Marc-Yvan Coulombe / BabillArt Montréal
Les amateurs de hard rock n’oublieront pas de sitôt le concert offert par Deep Purple, le 17 août, à la Place Bell, à Laval. En plus de ses tubes légendaires dont Smoke on the Water, ce groupe anglais fondé il y a 58 ans nous a présenté des titres enlevants de son dernier album Splat!, sorti, cet été.
En début de soirée, on a aussi redécouvert avec ravissement le groupe américain de rock progressif Kansas qui roule sa bosse depuis une cinquantaine d’années. Au-delà de la nostalgie, la ferveur des musiciens de ces formations semble connectée à une fontaine de jouvence branchée sur le 110 volts!
Laval sur l’autoroute du rock
C’est sur le coup de 21h 30, que «les gardiens du pourpre» sont entrés en scène, au son de Mars, the Bringer of War de Gustav Holst, pendant que des projections évoquaient différentes pochettes de disques du groupe sur un écran géant.

Puis, on a amorcé un véritable voyage dans le temps avec Highway Star, un titre marquant du célèbre album Machine Head, sorti en 1972.
D’entrée de jeu, on est séduit par la vigueur et la dextérité du batteur Ian Paice, 78 ans, l’un des membres fondateurs du groupe. Avec le bassiste toujours très solide Roger Glover et le chanteur Ian Gillan, c’est en quelque sorte l’épine dorsale de Deep Purple qui nous apparaît, dans une forme remarquable!
Cela dit, Gillan ne cherche plus à atteindre les notes aiguës qu’il poussait, il y a un demi siècle. Par contre, il a su adapter son art à ses capacités vocales d’aujourd’hui, de sorte qu’il est toujours un interprète convaincant. Avec une grande ferveur, l’artiste qui célèbre ses 81 ans en ce 19 août s’est distingué, entre autres, en chantant intensément le blues: When a Blind Man Cries.

Ian Gillan chanteur du groupe Deep Purple, à la Place Bell, le 17 août 2026.
Ces pionniers ont su recruter un allié de taille. Le guitariste irlandais, Simon McBride, s’est joint à eux en 2022 pour succéder à Steve Morse, qui avait lui-même remplacé Ritchie Blackmore. Le benjamin du groupe est un virtuose de 47 ans qui apporte une généreuse dose d’énergie au quintette. Il a aussi le charisme pour faire grimper l’enthousiasme de la foule en la rendant complice de ses prouesses techniques.
Aux claviers, le vétéran Don Airey n’est pas en reste. Celui qui a repris le flambeau du regretté Jon Lord en 2002 prouve une fois de plus qu’il est un redoutable gardien du temple. Avec son impressionnant bagage musical, le septuagénaire qui a collaboré avec Ozzy Osbourne, Judas Priest, Black Sabbath, etc., maîtrise toujours l’art de faire rugir son orgue Hammond. Ses duels complices avec la guitare de McBride nous ont d’ailleurs valu plusieurs des meilleurs moments de ce spectacle.
Des vétérans créatifs
Le public, réunissant des aînés et des spectateurs de tous âges, a aussi applaudi chaudement les nouvelles chansons du groupe dont Arrogant boy, qu’on pourrait qualifier de décharge d’énergie rock à la fois moderne et fidèle aux racines de Deep Purple.
Évidemment, le clou de la soirée fut Smoke on the Water. Cette chanson culte qui relate l’incendie du casino de Montreux, en 1971, a enfin fait lever la foule en entier!
Pour clore ce concert magistral, Deep Purple nous a rappelé de belle façon qu’il demeure un groupe résolument actif. Au rappel, ces vétérans créatifs ont ainsi enchaîné leur toute récente pièce Guinnesis, avant de saluer leur public avec Hush, le premier succès qui a lancé la carrière internationale de cette formation culte en 1968.
Kansas, un grand frisson progressif

Ce lundi soir faste a commencé sur le coup de 18h 45 avec une prestation du groupe américain de rock, Jefferson Starship. Pour ma part, je suis monté à bord de ce bolide propulsé par les décibels, lors de l’entrée en scène de Kansas, vers 19h 45. Cette formation américaine de rock progressif qui a vu le jour il y a plus de 50 ans n’a pas tardé à conquérir l’assistance avec ses nombreux tubes durant une prestation sans temps mort de 75 minutes.
Point of Know Return (1977), Play the Game Tonight (1982) et Song for America (1975) n’ont rien perdu de leur charme, mais ce sont surtout Dust in the Wind (1977) et Carry On Wayward Son (1976), balancé en rappel, qui ont mis le feu aux poudres. Les fidèles de Deep Purple étaient alors tout à fait prêts pour la grand-messe pourpre à la Place Bell!
Deep Purple, Kansas et Jefferson Starship à la Place Bell, le 17 août 2026.
Crédit photo: Marc-Yvan Coulombe

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