Marc-Yvan Coulombe / BabillArt Montréal
Unis par leur passion commune pour le cirque et la musique, Danny Ronaldo et son fils Pepijn mettent en lumière la complexité de leur liens parfois tumultueux, dans le spectacle «Sono io?» (Est-ce moi ?). Le père qui a vécu une grande carrière circassienne est resté accroché à son passé glorieux. Quant à son descendant inexpérimenté, il cherche à marcher sur les traces de son papa, tout en voulant faire les choses à sa façon. Au-delà de leurs divergences de points de vue, la tendresse qui les unit triomphe, à travers les drôleries de leurs numéros parfois casse-gueule!

D’entrée de jeu, on découvre le père assis dans une baignoire. Il écoute, sur un vieux magnétophone, des enregistrements de foules en délire devant ses performances. En se remémorant ces précieux instants de son passé triomphal, une grande fierté illumine son regard!
Puis, le jeune Pepijn entre en scène pour apprendre de vieux trucs auprès du maître, qu’il s’agisse de numéros de jonglerie ou de l’art d’attraper un chapeau avec sa tête.
On sent certaines rivalités entre eux mais, la tension se dissipe lorsqu’ils font de la musique ensemble. Chacun étant multi-instrumentiste, ils jouent d’agréables morceaux, au piano, à la trompette, à l’accordéon, etc.

À certains moments, ces deux casse-cou s’aventurent dans des postures si hasardeuses que, tour à tour, chacun en perd l’équilibre et atterrit dans la baignoire, ce qui soulève des éclats de rire dans la salle.
Avec une certaine espièglerie, le professeur lance parfois des regards d’exaspération devant les maladresses de son élève. Ce dernier qui cherche candidement l’approbation du public, salue exagérément après chacune de ses modestes prouesses. Attendrissant!
Progressivement, ce spectacle au rythme lent nous apparaît comme une métaphore d’une relation père-fils, où s’opposent le passé auquel s’accroche un homme vieillissant et le présent où le jeune homme tente de trouver sa place. Mais, tout n’est pas noir et blanc dans ce récit où l’on sent la volonté d’un père aimant de transmettre ses connaissances, sans nécessairement céder sa place.

Malgré ce qu’on pourrait croire, Cirque Ronaldo n’est pas italien. Il s’agit plutôt d’une compagnie belge, basée en Flandre. Les interprètes de «Sono io? s’expriment dans une langue dont je n’ai pas compris un seul mot. Quelques surtitres auraient été les bienvenus!
En dépit de quelques temps morts, on s’attache à ces deux personnages authentiques. Plusieurs pitreries tardent à aboutir mais, l’émotion ne cesse de gagner en intensité.
Vers la fin du spectacle, on constate que Pepijn a pris de l’assurance. Son numéro aérien où il tournoie avec une contrebasse est d’autant plus touchant qu’il se déroule devant son père attentif et admiratif.
Bref, les deux hommes se rapprochent petit à petit, au cours de ce spectacle de 85 minutes qui se termine par une scène émouvante, où leurs désaccords sont balayés pour faire place à leur réconciliation lumineuse!

«Sono io?»
À la Tohu jusqu’au 23 novembre
«Recommandé pour les 12 ans et +»
Détails et billets, ici.
*Photos fournies par la Tohu

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