Marc-Yvan Coulombe / BabillArt Montréal
Des témoignages de sympathie et d’admiration se multiplient depuis l’annonce de la mort de Jacques Michel, jeudi (5 mars). L’auteur-compositeur-interprète qui a marqué la chanson québécoise avec, entre autres, Amène-toi chez nous et Un nouveau jour va se lever était âgé de 84 ans. Selon son agent, Vincent Martineau, l’artiste s’est éteint entouré des siens, au terme d’un combat de trois ans contre la maladie.
Plus de 200 compositions
Jacques Michel, né Jacques Rodrigue, nous laisse plus de 200 compositions, écrites au cours d’une carrière qui s’étend sur plus de six décennies.
Pour sa part, le premier ministre François Legault a déclaré sur le réseau social X que Jacques Michel est «l’un des plus grands auteurs-compositeurs-interprètes québécois des années 1970, qui a marqué plusieurs générations. Ses chansons comptent parmi les plus belles et les plus remplies d’espoir de notre répertoire… Le Québec perd un grand artiste.»
Neuf albums en dix ans
La carrière de Jacques Michel a connu un essor spectaculaire dans les années 1970, une décennie pendant laquelle il a publié neuf albums. C’est à cette époque qu’il a atteint les sommets des palmarès avec, entre autres, Chacun son refrain et Amène-toi chez nous.
Le Village de Nathalie
Puis, Jacques Michel met sa carrière de chanteur sur pause en 1984. Avec la parolière Ève Déziel, il conçoit, alors, des émissions pour enfants dont Le Village de Nathalie et travaille en étroite collaboration avec Nathalie Simard. Cette dernière lui a d’ailleurs rendu hommage dans une publication relayée sur les réseaux sociaux.

«Tu vas énormément me manquer, mon cher ami. Dans ma vie, tu as été une figure si importante. Une figure paternelle, fraternelle à la fois. Tu as été un mentor, un guide, toujours bienveillant, toujours juste… Merci pour ta fidélité. Merci pour ton amour. Merci pour ton appui infini… Oui, j’ai beaucoup de peine. Mon cœur est brisé. Mais, en même temps, je suis soulagée de savoir que tu ne souffres plus.»
Des succès qui ont traversé le temps
Les grands titres de Jacques Michel reprennent la tête des palmarès au tournant du millénaire grâce, notamment, à l’émission Star Académie qui utilise comme chanson-thème, Un nouveau jour va se lever, en 2004. L’année précédente, c’est un académicien, Wilfred LeBouthillier, qui avait fait revivre Amène-toi chez nous.
Quant à Sylvain Cossette il a enregistré, en 2001, le succès Pas besoin de frapper qui est devenu un incontournable de son propre répertoire. D’ailleurs, le chanteur est présentement en tournée et il ouvre son spectacle avec cette chanson qui rend les gens heureux, a-t-il souligné en entrevue sur ICI Première.
Sylvain Cossette a aussi rendu hommage à Jacques Michel dans une publication sur Facebook:
«J’ai eu le privilège de partager la scène avec lui au Gala de l’Adisq en 2002 et de le côtoyer juste assez pour reconnaître la bonté en lui. Il laisse un héritage musical riche, dont Pas besoin de frapper pour laquelle il m’avait donné sa bénédiction. Bon voyage Jacques.»

Le rêve d’un pays
Artiste engagé, Jacques Michel s’est identifié au mouvement souverainiste du Québec, dès les années 1970. Plus d’un demi-siècle plus tard, il était demeuré fidèle à cet idéal politique, comme vous pouvez le constater dans une entrevue qu’il m’a accordée en 2021.
Sur son dernier album intitulé Tenir, la chanson-titre parle des espoirs souverainistes québécois : «Nous désirions par-dessus tout / Posséder un pays rien qu’à nous… Malgré nos blessures et nos pertes / Garder notre esprit de conquête / Et refuser de disparaître… Il nous faudra par-dessus tout / Tenir, tenir, tenir»
Après deux référendums perdus, y croyez-vous toujours ? «Je ne désespère pas. Rien n’est perdu, tant que tout n’a pas été essayé et je crois que nous n’avons pas encore tout essayé… J’ai pas envie de voir se concrétiser la triste histoire de la chanson Mommy de Marc Gélinas ! Chacun de nous doit faire en sorte que notre culture et notre langue restent vivantes. Cela dit, je me demande pourquoi nous réagissons si peu ! J’ai l’impression qu’après notre révolution tranquille, on est en train de glisser vers une résignation tranquille.»
Lors de cette même entrevue, j’avais demandé à Jacques Michel, alors âgé de 80 ans, que voudriez-vous qu’on retienne de vous ?
«Nous avons tous un modèle. Pour ma part, c’est un oncle frondeur et insolent qui m’a appris à revendiquer mes droits et à exprimer mes vérités, même quand elles risquent de déplaire. Il m’a aussi appris qu’on doit toujours essayer de s’améliorer. J’espère que mes chansons aideront à transmettre ces valeurs d’honnêteté, en encourageant les gens à changer la société pour la rendre plus juste.»
Vous qui avez écrit plus de 200 chansons, quelles sont vos préférées ? Amène-toi chez nous, bien sûr et je dirais aussi Odyssée. Cette pièce de l’album Tenir raconte la longue route de cet artiste dont la lumière n’est pas près de s’éteindre : «J’ai cheminé longtemps et j’n’ai pas fini / Je prendrai d’autres formes, d’autres tunnels, d’autres chemins / La route est perpétuelle, le voyage est sans fin».
Radio-Canada rend hommage à Jacques Michel
Le documentaire Jacques Michel : trouver sa lumière, dans lequel l’artiste revient sur son parcours, est disponible en rattrapage sur ICI TOU.TV.
Samedi, à 21 h, ICI Première proposera l’émission Si la tournée m’était contée, dans laquelle Jacques Michel raconte des souvenirs de scène et de tournées.
Dimanche, à 16 h, Monique Giroux rendra hommage au chanteur lors de son émission de radio Chants libres à Monique sur les ondes d’ICI Musique.

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