Francos de Montréal: le rappeur français Orelsan s’éclate au Centre Bell

Marc-Yvan Coulombe / BabillArt Montréal

Un départ canon pour la 37e édition des Francos de Montréal! Orelsan a soulevé la foule du Centre Bell, jeudi soir, dès son entrée en scène où il est apparu dans un chandail du Canadien, arborant le numéro 85 de l’attaquant Alexandre Texier qui est né en France.

Même si le rappeur normand n’était pas venu chez nous depuis huit ans, on a vite constaté que son public québécois n’a pas oublié les paroles de ses chansons qu’il s’agisse de Basique, un tube de 2017, ou de La Quête, un morceau plus introspectif, lancé en 2021.

La fuite en avant

Durant 90 minutes sans entracte, l’artiste de 43 ans qui a raflé de nombreuses Victoires de la musique, puise dans ses différents albums, tout en mettant l’accent sur La fuite en avant, sorti en 2025.

De cet opus, il interprète d’abord Le Pacte, une sorte de complainte rap très verbeuse sur la rançon de la gloire, avant de poursuivre avec les titres Plus rien et Ailleurs.

Respectant ainsi l’ordre des pièces du disque La fuite en avant, il enchaîne avec Boss, une chanson sur ses désillusions face à la vie de couple. Durant ce morceau, un homme et une femme se sont battus devant lui, leur combat étant largement dominé par cette dernière. L’assistance a d’ailleurs poussé des cris approbateurs devant cette représentation de la violence conjugale au détriment de l’homme.

Plein la vue!

Au-delà de ses chansons parfois prêchi-prêcha, Aurélien Cotentin (Orelsan) nous en met plein la vue avec d’immenses projections très soignées qui nous transportent jusqu’au pays du soleil levant.

L’artiste qui a coécrit le scénario du film Yoroï (qui signifie armure en japonais), nous plonge d’ailleurs dans cet univers fantastique. Il y découvre une armure ancestrale qui réveille les yōkai, de redoutables créatures surnaturelles issues de la mythologie japonaise.

Grâce à des projections très réussies, on reproduit la scène où Orelsan tombe dans un puits. Il réapparaît ensuite vêtu de la fameuse armure et il enfile plusieurs succès, dont, Pour le pire et À l’heure où je me couche. C’est l’un des temps forts de ce spectacle où la technologie retient souvent l’attention davantage que les chansons.

Malaise

Malgré sa belle gueule et les quatre excellents musiciens qui l’accompagnent, en plus du rappeur «backeur» Ablaye, Orelsan ne parvient pas à dissimuler une certaine condescendance. À travers son personnage de Sama, une sorte d’alter ego provocateur, le chanteur se permet de blaguer sur l’ambiguïté identitaire du Québec. «Vous n’êtes pas vraiment Français. Vous n’êtes pas Américains non plus», rigole-t-il, en se moquant de l’accent québécois, ce qui lui vaut d’être hué par des centaines de spectateurs; plusieurs ont spontanément scandé: «Le Québec, un pays!».

Après ce faux pas, Orelsan a perdu des joueurs. Certains de ses admirateurs ont quitté la salle et l’ambiance s’est quelque peu assombrie, de sorte que l’artiste a dû répéter plusieurs fois: «Montréal, êtes-vous là?» Il a tout de même réussi à rallumer la flamme avec La Terre est ronde pour laquelle il est descendu dans la foule, avant de terminer la soirée avec Du propre.

Kassav, Marie Mai et hommage à Jean Leloup

Cela dit, c’est à partir d’aujourd’hui, qu’on branche les amplis des scènes extérieures des Francos de Montréal. En ce vendredi 12 juin, on pourra voir gratuitement Marie Mai, à 20h, alors que le zouk sera à l’honneur, grâce à la formation Kassav’, à compter de 21h.

Cette fin de semaine chargée se poursuivra avec, entre autres, un hommage à Jean Leloup et son album Le Dôme. Pour l’occasion, des artistes de l’heure dont Lou-Adriane Cassidy, Les Louanges, Thierry Larose, Safia Nolin et Klô Pelgag revisiteront les chansons de ce disque culte, paru il y a 30 ans. Pour la suite du dôme de Jean Leloup aura lieu le 14 juin à 21h, sur la place des Festivals.

La 37e édition des Francos de Montréal se poursuivra jusqu’au 20 juin 2026.

À lire aussi: Francos de Montréal 2026: entre nostalgie et découvertes

*Photo d’accueil d’Orelsan au Centre Bell / Crédit: Marc-Yvan Coulombe

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *