Michel Fugain à la Cinquième Salle: inépuisable feu sacré!

Marc-Yvan Coulombe / BabillArt Montréal

Chante… Comme si tu devais mourir demain… Michel Fugain qui aura 84 ans le mois prochain commence son spectacle avec cet hymne emblématique du Big Bazar, un groupe qui, tel un météore, a traversé et transformé l’univers de la chanson française, il y a un demi-siècle.

Ce fabuleux mélodiste que le Québec a adopté dès son premier succès, Je n’aurai pas le temps, en 1967, nous fait l’honneur de reprendre presque tous ses classiques avec un groupe de musiciens québécois.

Heureux d’être de retour dans la Belle Province, le Grenoblois d’origine qui a étudié en médecine et touché au cinéma avant d’arriver à la chanson, ne se contente pas de donner un spectacle. On a plutôt l’impression d’être invité à une rencontre avec cet homme chaleureux, blagueur et volubile, aux côtés de sa douce moitié, Sanda, choriste attentionnée.

D’hier et d’aujourd’hui

Tout en étant bien ancré dans le présent sur lequel il pose un regard critique, l’octogénaire rend hommage aux êtres marquants de sa vie. Grâce à l’intelligence artificielle, des photos de ses proches disparus depuis longtemps s’animent sur un écran installé devant les claviers. En plus des parents du petit Michel, les visages des paroliers iconiques Pierre Delanoë (Attention Mesdames et Messieurs, Comme un soleil, Tout va changer, etc.) et Maurice Vidalin (La Fête) revivent.

Il n’en faut pas plus pour ramener les joyaux: Une belle histoire, Fais comme l’oiseau, Bravo, Monsieur le monde, etc. Fugain ne fait pas qu’enchaîner ses succès; il rappelle le contexte où ils sont nés, que ce soit à travers de savoureuses anecdotes survenues en studio d’enregistrement, ou des rencontres bien arrosées. D’ailleurs, aucun livre d’histoire ne pourra jamais raconter de manière aussi imagée, entre autres, comment Robert Charlebois lui a inspiré la chanson Les Acadiens.

«Tu chantes encore!»

Malgré certains signes de fatigue vocale, l’interprète a toujours ce sourire dans la voix qui le caractérise et une énergie proverbiale! Il faut le voir jouer les majorettes sur Le Printemps, tout en chantant ce texte saccadé, sans en échapper un seul mot. Puis, l’infatigable homme de scène ne peut résister à l’envie de rouler des hanches sur Viva la vida qu’il entonne en toute fin de soirée, près de deux heures après être entré en scène.

Musicalement, on retrouve l’essentiel des riches arrangements originaux, sous la direction du guitariste Daniel Lacoste, entouré de Mark Hébert (basse),Simon Blouin (batterie), Vincent Réhel (claviers)Jocelyn Tellier (guitares) et Paul Picard (percussions).

Michel Fugain qui a vécu la grande liberté des années 1970, admet qu’il ne se reconnaît pas dans le monde d’aujourd’hui, où l’on tente souvent de trouver sa place en suivant des influenceurs, en plus de tendre l’oreille aux discours des platistes, etc.

Nostalgique, il raconte avec autodérision comment l’une de ses connaissances l’a abordé en s’exclamant: «Tu chantes encore!», sur un ton «moitié reproche, moitié question», précise-t-il, pince-sans-rire. Cela a été l’élément déclencheur de la chanson Pourquoi je chante, où Fugain remet les pendules à l’heure, sur son plus récent album. À mon sens, c’est l’un des temps forts de la soirée, où l’homme nous parle de lui, aujourd’hui, de ses espoirs et de son inépuisable feu sacré!

On retient son souffle, également, en pesant chaque mot de, Je laisse, une sorte de testament anticipé.

Bref, c’est une véritable chance que nous avons d’avoir ce monstre sacré parmi nous jusqu’au début de mai! On sort de ce spectacle ému et stimulé, la tête remplie de mélodies. Bravo Monsieur Fugain! Nous vous disons simplement merci!

Michel Fugain est en spectacle à la Cinquième Salle de la Place des Arts jusqu’au 4 avril et il y reviendra du 21 au 25 avril. Sa tournée au Québec se poursuivra jusqu’au 3 mai, avec, entre autres, un arrêt au Grand Théâtre de Québec, le 18 avril. Voir les dates de la tournée, ici.

*Crédit photo: André Chevrier

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