Aldo Nova: de la visite rare au Cabaret du Casino de Montréal!

Marc-Yvan Coulombe / BabillArt Montréal

À 19h 35, le 31 janvier 2026: les premiers accords d’un concert inespéré résonnent dans le Cabaret du Casino de Montréal! Après 35 années d’absence sur les scènes de sa ville natale, il est là devant nous, Aldo Nova, le rocker qui a grandi à Rivière-des-Prairies, avant de connaître la gloire dès 1982, avec son premier album qui s’est hissé à la huitième position du Billboard. Ce musicien, qui a aussi collaboré avec Céline Dion, nous a démontré, en ce soir de retrouvailles, que sa passion est restée intacte!

«Montréal, c’est ma ville»

Après avoir ouvert le bal avec Modern World, une pièce de son album de 1991, arrangé et produit avec Jon Bon Jovi, le Montréalais enchaîne avec Monkey on your Back, un titre de 1983 que ses admirateurs semblent connaître par coeur.

On est tout de suite plongé dans un grisant voyage dans le temps! D’ailleurs, le chanteur porte une chemise léopard qui n’est pas sans rappeler la combinaison moulante dans laquelle il apparaît sur la vidéo de son tube Fantasy.

Maintenant âgé de 69 ans, l’artiste demeure un remarquable guitariste mais, sa voix n’a plus la souplesse et la justesse d’autrefois. On mise donc plutôt sur la musique.

Ça va d’ailleurs rocker durant 75 bonnes minutes, avec la collaboration de quatre instrumentistes, dont un guitariste et un bassiste hyperactifs qui ajoutent une généreuse part de dynamisme à ce spectacle où renaissent, entre autres: Under The Gun, Foolin’ Yourself et Ball And Chain.

Au-delà de ses chansons, on sent qu’Aldo Nova veut remettre certaines pendules à l’heure. S’exprimant surtout en anglais, il souligne à plusieurs reprises qu’il est bel et bien québécois, même si c’est aux États-Unis qu’il a vécu les sommets de sa carrière.

«Montréal, c’est ma ville!», rappelle-t-il, en évoquant avec humour certains moments de sa jeunesse. Il a vécu dans d’autres pays et d’autres villes, «mais, ici c’est chez nous», insiste-t-il.

D’ailleurs, même si Aldo Nova se fait rare depuis longtemps, on sait qu’il a contribué au rayonnement de plusieurs artistes québécois. Il a notamment remporté, en 1997, le prix Grammy de l’Album de l’année, en tant que coproducteur de Falling into You de Céline Dion. Dix ans plus tôt, il avait déjà collaboré avec «la diva de Charlemagne» pour son album Incognito.

Il a aussi partagé son expertise avec Éric Lapointe, en signant la réalisation du disque Obsession, en plus de coécrire N’importe quoi, grand succès de cet opus, paru en 1994.

Cela dit, on ne sent pas d’amertume chez ce vétéran dont les talents mériteraient sans doute d’être davantage célébrés au Québec. Loin de s’apitoyer sur son sort, le sexagénaire qui s’est fracturé une vertèbre cervicale, l’an dernier, s’en est visiblement bien remis.

Il reprend d’ailleurs avec une passion juvénile, les Fallen Angel, Hot Love, Blood On The Bricks et Medicine Man, au grand plaisir de l’assistance nombreuse et enthousiaste! Entre deux morceaux, un spectateur lui a même crié de ne pas attendre 35 ans pour revenir!

Enfin, les fidèles admirateurs d’Aldo n’ont pas hésité un instant à se lever pour entonner à pleine voix, Fantasy, le plus grand succès de Nova. Cette pièce est considérée comme l’un des premiers exemples du hair metal, un sous-genre du heavy métal, très populaire dans les années 1980.

Avec sa mélodie accrocheuse et ses énergiques riffs de guitare, ce morceau demeure électrisant, plus de 40 ans après sa création. D’ailleurs, en ce samedi soir mémorable, des centaines de spectateurs aux cheveux gris et parfois blancs semblaient avoir retrouvé leurs 20 ans!

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