Lou-Adriane Cassidy: souveraine au MTelus

Marc-Yvan Coulombe / BabillArt Montréal

Après avoir triomphé au dernier Gala de l’ADISQ, avec un total de 12 Félix, Lou-Adriane Cassidy poursuit son ascension. L’autrice-compositrice-interprète s’offrait, vendredi soir, son premier MTelus et ce fut à guichets fermés, dans le cadre du festival Montréal en lumière. Devant un public conquis d’avance, l’artiste de 28 ans a interprété 21 chansons principalement puisées dans ses deux derniers albums, parus en 2025: Journal d’un loup-garou et Triste animal.

Lou-Adriane Cassidy au MTelus, 6 mars 2026

Tantôt pop, tantôt rock, Lou-Adriane ouvre la soirée avec Valse frustrée, une pièce folk qui prend des allures de confession: «Seule dans ma tête C’est moi qui me borde C’est moi qui m’éclaire Je dors sans lumière C’est moi le problème C’est moi le problème».

Sur un ton nonchalant, elle poursuit avec Entre mes jambes, un titre de son disque de 2021: Lou-Adriane Cassidy vous dit : Bonsoir

Dans un éclairage qui donne presque l’impression qu’elle est seule sur scène, la reine de la soirée, entourée de cinq musiciens, poursuit sur le ton de la confidence avec Chanson pour Odile. Elle y explore la belle-parentalité, en évoquant sa relation avec la fille de son conjoint. Puis, de nouveau, des questions existentielles surgissent avec Tout le monde danse autour.

Bref, plus de 20 minutes après le début du spectacle, il n’y a toujours pas eu de moments électrisants, comme on est en droit de s’y attendre, lorsque l’une des chanteuses québécoises de l’heure nous donne rendez-vous dans une salle mythique montréalaise.

Une partie du public commence enfin à se dandiner sur Souffle Souffle et Prière quotidienne. Les rythmes et mélodies sont agréables mais, en général, on ne saisit que quelques mots ici et là. Question de diction? De sonorisation?

Inconditionnelle, la foule majoritairement féminine est suspendue aux lèvres de sa Lou.

«Gang, j’ai décidé que j’avais le droit de qualifier ce que je viens de vivre comme une grosse année», lance-t-elle sous les cris enthousiastes de l’assistance principalement jeune mais aussi multigénérationnelle. «Avec deux nouveaux albums, il a fallu faire des choix et, après réflexion, on a pris une décision exécutive: on a gardé juste les bonnes chansons!»

Lou-Adriane Cassidy et ses musiciens au MTelus

Souriante, elle enchaîne avec l’aérienne Cours, Cora, cours. L’interprète brille par sa grande souplesse vocale sur cette mélodie aux redoutables cascades de notes. Suivra: Ça va, ça va, un succès qu’on trouve sur son premier disque, sorti en 2019. 

Puis, la scène est plongée dans le noir durant un moment, comme si on avait prévu que le public applaudisse plus longtemps. Devant pareil temps mort, on se prend à se demander s’il y a un entracte? Mais non, les premières notes de la tristounette J’ai l’habitude résonnent dans les haut-parleurs. Lou-Adriane et ses fans chantent ensuite Jamais tout à fait, un hymne à l’ambivalence, teinté d’auto-dérision : «Ni non ni oui ni non ni oui ni non ni oui»

Les thèmes plutôt dramatiques de On n’arrête pas, Adieu et La fin du monde à tous les jours sont allégés par de somptueux arrangements, ce qui accentue l’agacement de ne pratiquement pas voir les musiciens à l’œuvre, tellement ils sont ignorés par les éclairages. Et puis, on pourrait aussi monter un peu le volume pour dynamiser ce concert introspectif.

À mon sens, c’est en toute fin de soirée qu’arrivent les meilleurs moments du spectacle avec les pièces: Journal d’un loup-garou et La pluie ne tombe jamais sur toi. La fougue et la voix puissante de la vingtenaire sont alors fusionnées à l’énergie rock des musiciens, enfin admis dans la lumière! Portée par cet élan, l’assistance chante avec cœur le ver d’oreille: Dis-moi, Dis-moi, Dis moi.

En ultime rappel, Cassidy offre Les Hirondelles, magnifique texte tout simple qui porte la promesse de toujours voler plus haut.

Enfin, cette nouvelle étoile qui n’était pas encore née lors du référendum de 1995, s’affiche en faveur de l’indépendance du Québec et semble être devenue un symbole de cette cause. D’ailleurs, en ce 6 mars 2026, avant que les projecteurs ne s’éteignent, plusieurs de ses admirateurs ont spontanément scandé : «Le Québec un pays!»

Lou-Adriane Cassidy poursuit sa tournée et elle sera de retour au MTelus le 12 juin 2026 dans le cadre des Francos.

*Crédits photos: Frédéqique Ménard-Aubin

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