Marc-Yvan Coulombe / BabillArt Montréal
L’OCM et son directeur musical, Andrei Feher, convient le public à une soirée aux accents polonais avec, entre autres, le Concerto pour piano no 2 de Frédéric Chopin. Au programme, également, une symphonie du compositeur d’origine polonaise Mieczysław Weinberg, dont la production colossale inclut la musique du film soviétique culte Quand passent les cigognes, Palme d’or à Cannes en 1958.
Dans un tout autre style, ce concert éclectique nous ramènera Histoire de pêche, un concerto de Maxime Goulet, compositeur québécois reconnu, entres autres, pour sa Symphonie de la tempête de verglas.
«Chopin, c’est toute ma vie!»
Ce voyage musical mettra en vedette, notamment, le pianiste québécois Jean-Philippe Sylvestre qui rentre de Paris où il s’est produit en concert au début de février. Qualifié de «poète du piano» par Yannick Nézet-Séguin, l’artiste est fasciné, depuis longtemps, par l’iconique compositeur et pianiste d’ascendance franco-polonaise: «Chopin, c’est toute ma vie! Je joue de ses pièces, depuis l’âge de 5 ans!»

Natif de Sainte-Julie, Jean-Philippe Sylvestre s’est distingué il y a déjà plus d’un quart de siècle, au Concours de l’Orchestre symphonique de Montréal, où il a remporté un premier prix, en 2000, à l’âge de 17 ans. On se souviendra, également, qu’il a reçu, en 2008, le prix Virginia-Parker, décerné par le Conseil des Arts du Canada.
Le musicien a enregistré plusieurs disques. On pense, entre autres, à son interprétation du Concerto de Québec d’André Mathieu, avec l’Orchestre Métropolitain, dirigé par Alain Trudel, chez Atma Classique, en 2017.
Sylvestre a aussi gravé le Concerto pour piano du compositeur russo-canadien, Airat Ichmouratov, avec le London Symphony Orchestra. Cet album, sorti en 2023, est distribué à l’échelle internationale par le label britannique Chandos.
Après avoir parcouru tout ce chemin, l’artiste aborde Chopin en demeurant fidèle au credo qui l’habite depuis ses débuts. «Mon but, c’est d’aller dans la poésie», précise le pianiste qui, en plus du Concerto pour piano no 2, interprétera la Mazurka en si bémol majeur, op. 7, no. 1 et le Nocturne en do mineur.
«Les gens peuvent s’attendre au style Sylvestre», dit-il, en expliquant qu’il voit son travail un peu comme celui d’un artisan dans le domaine vinicole. Au-delà des partitions, la personnalité de l’artiste doit ressortir. «Dès que Céline commence à chanter, on sait que c’est elle», résume-t-il, dans ce clin d’oeil admiratif à la diva de Charlemagne.
Un compositeur influencé par Chostakovitch
Comme son titre l’indique, le concert De Chopin à Weinberg mettra aussi en lumière une oeuvre de Mieczysław Weinberg né à Varsovie en 1919 et mort à Moscou en 1996. Ce compositeur rarement joué chez nous a signé plus de 500 compositions dont des opéras, des symphonies, ainsi que des concertos et des quatuors à cordes.
Dans les années 1960, cet ami de Chostakovitch, a vécu la consécration de sa musique, alors que plusieurs de ses oeuvres ont été créées par de grands interprètes russes dont, David Oistrakh et Mstislav Rostropovitch.
Plus récemment, on a recommencé à s’intéresser à Weinberg, notamment, à travers de nouveaux enregistrements dont ceux du célèbre violoniste et chef d’orchestre letton, Gidon Kremer. Plusieurs s’entendent pour dire que Weinberg a souffert d’être dans l’ombre de Chostakovitch et qu’il est néanmoins l’un des plus grands compositeurs de son temps en Europe de l’Est.
Quant à l’OCM, il interprétera La Quatrième Symphonie de Weinberg, souvent considérée comme l’une des plus séduisantes des vingt-six symphonies de ce compositeur, avec un mouvement lent d’une grande délicatesse et d’une profonde intensité.
De Chopin à Weinberg
Orchestre classique de Montréal, dirigé par Andrei Feher
Solistes:
Jean-Philippe Sylvestre, clarinette
Karoline Podolak, soprano
Kornel Wolak, clarinette
Oeuvres au programme:
Chopin, F. – Concerto pour piano no 2 (arr. N. Arman)
Mazurka en si bémol majeur, op. 7, no. 1
Nocturne en do mineur
Weinberg, Mieczysław – Symphonie de chambre no 1, op. 145
Goulet, Maxime – Histoire de pêche
Kilar, W. – The Ninth Gate : Vocalise
Moniuszko, S. – Dumka Zuzi de Verbum Nobile
Verdi, G. – Sempre Libera de La Traviata
Salle Pierre-Mercure, 12 mars 2026 – 19h30

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