Machine de Cirque: prouesses et maladresses de «Kintsugi»

Marc-Yvan Coulombe / BabillArt Montréal

Le public montréalais a accueilli chaleureusement, jeudi soir à la Tohu, le spectacle Kintsugi, qui a été présenté à Québec, en 2025. Ce titre fait référence à une méthode japonaise de réparation des porcelaines ou céramiques, au moyen de laque saupoudrée de poudre d’or.

On aura compris qu’il s’agit aussi d’une métaphore, utilisée pour évoquer les cicatrices du passé, en tant que symboles de résilience. C’est dans cet esprit que la compagnie Machine de Cirque, basée à Québec, nous plonge dans un univers circassien teinté de réflexions philosophiques.

Une histoire de résilience

Huit personnages qui ne se connaissent pas attendent un autobus. Les heures passent et ils ont le temps de faire connaissance, tout en étant transportés dans un monde imaginaire, mis en scène par Olivier Lépine.

Leur voyage se déroulera à travers toute une série de disciplines: banquine, main à main, mât chinois, boule acrobatique, perche, mât pendulaire, corde lisse, etc. Le programme de la soirée précise que Kintsugi est le résultat d’un texte écrit lors de la pandémie, «où on parlait de résilience, d’épreuve à traverser».

Maude Arseneault, Ariel Cronin, Damien Descloux, ainsi que Raphaël Dubé, Anne-Marie Godin, Évelyne Paquin-Lanthier, Naomie Vogt Roby et Jack McGarr incarnent les êtres parfois énigmatiques de ce spectacle inégal.

Les trois hommes de la distribution sont particulièrement solides dans tous les sens du terme. Qu’il s’agisse de soutenir une colonne humaine, d’attraper leurs partenaires féminines au vol, ou de pirouetter sur un ballon en mouvement, ces acrobates en imposent!

Or, plusieurs de leurs prouesses ne sont pas adéquatement mises en valeur dans cette mise en scène. On pense, entre autres, au bref et époustouflant numéro d’équilibre sur cannes, qui passe pratiquement inaperçu, car il se joue vers le fond de la scène. Par la suite, l’acrobate présente un deuxième numéro d’équilibre sur cannes, plus près du public mais, cette fois, un personnage défile devant lui pendant qu’il s’exécute! Misère!

Paradoxalement, on met l’emphase sur un duo de trapèze sans surprise et qui s’éternise, malgré les efforts d’Évelyne Paquin-Lanthier et Anne-Marie Godin. Quant à la sempiternelle suspension capillaire, exécutée par Ariel Cronin, elle est poliment applaudie par un public attentif.

Pour aider les spectateurs à suivre ce récit abstrait, on projette des citations sur un écran. On peut lire, entre autres, cette pensée d’Albert Camus: «Un temps viendra où malgré toutes les douleurs nous serons légers, joyeux et véridiques.»

Des extraits de textes de plusieurs autres personnalités dont Leonard Cohen sont aussi projetés mais, il est souvent impossible de les lire au complet. L’élément du décor qui tient lieu d’abribus nous obstrue carrément la vue!

Un numéro du spectacle Kintsugi de la compagnie Machine de Cirque.

Une première au Québec

Enfin, soulignons que la représentation de Kintsugi du 21 février à 14h sera offerte en audiodescription. Cette initiative permettra aux personnes aveugles et semi-voyantes de bénéficier d’une description en direct des éléments visuels (gestes, déplacements, costumes, lumières, etc.), transmise par casque d’écoute. Ce sera la première fois qu’un spectacle de cirque sera présenté en audiodescription au Québec.

Kintsugi

Un spectacle de la compagnie Machine de Cirque, basée à Québec

Durée: 80 minutes

«Pour tous, à partir de 8 ans»

À la Tohu

Vendredi 20 février à 20h

Samedi 21 février à 14h et 20h (représentation de 14h en audiodescription)

Dimanche 22 février à 14h

*Photos fournies par Machine de Cirque


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