«Hurtubise: saisir le chaos», une explosion de couleurs et de sons à la SAT

Marc-Yvan Coulombe / BabillArt Montréal

L’univers coloré du peintre québécois Jacques Hurtubise renaît, grâce à un film pour dôme 360°, projeté dans la Satosphère de la Société des arts technologiques, à partir du 10 juin. Cette expérience immersive éblouissante est portée par la musique savoureusement rétro-pop du groupe montréalais Hippie Hourrah. L’art visuel et le rock se superposent, en quelque sorte, pour donner naissance à «Hurtubise: saisir le Chaos», une captivante odyssée retraçant un parcours artistique hors du commun!

Figure incontournable de l’art contemporain canadien, Jacques Hurtubise (1939–2014) s’est distingué par sa synthèse entre l’expressionnisme abstrait américain et une vision singulière de la couleur. Formé à l’École des beaux-arts de Montréal, l’artiste part étudier à New York en 1961 et s’installe dans cette ville pour quelques années, ce qui marquera un tournant décisif dans son évolution.

De retour au Québec, son travail de recherche sur les effets de la lumière l’inspire à produire des œuvres fluorescentes et par la suite, des créations avec des néons.

À travers quelques extraits audio qui ponctuent le film d’une trentaine de minutes, on entend d’ailleurs cet avant-gardiste résumer les grandes lignes de sa démarche. Il dira entre autres qu’il a fait des choses qui n’existaient pas auparavant.

L’expérience immersive, signée Normal Studio, se déploie en six séquences correspondant aux périodes créatives majeures de cette figure incontournable de l’art contemporain canadien. Grâce à des techniques d’animation, on a parfois l’impression d’être avec l’artiste dans son atelier.

Que l’on connaisse Hurtubise ou non, on est vite charmé par cette renaissance de son œuvre. Allongé sur un fauteuil, chaque spectateur découvre ou redécouvre ses agencements de couleurs souvent flamboyants, à travers d’enveloppants effets de métamorphose.

«Il y eut un rythme»

L’un des grands attraits du film Hurtubise: saisir le chaos réside dans sa musique accrocheuse, propulsée par une spatialisation rendue possible par les 93 haut-parleurs de la Satosphère. Ces pièces instrumentales très abouties du groupe formé de Cédric Marinelli, Miles Dupire-Gagnon et Gabriel Lambert se retrouvent d’ailleurs sur un album intitulé Il y eut un rythme, lancé le 10 juin par Simone Records.

L’un des morceaux, nommé Cycle quatre est à lui seul un exemple d’une remarquable synthèse de nombreux styles musicaux.

«Pour Cycle quatre, on voulait créer quelque chose de edgy, urgent et inconfortable. En s’inspirant vaguement de Machine Gun de l’album Third de Portishead et du tube The Power de Snap pour la vibe, la pièce prend une direction seventies à la Herbie Hancock. La section du milieu prend une respiration où l’on introduit un thème jazz weirdo, traité à la Sam Gendel (excellent saxophoniste de LA). La section finale ramène le groove du début avec un solo free du saxophoniste Erik Hove.» — Hippie Hourrah

Rappelons que ces musiciens québécois s’intéressent depuis plusieurs années à Jacques Hurtubise. Déjà en 2023, Hippie Hourrah a été encensé par la critique pour son album-concept Exposition individuelle, imaginé autour de l’œuvre d’Hurtubise.

Hurtubise : saisir le chaos

Un film pour dôme 360°, présenté à la SAT, du 10 juin au 5 juillet.

Détails et billets: sat.qc.ca/hurtubise

*Photos d’oeuvres de Jacques Hurtubise fournies par la SAT.

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