Marc-Yvan Coulombe / BabillArt Montréal
L’éblouissante chanteuse de jazz américaine, Dianne Reeves, a offert en quelque sorte une classe de maître, en toute convivialité, dimanche au Théâtre Maisonneuve. Avec ses techniques vocales spectaculaires, cette artiste qui a remporté cinq prix Grammy, revisite de façon très personnelle un vaste répertoire allant de Fleetwood Mac à Miles Davis. À ses côtés, le guitariste brésilien Romero Lubambo s’avère un complice de rêve, naviguant de la samba au tango avec l’aisance d’un poisson dans l’eau!

Amis de longue date, ces deux artistes se révèlent à travers leur complicité évidente, dès la première pièce du concert. Étant tous les deux sexagénaires, on sent le plaisir qu’ils ont à faire revivre une chanson de leur jeunesse, soit: Dreams, du groupe de rock anglo-américain Fleetwood Mac. Leur version acoustique apporte une nouvelle fraîcheur à ce tube de 1977.
Puis, on recule dans le temps jusqu’en 1939, avec What’s new? , un classique de Bob Haggart et Johnny Burke. Rappelons que Linda Ronstadt a eu un succès considérable avec ce morceau, qui s’est hissé parmi les pièces les plus jouées à la radio, en 1983-84.
Plus de 40 ans plus tard, la chaleureuse Dianne Reeves entonne cette mélodie avec des étincelles dans les yeux, comme si elle entrait en conversation avec le public : «What’s new? How is the world treating you? You haven’t changed a bit Handsome as ever I must admit.»

Sur le ton de la confidence, la jazzwoman offre une vibrante interprétation de Someone to watch over me de George et Ira Gerswin, juste avant que son complice brille de mille feux dans Minuano, un morceau inspiré du jazz brésilien qui a d’abord été enregistré par le Pat Meteny Group, en 1987.
Quels que soient les rythmes, la chanteuse et le guitariste demeurent toutefois assis durant tout leur concert plutôt statique d’un peu moins de 90 minutes. Madame Reeves qui semble avoir certaines difficultés à marcher n’en demeure pas moins enjouée, notamment, lorsqu’elle se remémore son enfance dans sa touchante chanson Nine, parue en 1997 et qui lui colle toujours à la peau.
Heureuse de retrouver le public montréalais, l’Américaine offre même une chanson en contrepoids aux intentions du président Trump: «We love you Canada! We want to be your neighbors!»
Avec son petit côté gourou, la dame souligne que chacun de nous est unique au monde et qu’il faut voir à se faire respecter.
Elle termine la soirée avec You Taught My Heart to Sing de McCoy Tyner and Sammy Cahn que le public reçoit comme une déclaration d’amour!
S’il est vrai que les Diana Krall, Melody Gardot et Norah Jones ne sont pas de la liste des invités du FIJM 2025, on peut dire que le public n’est pas en reste avec Dianne Reeves, ainsi que Holly Cole (2 juillet) et Madeleine Peyroux (3 juillet).
Le Festival international de jazz de Montréal se poursuit jusqu’au 5 juillet.
*Crédit photo: Victor Diaz Lamich

Laisser un commentaire