvan Coulombe.

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