Marc-Yvan Coulombe / BabillArt Montréal
L’Orchestre symphonique de Montréal et Rafael Payare réussissent leur pari haut la main avec leur version concert des Noces de Figaro qui sera présentée une deuxième fois, vendredi, 20 mars. En plus d’une distribution de solistes de haut vol, dont Ildebrando d’Arcangelo dans le rôle-titre, cette production permet de saisir mieux que jamais la richesse de la partition orchestrale de l’œuvre, puisqu’elle est exécutée, non pas dans la fosse, mais bien sur scène, en bénéficiant de l’acoustique de la Maison symphonique.
Sans temps mort
De plus, on a coupé une bonne partie des récitatifs qui sont remplacés par une narration concise et bien vivante, de sorte que le rythme du spectacle est pratiquement sans temps mort, durant près de trois heures incluant un entracte. Grâce à de courts textes d’enchaînement signés Mani Soleymanlou, la narratrice Madeleine Sarr guide le public avec élégance et humour dans cette histoire riche en rebondissements!

Loin du tour de chant, cette production amène chaque interprète à incarner pleinement son personnage. Quelques accessoires et des dispositifs lumineux chics suffisent à camper le décor de cette intrigue où l’on critique les privilèges de l’aristocratie, tout en célébrant l’intelligence et la ruse des classes populaires.
Comique et satirique
Aux côtés du baryton à la voix puissante Ildebrando D’Arcangelo qui s’avère un pétillant Figaro, la soprano Anna Prohaska brille en Susanna. En plus de leur agilité vocale, ces deux chanteurs sont tout feu tout flamme sur scène, dans leurs rôles de domestiques cherchant à déjouer les avances de leur maître volage, le comte Almaviva, incarné avec panache par le baryton Luca Pisaroni.
L’étoile montante, Masabane Cecilia Rangwanasha qui a remporté le Prix Herbert von Karajan 2024 au Festival de Pâques de Salzbourg, a fait grande impression mercredi soir, à la fois en tant que chanteuse et actrice dans le rôle de la comtesse Almaviva.
La mezzo-soprano Avery Amereau en Cherubino et la soprano Dorothea Röschmann en Marcellina nous ont aussi fait vibrer à chacune de leurs apparitions sur scène.
La basse Robert Pomakov, le ténor Angelo Moretti, ainsi que le baryton Geoffroy Salvas et la soprano Carole-Anne Roussel complètent cette distribution remarquable.
Bien que peu sollicité, le Choeur de l’OSM est lui aussi habilement intégré à la mise en scène.
Les noces de Figaro est le second des opéras Mozart-Da Ponte présentés en version concert par l’OSM, après Così fan tutte, en 2025. L’an prochain, Rafael Payare nous donnera rendez-vous avec Don Giovanni.

Les noces de Figaro
Opéra de Mozart en version concert.
Solistes: Ildebrando D’Arcangelo (Figaro), Anna Prohaska (Susanna), Luca Pisaroni (comte Almaviva), Masabane Cecilia Rangwanasha (comtesse Almaviva), Avery Amereau (Cherubino), Dorothea Röschmann (Marcellina), Robert Pomakov (Don Bartolo), Angelo Moretti (Basilio / Don Curzio), Geoffroy Salvas (Antonio), Carole-Anne Roussel (Barbarina).
Chœur et Orchestre symphonique de Montréal, sous la direction de Rafael Payare.
À la Maison symphonique, mercredi 18 mars et vendredi 20 mars 2026.

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