Marc-Yvan Coulombe / BabillArt Montréal
Le dernier spectacle des Ballets Jazz Montréal, La revue finale, est une chorégraphie empreinte d’humour du Norvégien Jo Strømgren. Même si on en parle depuis près d’un an, cette production créée au Festival des Arts de Saint-Sauveur en 2025, est loin d’avoir fait salle comble, mercredi soir, au Théâtre Maisonneuve, où elle est à l’affiche jusqu’à samedi.
Avec une dramaturgie inspirée du cinéma, l’œuvre, interprétée par 13 danseurs, offre plusieurs tableaux visuellement réussis mais, décousus.
Pêle-mêle
Un grand drap blanc est suspendu au fond de la scène. Les danseurs s’amènent. On se prépare à prendre quelques photos. On pousse alors un cercueil sur roulettes, au milieu d’un groupe qui semble être venu assister à des funérailles. Puis, rapidement, l’atmosphère de deuil cède le pas à une certaine frivolité.
Strømgren, qui signe aussi la mise en scène, prend vraisemblablement plaisir à dépeindre les humains comme des girouettes s’adaptant à la vie qui change continuellement, en un claquement de doigts.

Pour ce qui est de la gestuelle, elle est hétéroclite. D’une part, certains passages s’apparentent au ballet classique. On assiste à quelques duos romantiques mais, en général, on mise sur les mouvements de groupe. Sans crier gare, des danseurs se laissent parfois emporter par des gestes saccadés, emblématiques de la danse contemporaine.
Musicalement, ça ratisse large avec, entre autres, des enregistrements de chansons de Charles Aznavour, Luis Mariano et La Bottine souriante.
Pareil amalgame devient vite déroutant et l’émotion n’est pas au rendez-vous, durant cette représentation disparate d’une durée de 65 minutes.
Dans le programme de la soirée, on écrit que ce spectacle est inspiré d’événements réels de la vie du chorégraphe Jo Strømgren qui «rend hommage aux personnes anonymes, à ceux dont la vie riche de profondeur passe cependant inaperçue. Ici, la simplicité devient un art. Dans un monde saturé de bruit numérique, La revue finale cherche la poésie d’un instant intact, dans une vie vécue sans artifice, mais empreinte de sens.»
Comme le dit l’expression biblique, il faut rendre à César ce qui est à César et il est vrai que cette chorégraphie offre des moments d’une belle poésie visuelle, magnifiée par les lumières de Chantal Labonté et les costumes de Philippe Dubuc.
Il s’agit de la première création des BJM, depuis l’arrivée, en 2021, de leur nouvelle directrice artistique, Alexandra Damiani. La revue finale marque donc le début d’une nouvelle ère dans l’histoire des Ballets Jazz Montréal, fondés il y a 54 ans.

La revue finale
Ballets Jazz Montréal
Chorégraphie et mise en scène de Jo Strømgren
Au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts, du 17 au 21 février
*Crédit photo: Sasha Onyshchenko

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