Diane Dufresne et l’OSM: quand la musique rencontre l’histoire

Marc-Yvan Coulombe / BabillArt Montréal

Malgré des prévisions météo fort dissuasives, une foule nombreuse était au rendez-vous, mercredi soir, pour le concert annuel de l’Orchestre symphonique de Montréal sur l’Esplanade du Parc olympique, qui avait une signification très particulière cette année. À l’occasion du 50e anniversaire du Stade olympique, Rafael Payare et ses musiciens ont célébré en grande pompe des œuvres musicales qui ont fait vibrer ce lieu montréalais légendaire.

L’orchestre a notamment fait revivre la Marche des athlètes n°1  (arrangée par Vic Vogel d’après des mélodies d’André Mathieu) et la Marche triomphale de l’opéra Aïda de Verdi. Puis, l’iconique Diane Dufresne — la seule artiste du Québec à avoir rempli cette immense enceinte — est apparue sur scène pour un moment suspendu, véritablement historique !

Du rythme et de la profondeur

Après l’Ouverture festive, op. 96 de Chostakovitch, Sophie Cadieux a récité un très beau texte sur l’histoire du Stade, depuis la première pelletée de terre jusqu’aux Olympiques de 1976 qui allaient transformer Montréal. Avec des photos d’archives projetées sur écrans géants, ce récit sans temps mort s’est déroulé au son d’un extrait de Shaker loops de John Adams que la narration de la comédienne nous a malheureusement empêché de savourer pleinement.

La comédienne Sophie Cadieux a récité un texte sur l’histoire du Stade olympique

En plus de raconter l’histoire du Stade, ce concert judicieusement mis en scène par Michel-Maxime Legault évoquait des bribes du parcours de l’Orchestre symphonique de Montréal. On a eu droit, notamment, à la Suite orchestrale no 2 de Daphnis et Chloé.

Ces 19 minutes de musique furent l’un des sommets de la soirée. Rappelons que l’enregistrement de cette symphonie chorégraphique de Ravel a permis à l’OSM de connaître un important succès discographique dans les années 1980.

On a ri de bon coeur en voyant les chanteurs du Chœur de l’OSM porter une casquette des Expos, durant la valse-aria Frühlingsstimmen (Voix du printemps) de Johann Strauss II (fils).

La foule attentive et réceptive s’est aussi dandinée, pendant que Rafael Payare se démenait en dirigeant des succès de stars qui se sont produites au Stade, qu’il s’agisse de: AC/DC, Pink Floyd, Michael Jackson, George Michael, U2, Madonna, David Bowie, Genesis ou les Rolling Stones. Les arrangements pétillants d’Hugo Bégin, incluant guitare et basse électriques, ont fait honneur à ces monstres sacrés.

Avec quelques photos d’archives, on nous a plongés dans la production pharaonique de l’opéra Aïda de Verdi, offerte au Stade olympique, en 1988.

L’OSM et son chœur ont alors fait résonner la Marche triomphale, appuyés par un sextuor de cuivres posté sur une scène secondaire à gauche de l’orchestre. Leurs trompettes ont magnifiquement porté cette mélodie victorieuse.

Diane Dufresne, invitée spéciale de l’OSM, pour célébrer le spectacle Magie rose

Pour commémorer la légendaire Magie rose de Diane Dufresne qui a attiré quelque 55 000 personnes au Stade olympique, en 1984, la diva elle-même est venue revisiter deux sommets de son répertoire. La dame qui aura 82 ans en septembre a interprété Hymne à la beauté du monde en y intégrant des extraits d’Oxygène, deux chansons aux thèmes brûlants d’actualité. Son timbre feutré était mis en valeur par des arrangements somptueux de Simon Leclerc.

Avec sa voix reconnaissable entre toutes et sa gestuelle théâtrale, la célèbre montréalaise demeure une interprète d’exception. Chacun de ses mots porte une émotion. On ne peut en dire autant de Rose Naggar-Tremblay qui, elle, a repris Je voulais te dire que je t’attends, une chanson de Michel Jonasz et Pierre Grosz, dont D.D. avait livré une version bouleversante pour clore sa Magie rose. Non seulement la contralto s’est contentée de chanter ce joyau de façon très convenue mais, elle s’est même emmêlée dans les paroles.

Heureusement, Mme Naggar-Tremblay était davantage dans son élément auprès des solistes Frédéric Antoun, Alex Halliday et Lauren Margison, ainsi que le choeur de l’OSM, pour interpréter l’Ode à la joie de Beethoven.

Des feux d’artifice sont d’ailleurs apparus au-dessus de l’assistance, durant les dernières mesures de cette oeuvre flamboyante qui a mis fin à une soirée mémorable, où il n’est pas tombé une seule goutte de pluie, comme si les dieux veillaient sur le Stade.

L’OSM à l’Esplanade du Parc olympique était présenté le 12 août 2026. Ce traditionnel concert gratuit donne généralement le coup d’envoi de la Virée classique qui n’aura toutefois pas lieu cette année. Rappelons que les musiciens de l’OSM s’envoleront bientôt pour une tournée de festivals européens. L’Orchestre se produira en Écosse, en Pologne, au Danemark et en Allemagne du 19 au 28 août.

À lire, aussi: Rafael Payare honoré par la Ville de Montréal.

Photos fournies par l’OSM / Crédit photo: Antoine Saito

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