Les «Clown(s)» s’apprêtent à envahir le Théâtre Maisonneuve!

Marc-Yvan Coulombe / BabillArt Montréal

À compter du 31 janvier, le Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts accueillera la première mondiale de Clown(s), une favola in musica (fable musicale) «libre, hybride et indisciplinée». L’imposante équipe de cette production de l’Opéra de Montréal a été présentée aux médias, jeudi, dans une salle de répétition de la Place des Arts. On en a profité pour poser quelques questions à la compositrice de l’oeuvre, Ana Sokolović, figure incontournable de la musique contemporaine au Québec.

Un terrain de jeu opératique

Clown(s) en répétition

En tout 28 artistes arrivent sur scène à bord d’une même auto!

Aux côtés des chanteurs et musiciens réunis pour ce spectacle, des acrobates, danseurs et marionnettes traduisent en images les rythmes, couleurs et changements de ton de l’œuvre inspirée, entre autres, de l’univers cinématographique de Fellini.

En sept tableaux, on parcourt le cycle de la vie, depuis la naissance jusqu’au grand âge, en passant par la découverte, l’émerveillement, l’amour, la joie, le conflit, la tristesse et l’ultime sérénité. 

«Le clown, pour moi, c’est l’être humain à nu: vulnérable, drôle, maladroit, mais profondément vrai», souligne Ana Sokolović, compositrice et librettiste, originaire de Serbie. «Il nous fait rire, pleurer et nous transporte dans des coins de notre esprit qu’on n’avait jamais pensé visiter auparavant.»

Ana Sokolović, compositrice et librettiste de l’opéra Clown(s) (photo fournie par l’Opéra de Montréal)

Le clown devient donc l’incarnation de la condition humaine et un miroir de la société. À la fois amuseur et critique, il ridiculise les travers humains mais, la créatrice s’empresse de préciser: «Je n’ai aucune intention didactique! Mon but est que les spectateurs se laissent emporter par la musique et qu’ils s’abandonnent.»

Dans les deux numéros présentés lors de la rencontre médiatique du 22 janvier, on a eu un avant-goût prometteur des sonorités singulières de cette partition composée pour quatre solistes, choeur, ensemble de cuivres, percussions et ondes Martenot. De plus, certaines envolées vocales fougueuses nous ont rappelé des fragments d’œuvres du regretté compositeur québécois Claude Vivier.

À l’instar de ce dernier, Ana Sokolović a recours à des langues inventées, dans cette fable où l’on chante aussi en italien, en français, en anglais et en serbe.

Cela dit, la compositrice estime que Clown(s) «ne se raconte pas en mots, mais par le biais de la physicalité crue de la musique… Ce qui m’enthousiasme dans l’opéra, c’est la puissance de la musique: elle fait circuler les émotions du corps du performeur à celui du public… C’est une invitation à vivre pleinement, en temps réel, avec la légèreté et la sincérité d’un clown, sans chercher à tout comprendre.»

Cette création résulte de l’étroite collaboration entre Ana Sokolović et le metteur en scène Martin Genest. Les deux artistes ont construit la pièce ensemble, contrairement à la tradition où le livret précède la mise en scène.

Cette proximité a permis une création où la musique inspire l’image et l’image nourrit la musique, explique Martin Genest. «Mon rôle a été de concrétiser les visions musicales d’Ana: les monstres de l’enfance, les ombres dansantes, les acrobaties qui prolongent l’élan de la partition…»

Le spectacle repose d’ailleurs, en partie, sur les huit interprètes de DynamO Théâtre, une compagnie québécoise spécialisée dans la création et la diffusion de spectacles de théâtre axés sur le mouvement acrobatique et le jeu clownesque.

À l’avant-plan: Andrew Haji (ténor) et Mireille Lebel (mezzo-soprano)

Les solistes de Clown(s) sont: Aline Kutan (soprano), Mireille Lebel (mezzo-soprano), Andrew Haji (ténor), Bruno Roy (baryton), accompagnés par le Choeur de l’Opéra de Montréal.

L’instrumentation inhabituelle de cet opéra réunit Stéphane Beaulac (trompette), Louis-Philippe Marsolais (cor), Austin Howle (tuba), Blair Mackay (percussions), Patrice Richer (trombone) et Wesley Shen (ondes Martenot) avec Jiří Rožeň à la direction de l’orchestre.

Clown(s)

Création de la compositrice montréalaise Ana Sokolović

Mise en scène: Martin Genest

Production: Opéra de Montréal

Au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts

-31 janvier, 19h 30

-3 février, 19h 30

-5 février, 19h 30

-8 février, 14h

Durée: environ 1h 15

*Sur la photo d’accueil, première rangée: Ana Sokolović (à gauche) et Martin Genest (à droite).

*Crédit photo: Marc-Yvan Coulombe

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