Marc-Yvan Coulombe / BabillArt Montréal
La Maison symphonique a vibré, lundi soir, au son d’un somptueux voyage musical, concocté par le contrebassiste et compositeur de jazz Avishai Cohen. Au programme: la majeure partie des pièces de son splendide album Two Roses, interprétées avec un orchestre symphonique. On a aussi découvert les deux jeunes virtuoses qui brillent actuellement dans le trio de cette star d’origine israélienne.

«Le projet d’une vie»
Révélé au sein du trio de Chick Corea, en 1997, Avishai Cohen est devenu célèbre comme contrebassiste et aussi pour ses compositions alliant le jazz américain à la musique latine, ainsi qu’aux chants folkloriques séfarades et à des rythmes aux accents pop.
L’artiste de 55 ans a publié une vingtaine d’albums jusqu’à maintenant, dont Two Roses, où son trio dialogue musicalement avec l’Orchestre symphonique de Gothembourg (Suède) qui insuffle une nouvelle dimension à ses œuvres. Le compositeur et arrangeur décrit lui-même cet opus, paru en 2021, comme «le projet d’une vie».

En ouverture de concert, l’atmosphère cinématographique de la pièce instrumentale Nature Talking a servi d’introduction à When I’m falling. C’est à ce moment que l’étoile de la soirée est entrée en scène. On a tout de suite été fasciné par la gestuelle de ce musicien qui fait parfois sonner son instrument comme un violoncelle, tout en jouant des percussions sur sa contrebasse, en plus de chanter admirablement.
Il y a une grande diversité d’ambiances d’un morceau à l’autre. Par exemple, Song For My Brother débute sur le rythme d’une marche mystérieuse, d’abord portée par l’opulent orchestre, qui s’éclipse le temps d’un solo de contrebasse virtuose de Cohen.
C’est un scénario inverse qui se produit dans la pièce Two Roses, une chanson populaire israélienne, dont le thème est énoncé par le trio, qui est ensuite rejoint par l’orchestre.
De solos en duos, on savoure le brio du pianiste Itay Simhovich et la précision chirurgicale du batteur Eviatar Slivnik. En fait, Cohen et ses deux complices sont tellement à l’écoute l’un de l’autre qu’on serait tenté de dire qu’ils ne font qu’un et que ce trio se marie tout naturellement avec des arrangements symphoniques de haut vol!

Le programme de la soirée reflète la carrière de Cohen, puisque ce dernier avait déjà enregistré, au fil des ans, plusieurs titres figurant sur l’album à l’honneur. Parmi ces riches relectures, les festivaliers du FIJM ont applaudi à tout rompre, notamment, des chansons folkloriques traditionnelles telles que Morenika et Puncha Puncha, ainsi que des arrangements de standards de jazz, dont A Child Is Born.
Le visiteur d’un soir nous a aussi offert la mélancolique Kumi Venetse Hasade, tirée de son album Almah, lancé en 2013.
Durant 75 minutes, l’émotion a culminé jusqu’à l’interprétation, au rappel, d’un classique enregistré pour la première fois par Nat King Cole. La tête légèrement penchée sur son épaule gauche, Cohen s’approprie avec délicatesse l’intemporelle Nature Boy. Un ultime moment de grâce!

Le Festival international de jazz de Montréal se poursuit avec la présentation, ce soir (1er juillet), du «Grand événement 45e anniversaire», mettant en vedette la chanteuse nigériane Ayra Starr, sur la Scène TD, à compter de 21h 30. Gratuit.
*Crédit photo: Victor Diaz Lamich

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