Marc-Yvan Coulombe / BabillArt Montréal
La jeunesse était bien présente sur scène et dans l’assistance, mercredi soir, à la Maison symphonique, pour un ambitieux concert. Ce programme qui est repris, ce soir, 16 avril, réunit la Symphonie no 8 de Beethoven et l’intense «Leningrad», considérée comme l’une des symphonies les plus marquantes de Chostakovitch. Cette œuvre monumentale est interprétée avec des étudiants en musique intégrés à l’OSM, dans le cadre d’un programme d’immersion orchestrale pour soutenir la relève musicale.
D’hier et d’aujourd’hui
Créée durant la Seconde guerre mondiale, plus précisément en 1942, la Symphonie no 7 de Chostakovitch prend une résonance troublante, en ces jours de conflits internationaux.
Entre autres, la marche du premier mouvement qui culmine en un crescendo à vous donner la chair de poule, apparaît comme un symbole terrifiant des dérives de la logique guerrière.

Le compositeur russe voyait cette œuvre comme un acte de résistance: «Je dédie ma Septième Symphonie à notre combat contre le fascisme, à notre victoire inéluctable sur l’ennemi et à Leningrad, ma ville natale.» Rappelons que Leningrad est un des anciens noms de la ville de Saint-Pétersbourg, en Russie.
Malgré les tensions qu’elle exprime, cette partition comporte aussi des moments moins tourmentés, dont le deuxième mouvement que Chostakovitch qualifiait d’«intermezzo lyrique, assez doux». Le climat de guerre réapparaît progressivement dans l’Adagio, avant le dernier mouvement qui est à la fois triomphal et teinté d’accents funèbres.
Si exigeante soit-elle, cette symphonie de 70 minutes a été suivie avec grande attention par la foule observant la gestuelle de Rafael Payare, totalement investi dans ce voyage musical. De nombreux jeunes et même des enfants se sont laissés captiver par ce concert auquel participent 14 étudiants universitaires qui ont la chance de plonger au cœur de la réalité d’un orchestre professionnel, grâce à la mission éducative de l’OSM.

En début de soirée, l’Orchestre symphonique de Montréal a joué la huitième symphonie de Beethoven. Cette œuvre de moins d’une demi-heure plutôt légère et détendue s’avère une étincelante entrée en matière à ce généreux programme.
L’OSM partira deux fois en tournée en 2026
L’Orchestre symphonique de Montréal annonce qu’il partira en tournée sous la direction de Rafael Payare, en Europe, en août prochain, puis, en Californie, en octobre.
Du 15 au 29 août, l’Orchestre en sera à sa 60e tournée internationale. L’OSM se produira dans le cadre de plusieurs festivals européens sur les scènes d’Édimbourg, Varsovie, Aarhus et Hambourg. Les sopranos autochtones Elisabeth St-Gelais et Emma Pennell seront du voyage pour interpréter deux œuvres des Canadiens Ana Sokolović et Ian Cusson, sur des livrets des poétesses autochtones Michelle Sylliboy et Natasha Kanapé Fontaine.
Pour sa part, la violoncelliste Alisa Weilerstein rejoindra l’OSM pour interpréter Dzonot de Gabriela Ortiz, primée au plus récent Grammy Awards.
À Varsovie, Chopin sera à l’honneur, lors de deux concerts : le 23 août, avec le Canadien Kevin Chen, deuxième prix du plus récent Concours Chopin, puis, le 24 août, avec Eric Lu, lauréat de ce même concours.
Enfin, en Californie, l’OSM est attendu à San Francisco, Los Angeles et San Diego, l’automne prochain. Le violoniste Leonídas Kavákos est le soliste invité de cette 61e tournée de l’Orchestre symphonique de Montréal qui se déroulera du 24 au 31 octobre.
*Crédit photo: Antoine Saito

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