Marc-Yvan Coulombe / BabillArt Montréal
Malgré des conditions hivernales qui ont compliqué les déplacements à Montréal, en ce 15 janvier, le concert d’ouverture de l’année 2026 de l’OSM affichait complet. La tête d’affiche de cet événement, le pianiste Emanuel Ax, a brillé dans un célèbre concerto de Beethoven, auprès de Rafael Payare et de l’Orchestre symphonique de Montréal qui ont aussi interprété une grande symphonie de Prokofiev. Une deuxième représentation de ce concert aura lieu, samedi après-midi, 17 janvier.
Fougueux septuagénaire
Dès son entrée en scène, l’artiste américain, né de parents polonais, dégage une grande chaleur humaine. On tombe tout de suite sous le charme de ce souriant musicien de 76 ans dont les enregistrements fascinent les mélomanes depuis plus de 40 ans, lui qui a gagné, entre autres, plusieurs prix Grammy, notamment pour ses collaborations avec le violoncelliste Yo-Yo Ma.
Après avoir écouté attentivement l’introduction orchestrale très chantante du Concerto pour piano no 3 du grand Ludwig, dirigée énergiquement par Rafael Payare, le pianiste se lance avec panache dans l’Allegro, en jouant trois gammes rapides avec une précision sans faille. Il démontre ainsi, d’entrée de jeu, son agilité phénoménale qui nous fascinera durant toute l’œuvre.
Cela dit, l’émotion a atteint des sommets dans le Largo. Seul au piano, Emanuel Ax a alors joué des mesures qui nous ont transporté dans un environnement sonore planant, très différent du premier mouvement qui, lui, prend parfois des allures d’affrontement entre l’orchestre et le soliste. Ce même esprit de confrontation réapparaît dans le Rondo où la virtuosité du soliste nous laisse pantois.
Conquis, le public a applaudi à chacun des mouvements! Souhaitons que ce ne sera pas le cas lors de la représentation de samedi qui sera enregistrée pour d’éventuelles rediffusions sur les plateformes de Mezzo et Medici.tv.

Une symphonie spectaculaire
Après l’entracte, Payare et l’OSM nous ont entraîné dans la Symphonie n° 5 du compositeur russe Sergueï Prokofiev, écrite durant la Seconde Guerre mondiale. Cette composition patriotique aux accents guerriers met en lumière tous les pupitres de l’orchestre. Ce serait assurément une œuvre fort pertinente pour tester une chaîne stéréo!
On pense, entre autres, à l’Allegro marcato, où l’on passe par des mesures d’inspiration militaire, soutenues par le rythme des tambours. Dans la partie centrale de ce mouvement, la cadence ralentit pour laisser les violoncelles, clarinettes et hautbois dialoguer, parfois au son du glissando des violons.
Des moments d’excitation frénétique secouent cette œuvre dirigée vaillamment par le maestro Payare, dont les gestes saccadés produisent parfois l’impression de coups de fouet, auxquels l’orchestre réagit vigoureusement. Ce voyage orchestral de haute voltige culmine en un spectaculaire crescendo qui marque la fin du quatrième et dernier mouvement. Époustouflant!
Mentionnons aussi qu’en ouverture du concert, on a joué une création d’Isabella Gellis. Cette oeuvre d’une douzaine de minutes intitulée, Invitations, est une «exploration» sonore plutôt hermétique. Malgré tout, la compositrice canado-britannique est venue saluer le public sur la scène et elle a été applaudie poliment.
Emanuel Ax joue Beethoven
À la Maison symphonique, le 15 janvier. Deuxième représentation: samedi, 17 janvier, à 14h 30.
Programme:
Isabella Gellis : Invitations (création mondiale, commande de l’OSM).
Beethoven : Concerto pour piano n° 3 avec Emanuel Ax
Prokofiev : Symphonie n° 5
Orchestre symphonique de Montréal dirigé par Rafael Payare
Enregistrement du concert de samedi pour diffusion ultérieure sur Mezzo et Medici.tv.
*Photos fournies par l’OSM.

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