«Neiges»: l’esprit d’André Gagnon illumine la Maison symphonique

Marc-Yvan Coulombe / BabillArt Montréal

Grâce à la musique d’André Gagnon, l’Orchestre Métropolitain a rempli la Maison symphonique, trois fois, en fin de semaine, avec un concert soulignant les 50 ans de l’album Neiges. En plus de l’OM, dirigé par Léa Moisan-Perrier, les pianistes Julie Lamontagne et Rousso, ainsi que le violoniste trad David Boulanger et le Choeur Métropolitain étaient à l’honneur dans cet hommage au compositeur qui s’est éteint en 2020, à l’âge de 84 ans.

Les pianistes Julie Lamontagne et Rousso avec l’OM / Crédit: François Goupil

Des spectateurs de 7 à 77 ans étaient au rendez-vous, dimanche matin, pour Neiges : L’OM célèbre André Gagnon; un bon nombre de grands-parents y avaient vraisemblablement invité leurs descendants à assister avec eux à ce concert-événement. Petits et grands ont d’ailleurs suivi attentivement ce voyage musical qui s’est déroulé sur une scène parfois illuminée de boules disco.

Floconnade et bourrasque festive

Dès les premières mesures de L’ouverture-éclair jouée au piano par Julie Lamontagne, l’émotion s’installe! On se rappelle, instantanément, la touche caractéristique du pianiste, né Joseph Gérard André Guy Gagnon, qui était le plus jeune d’une famille de 19 enfants.

Suivra Dététhoven, un morceau très rythmé, inspiré de la musique de Beethoven et fort bien réarrangé par François Vallières. La griffe de ce dernier est particulièrement audible sur Ta Samba, où le pianiste Xavier Rousseau, alias Rousso, est appuyé par des cuivres qui apportent de nouvelles couleurs à ce tube irrésistiblement dansant!

Par contre, l’OM manque de vigueur dans l’ouverture du Petit concerto pour Carignan et orchestre, composé en l’honneur du célèbre violoneux Jean Carignan. La cheffe Moisan-Perrier semble, hélas, s’accommoder de cette tiédeur! Heureusement, grâce à l’énergique violoniste trad, David Boulanger, ce titre phare de l’album Neiges finit par retrouver son énergie contagieuse et le public se met à taper des mains spontanément!

Le violoniste trad David Boulanger avec l’Orchestre Métropolitain / Crédit: François Goupil

Puis, arrive la pièce tant attendue, Wow, véritable hymne disco qui a résonné bien au-delà de nos frontière, au fil des ans. Les contrebassistes de l’Orchestre Métropolitain brillent dans cette partition iconique mais, il est bien difficile, voire impossible, de rivaliser avec le solo de basse électrique de Jean-Guy Chapados, indissociable de ce ver d’oreille. On a donc, ici, une relecture moins flamboyante que l’enregistrement original.

Quant à l’imposant choeur, il s’illustre surtout dans la pièce-titre de l’album mais les hommes, nettement minoritaires, sont bien souvent pratiquement inaudibles!

La cheffe Moisan-Perrier nous présente ensuite avec enthousiasme les pièces choisies pour compléter le programme. Or, la suite du concert m’a semblé décousue avec, entre autres, un extrait d’un Magnificat du compositeur américain Taylor Scott Davis, des arrangements choraux de chansons dont L’amour a pris son temps (Nathalie Simard) et un extrait du Gloria du compositeur britannique, John Rutter.

Malheureusement, ces greffons créent une rupture de ton. Il aurait sans doute été préférable de continuer avec des œuvres emblématiques d’André Gagnon, puisque c’est bel et bien pour lui que nous étions tous réunis. On aurait pu profiter des imposants effectifs de l’OM pour jouer, entre autres, des extraits des ingénieuses Turluteries où Gagnon reprenaient des thèmes de chansons de La Bolduc sous forme de musique baroque. Et puis, pourquoi ne pas en avoir profité pour interpréter la pièce monumentale Le Saint-Laurent, si rarement jouée en public?

Cela dit, on applaudit l’idée de faire revivre en entier un album marquant de la musique québécoise! On se réjouit d’avoir vu l’Orchestre Métropolitain réussir son pari, puisque le public était au rendez-vous trois fois plutôt qu’une! Enfin, si jamais il y a des représentations supplémentaires, pourquoi ne pas compléter le concert avec d’autres classiques du regretté pianiste qui a gravé des dizaines d’albums?

La cheffe Léa Moisan-Perrier applaudit les solistes David Boulanger, Rousso et Julie Lamontagne / Crédit: François Goupil

Neiges : L’OM célèbre André Gagnon

Trois représentations ont eu lieu à la Maison symphonique, les 13 et 14 décembre 2026.

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