Marc-Yvan Coulombe / BabillArt Montréal
En cette première soirée des Francos de Montréal, Laurent Voulzy a séduit le public avec un concert d’une durée de deux heures et demie sans entracte, reflétant sa riche carrière qui se poursuit depuis plus de cinquante ans.
Méticuleux, l’artiste entouré de quatre musiciens et chanteurs a interprété Rockcollection, Le Coeur grenadine, Belle-Île-en-Mer, Marie-Galante et la plupart de ses succès, dans des harmonies vocales très soignées et mises en valeur par une sonorisation digne d’un studio d’enregistrement!
Chaleureux, le chanteur français a également su manifester son amitié profonde envers le public québécois.
«Envoyez la lumière et laissez-moi faire»
Sur le coup de 19h 45, ce monstre sacré apparaît sur la scène du Théâtre Maisonneuve avec sa guitare et il nous entraîne instantanément dans son univers onirique avec Bubble Star. «Envoyez la lumière et laissez-moi faire» chante Voulzy, accueilli par un public qui le vénère! Pourtant, de nombreux sièges n’ont pas trouvé preneur en ce vendredi soir, au pays des merveilles que sont Rêve du pêcheur, Quatre nuages, etc.

Laurent Voulzy entouré de ses musiciens et chanteurs au Théâtre Maisonneuve.
Si la voix du septuagénaire s’avère parfois fluette, ses interprétations demeurent très senties et souvent bouleversantes. Grâce à ses complices multiinstrumentistes, les arrangements de celui qu’on surnomme parfois «le Paul McCartney français» sont luxuriants! En plus des claviers, guitares et percussions, on y retrouve le violon, le violoncelle et même une harpe!
Puisque l’heure est aux confidences dans ce généreux concert-bilan, le héros de la soirée nous parle, entre autres, de son admiration pour Alain Souchon qui «mériterait d’entrer à l’Académie française», dit-il. En plus de raconter avec humour certains détails au sujet de chansons qu’ils ont écrites ensemble, Voulzy nous offre un medley en honneur de leur amitié, incluant Allô Maman Bobo, J’ai dix ans et Foule sentimentale. On est à la fois dans la nostalgie et l’intemporel. Moments de grâce!
Puis, on se pince en écoutant Le Coeur grenadine, un titre culte de 1979, interprété avec la couleur sonore de cette époque. Claviers 80’s et riffs de guitares font briller ce joyau!

Laurent Voulzy aux Francos de Montréal 2026.
Homme de coeur, le chanteur invite sa conjointe Isaure Le Faour à se joindre à lui, le temps d’un duo.
Rêveur, l’artiste rend aussi hommage à Charles d’Orléans, avant d’entonner Ma seule amour, une poignante adaptation d’un texte de ce poète du Moyen Âge.
Vers 21 heures, le concert prend une tournure plus rock, avec, entre autres, Les nuits sans Kim Wilde, Cocktail chez mademoiselle et l’incontournable Rockcollection, dont on ne se lasse pas depuis sa parution en 45 tours, en 1977.
Pendant que des projections de danseurs qui se déhanchent apparaissent derrière un rideau transparent, le public se dandine au son d’un tube de 1988: Le Soleil donne. C’est le moment où l’icône de 77 ans traverse la scène en se déhanchant, histoire de nous rappeler qu’il n’a rien oublié de ses origines guadeloupéennes et des rythmes de salsa et de merengue au son desquels il a grandi.

Laurent Voulzy et ses musiciens au Théâtre Maisonneuve.
Je reviendrai à Montréal
Au rappel, l’envoûtant visiteur nous a fait le plaisir d’interpréter Je reviendrai à Montréal, en nous rappelant son amitié pour Robert Charlebois. Tout en promettant de revenir chanter au Québec, Laurent Voulzy nous a laissé avec sa troublante Paradoxal système, évoquant l’inévitable grand départ: «Je serai, bien que loin de toi, tout contre toi». Avant de nous quitter, il a brandi un drapeau du Québec en le faisant flotter au-dessus de la scène, puis les projecteurs se sont éteints, au terme d’une soirée mémorable!

Les Francos de Montréal se poursuivent avec, entre autres, plusieurs spectacles gratuits. Ce soir 13 juin, sur la place des Festivals, on pourra voir, notamment, Les Breastfeeders, à 19h, Groovy Aardvark, à 20h et Ariane Roy à 21h.
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*Crédit photo: Victor Diaz Lamich

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