Au Coup de coeur francophone 2025
Marc-Yvan Coulombe / BabillArt Montréal
Un émerveillement presque enfantin planait sur les retrouvailles avec Albin de la Simone, au Théâtre Outremont, samedi soir, dans le cadre de Coup de coeur francophone 2025. L’auteur-compositeur et multi-instrumentiste qui a gravé huit albums et collaboré avec, entre autres, Pierre Lapointe, Alain Souchon et Vanessa Paradis, a su ajouter une superbe corde à son arc! En plus de chanter et de s’accompagner au piano ou à la guitare, cet ancien étudiant en arts plastiques nous raconte des fragments de sa vie en dessinant, en direct, des croquis qui illustrent ses propos!
Avec simplicité

L’artiste français qui a lancé, plus tôt cette année, un nouveau disque et un recueil de textes et de dessins, allie ses nombreuses passions artistiques sur scène.
D’entrée de jeu, pendant qu’un enregistrement de sa pièce instrumentale Soleil résonne dans les haut-parleurs, le quinquagénaire s’assoit, un peu comme un enfant et il se met à dessiner sur sa tablette. On voit alors apparaître sur un écran, situé au fond de la scène, un ciel où «l’astre du jour» brille, malgré quelques nuages. Puis, ce sont les lettres de Montréal qu’il dessine une à une en jaune comme le soleil, pour symboliser sa joie d’être de retour chez nous. Brillant! Touchant!
Ce spectacle, dont l’imagerie se renouvelle continuellement, met en lumière des pièces de son nouvel opus, intitulé Toi Là-Bas, où il reprend certains morceaux qu’il avait déjà enregistré, dont la troublante, Pourquoi on pleure?

C’est aussi un tour d’horizon de son riche répertoire, où l’humour s’immisce à travers des questions existentielles, comme dans la chanson titre de son disque de 2023 : «Qu’est-ce que tu fais Les cent prochaines années? Je te verrais bien Les cent prochaines années Et après on voit».
Sans prêchi-prêcha, notre homme chante Moi Moi, en décrivant l’égocentrisme avec une dose de cynisme. Seul sur scène, le poète semble plutôt pencher pour l’humilité, en reprenant l’un des fleurons de son répertoire : «J’espère que tout ça va tenir Sur mes épaules, mes épaules, mes épaules Pas bien carrées… pas baraquées».
Pince-sans-rire, ce quinquagénaire, né d’un père musicien et d’une mère qui l’a initié à la littérature et aux arts plastiques, dévoile des souvenirs d’enfance à la fois cocasses et porteurs de leçons de vie. On est suspendu à ses lèvres, notamment, durant le récit de sa fâcheuse mésaventure avec un fusil à plomb. Non seulement ses dessins en direct clarifient cette histoire inquiétante mais, ils y ajoutent une touche de suspense! Bien joué!
Au rappel, il nous revient avec, entre autres, l’un de ses plus beaux refrains, Le grand amour, suivi de sa version très personnelle de Ma gueule, tube emblématique de Johnny Hallyday.
Albin de la Simone regarde ainsi dans le rétroviseur, sans nostalgie, avant de chanter, entre autres, Avenir. Malgré ses tiraillements, l’artiste demeure serein et amoureux de son public qui le lui rend bien!

Albin de la Simone, était en spectacle au Théâtre Outremont, le 8 novembre, dans le cadre de Coup de coeur francophone.
*Crédit: Marianna Georgiadis

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