«Les 39 marches»: hilarante parodie d’Hitchock, à saveur québécoise

Marc-Yvan Coulombe / BabillArt Montréal

Véritable tour de force des comédiens Benoît Brière, Martin Drainville, Luc Guérin et Évelyne Rompré qui brûlent les planches dans la comédie policière Les 39 marches. Cette désopilante parodie d’un film d’Alfred Hitchcock met en scène des dizaines de personnages, interprétés par quatre comédiens au sommet de leur art.

Imaginée à l’origine par les Britanniques Simon Corble et Nobby Dimon et réécrite par Patrick Barlow, cette pièce fait recette dans de nombreux pays depuis une trentaine d’années. Mais, l’adaptation de messieurs Brière, Drainville et Guérin ajoute une saveur québécoise irrésistible à cette satire aux multiples rebondissements.

Benoit Brière, Luc Guérin et Martin Drainville dans la pièce «Les 39 marches»

Cette intrigue d’espionnage nous entraîne dans la cavale de Richard Hannay, un gentleman faussement accusé du meurtre d’une femme qui est mystérieusement assassinée chez lui. Luc Guérin est impeccable dans ce rôle de Canadien errant qui doit élucider le complot menaçant l’Angleterre que la défunte lui a révélé juste avant de rendre son dernier souffle.

Fuyant les policiers, notre homme se retrouve en Écosse, où les accents de certains personnages sont transposés en prononciations québécoises. Par exemple, la parlure d’un paysan écossais, interprété par Martin Drainville, semble fortement inspirée de Séraphin Poudrier. Tordant!

D’ailleurs, messieurs Drainville et Brière jouent à eux deux une trentaine de rôles. Ils se transforment à la vitesse de l’éclair, que ce soit en changeant de costumes ou de perruques, de sorte qu’ils incarnent plusieurs personnages parfois dans une même scène! Benoît Brière se glisse aussi dans certains rôles féminins avec l’aisance emblématique de son génie comique! Coup de chapeau à ces deux infatigables boute-en-train à l’enthousiasme communicatif!

Quant à Évelyne Rompré, elle incarne avec doigté différents personnages féminins qui contribuent habilement à l’évolution de l’intrigue.

Ingéniosité et magie théâtrale

À vrai dire, ce n’est pas tellement l’histoire racontée dans Les 39 marches qui fait rire le public, mais plutôt le jeu des comédiens et la grande ingéniosité déployée pour illustrer leurs péripéties.

La scénographie de Normand Blais, structure surmontée de deux loges, colle au propos de ce thriller dont l’action s’ouvre et se conclut dans une salle de spectacle. 

Ce sont souvent les acteurs eux-mêmes qui font les changements de décor devant nous, en plus de poursuivre leur course effrénée en voiture, en avion, etc.

Avec leurs moyens somme toute artisanaux, ils nous font vivre, entre autres, une poursuite sur le toit d’un train en marche, suivie d’un saut sur la poutre d’un pont avant que le héros ne tombe à l’eau!

À cette magie théâtrale, s’ajoutent les effets sonores narquois et la musique rigolote de Christian Thomas qui résonne, entre autres, à chaque fois que le fugitif donjuanesque croise le regard d’une femme.

Bref, des spectateurs de tous âges se sont bidonnés, à la salle Pierre-Mercure qui était bien remplie samedi soir! Après des mois de représentations, la distribution de ce spectacle lancé à Laval, en juillet 2025, est en pleine possession de ses moyens! On ne sent pas le moindre essoufflement dans ce feu roulant de près de deux heures incluant un entracte.

La tournée Les 39 marches se poursuivra jusqu’en juin 2026, avec des arrêts à la Salle Albert-Rousseau à Québec, les 13 et 14 mai, ainsi qu’au Théâtre Manuvie à Brossard, le 28 mai.

*Photos fournies par Entourage.

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *